•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Résignés, les restaurateurs pourraient vivre une hécatombe

La salle à manger vide du restaurant Cochon Dingue de sainte-Foy à Québec

Le reportage de Pierre-Alexandre Bolduc

Photo : Radio-Canada

Près de deux restaurants sur trois pourraient fermer au cours des prochains mois au rythme où vont les choses, estime l'Association restauration Québec.

60 % des restaurants fermeront d'ici 6 mois si on ne permet pas la réouverture des salles à manger, prévient François Meunier, vice-président aux relations publiques et gouvernementales de l'Association.

Les membres piaffent d'impatience de recevoir à nouveau des clients. Or, pour l'heure, les discussions avec les autorités ne portent pas encore sur une réouverture.

Vendredi, la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, a dû corriger le tir après avoir annoncé qu'un guide de mesures sanitaires pour la réouverture serait envoyé la journée même. Or, le document est toujours en préparation.

On n'est pas dans le "quand", on est dans le "comment" présentement. Alors dans le quand, seul probablement Horacio Arruda le sait, insiste François Meunier.

Plus psychologue que restaurateur

Ça commence à être triste, indique Yannick Parent, restaurateur à Québec qui embauche jusqu'à 200 personnes au plus fort de la saison touristique. La main-d'oeuvre a entièrement été envoyée au chômage.

On fait plus de la psychologie que de la restauration présentement. Les employés sont tannés, ils ont hâte de repartir.

Le propriétaire de plusieurs établissements, dont le Clos Saint-Louis, ne prévoit pas de retour à la normale avant quelques années. Mais dès qu'on lui donnera la permission d'ouvrir, même à moitié de la capacité, il ne se fera pas prier.

C'est certain qu'on ne fera pas d'argent, on va payer nos frais, mais au moins on va faire travailler notre personnel, relativise l'homme d'affaires.

Yannick Therrien, passe sa main sur sa tête alors qu'il se trouve dans un de ses restaurants de Québec

Yannick Therrien croit que les clients seront au rendez-vous lors de la réouverture des restaurants. « Les clients nous appellent de plus en plus pour avoir du "take-out".»

Photo : Radio-Canada

Tout est faisable, je vais me revirer sur un 10 cents pour être capable d'ouvrir le plus vite possible.

Une citation de :Yannick Parent, restaurateur à Québec

Innover en temps de crise

La marge de profit est entre 3 et 5 % quand on est à capacité, donc le calcul est vite fait, lance pour sa part Karine Therrien, copropriétaire du groupe La Tanière. Pas question donc d'ouvrir à moitié.

Pour survivre, l'entreprise s'est lancée dans les boîtes-repas. La crise force à la créativité et si les clients ne peuvent se rendre jusqu'au restaurant, ce sera au restaurant de se rendre jusqu'au client.

Avec le beau temps qui arrive, on est dans un gros projet avec les aires de pique-nique. Les gens vont profiter de l'extérieur, prédit-elle, sans en révéler davantage.

Karine Therrien

Les restaurants du Groupe La Tanière produisent maintenant 400 boîtes-repas par semaine, se réjouit Karine Therrien, heureuse de la réponse des consommateurs dans les circonstances.

Photo : Radio-Canada

C'est quoi normal? Je pense qu'après ce qu'on vit, il va y avoir une grosse prise de conscience des humains vis-à-vis des relations interpersonnelles.

Une citation de :Karine Therrien, copropriétaire du groupe La Tanière

Rien ne sert de prédire

J'essaie toujours de me dire qu'il y en a qui l'ont plus difficile que nous, affirme quant à lui Pierre Moreau, directeur général du Groupe Restos Plaisir, propriétaires notamment des restaurants Cochon Dingue.

À 50 % de volume, pour qu'on ne perde pas d'argent, parce que mon objectif, ça ne sera pas d'en faire, mais d'être capable d'opérer sans en perdre, il va falloir qu'on revoie nos façons de faire.

Pierre Moreau, directeur général du Groupe Restos Plaisirs, en entrevue dans un restaurant

Le Groupe Restos Plaisirs n'arrive qu'à environ 3 % de son chiffre d'affaires habituel avec les commandes pour emporter, indique le directeur général, Pierre Moreau.

Photo : Radio-Canada

En se basant sur la reprise ailleurs dans le monde, Pierre Moreau espère accueillir des clients en salle à manger vers la mi-juin. Il faudra quelques jours pour préparer les établissements, mais dans le monde actuel, toute prédiction devient hasardeuse.

Je connaissais tellement bien ma business, j'aurais pu vous dire avec une précision de quelques points de pourcentage : quel allait être mon chiffre d'affaires, comment les clients allaient réagir, qu'est-ce que je faisais qui fonctionnait. Mais aujourd'hui, je suis dans un tout autre monde. On est dans un monde d'essais et erreurs.

Bon an, mal an, 1000 restaurants ferment leurs portes, a rappelé le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon.

Ça va probablement être plus que ça, cette année, a-t-il lâché.

On n'ira pas donner 10 000 $ à chacun des restaurants de Montréal ou du Québec, ça n'aurait pas de bon sens. [...] Il faut que les gens fassent leur part aussi. [...] On ne veut pas être propriétaire de 22 000 restaurants.

Avec les informations de Pierre-Alexandre Bolduc

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !