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COVID-19 : une douzaine de commerces d'Ottawa menacés d'éviction

Une rue pratiquement vide dans le marché By à Ottawa

Les rues d’Ottawa sont vides et la majorité des commerces ne peuvent pas accueillir de clients, en pleine pandémie de COVID-19.

Photo : CBC Ottawa - Francis Ferland

Sans revenus depuis plus de deux mois, plus de 3000 propriétaires de petits commerces d'Ottawa ont été incapables de payer leur loyer le 1er mai, selon l'Association des zones d'amélioration commerciale d'Ottawa. Déjà, une douzaine d'entre eux ont reçu un avis d'éviction.

C'est très triste. On parle avec de petits commerçants qui ont perdu tout espoir pour l'avenir. Ils ont été forcés de laisser des employés avec qui ils travaillaient depuis des années. Ils ont été forcés d'emprunter de l'argent à leur famille et à leur banque juste pour être capables de préserver ce qu'ils ont, en espérant qu'un jour l'économie va retourner, et qu'ils seront capables de s'en remettre, se désole Mark Kaluski, président de l'Association des zones d'amélioration commerciale d'Ottawa, qui regroupe plus de 6000 entreprises.

Le gouvernement fédéral a pourtant créé un programme d'aide, en vertu duquel le versement de 75 % des loyers commerciaux doit pouvoir être assuré pendant 3 mois. Le locataire doit verser 25 % du coût normal du loyer et les gouvernements verseront 50 % du montant. Le propriétaire des lieux encaisse pour sa part une perte de 25 %.

Mark Kaluski est convaincu que la grande majorité des propriétaires d'immeubles commerciaux n'adhéreront pas à ce programme, non obligatoire et trop peu rentable pour eux. Son association demande donc à la province d'aller plus loin et d'imposer un gel des évictions commerciales pour six mois, comme c'est le cas pour les baux résidentiels.

Ce qu'on veut faire, c'est forcer les locataires et les propriétaires à trouver des solutions en attendant que l'économie puisse être restaurée. Si un propriétaire n'est pas capable de faire une éviction, alors ça donne un peu de pouvoir au locataire. Ce dernier pourrait demander au propriétaire de se prévaloir du programme mis en place pour l'aider, estime M. Kaluski.

Opposition des propriétaires d'immeubles commerciaux

Un tel gel est toutefois une bien mauvaise idée, selon Dean Karakasis, directeur de Building Owners and Managers Association (BOMA) à Ottawa. Le directeur de l'association, qui regroupe plus de 400 propriétaires d'immeubles commerciaux dans la capitale fédérale, explique qu'il y a trop de variables pour soutenir un gel des évictions.

Il rejette aussi le programme gouvernemental d'aide aux loyers commerciaux, qui pénalise selon lui les propriétaires d'immeubles commerciaux, eux aussi touchés négativement par la pandémie.

La BOMA favorise plutôt une aide gouvernementale directe aux petits commerçants, pour assurer leur survie et leur permettre de payer leur loyer. Son directeur ajoute que cette aide ne devrait pas avoir à être gérée par les propriétaires d'immeubles, pour qui les responsabilités et la pression financière se sont accrues depuis le début de la crise.

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