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Arrêter l’école en raison de blessures aux mains

Une banderole dans une classe d'école primaire.

Une banderole dans une classe d'école primaire.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Quatre jours seulement après avoir recommencé l'école, une élève de huit ans de Trois-Rivières doit prendre congé de classes, car elle a de douloureuses blessures aux mains.

À la suite de la diffusion de notre reportage, des médecins ont émis l'hypothèse que les blessures de l'élève ne seraient pas liées au lavage et à la désinfection des mains, mais à une maladie. La mère est au courant et sa fille est prise en charge par le réseau de la santé.

Laurence, qui a 8 ans, est revenue hier avec des [cloques] d'eau sur tous les bouts des doigts brûlés. Elle pleurait, ça lui faisait vraiment mal, explique sa mère, Marylène Beauregard. Elle précise que sa fille n’a pas de problème de peau en temps normal.

En creusant, j'ai compris que c'était le lavage des mains à l'école, mélange de Purell, mélange de savon, dit-elle.

Pour entendre l'entrevue de la mère à l'émission 360PM, cliquez ici.

Les élèves du primaire se mettent du désinfectant à mains plusieurs fois par jour: chaque fois qu’ils entrent dans l’école que ce soit le matin ou lors des récréations à l’extérieur. Ils se lavent aussi les mains avec du savon chaque fois qu’ils vont à la salle de bain et avant et après le repas du midi. Le désinfectant à mains est parfois aussi utilisé durant la journée.

Marylène Beauregard affirme avoir parlé à plusieurs parents de différentes écoles qui vivent aussi le même problème.

Une femme se tient devant un module de jeux pour enfants.

Marylène Beauregard, la mère d'une fillette de 8 ans, affirme que plusieurs des enfants de son entourage réagissent mal aux produits désinfectants des écoles.

Photo : Radio-Canada

Elle croit qu'il faut trouver une solution pour éviter que les enfants aient autant mal aux mains en allant à l'école.

Je comprends les mesures d'hygiène et je ne veux pas qu'on diminue la sécurité des enfants, ni la mienne ni les autres, je comprends l'utilité, c'est juste qu'il y a peut-être moyen de trouver des solutions alternatives qui ne brûlent pas les mains de nos enfants non plus, affirme la mère.

L'école, présentement, c’est un choix, mais éventuellement, ça va devenir obligatoire et les mesures d'hygiène ne sont pas près de s’en aller [...], alors étant donné qu’on est en début, que ça vient de commencer, il y a peut-être moyen de s’ajuster avant que ça touche trop d’enfants.

Marylène Beauregard

Quand ses mains seront guéries, Marylène Beauregard va renvoyer sa fille à l'école avec une crème en espérant que cela règle le problème.

Je souhaite qu’une solution soit trouvée, mais qui ne mette pas, non plus, en péril la sécurité des enfants, je comprends qu’il y a plusieurs enjeux, conclut-elle.

La commission scolaire au courant du problème

La Commission scolaire du Chemin-du-Roy confirme que ce problème a été porté à son attention par quelques directions d'écoles.

La commission scolaire dit privilégier le lavage de mains lorsque c’est possible, mais que le désinfectant à mains est utilisé notamment à l’extérieur.

Sa porte-parole Anne-Marie Bellerose soutient que pour aider, les élèves peuvent amener une crème à mains à l’école. Elle était d'ailleurs invités à l'émission 360PM pour en discuter.

Elle affirme que la Commission scolaire tente aussi de trouver un désinfectant à mains qui répond aux normes de Santé Canada, mais qui serait plus doux pour les enfants.

L’option de moins souvent laver les mains des enfants ou d’appliquer moins souvent du désinfectant n’est pas considérée, afin de continuer à respecter les consignes de la santé publique.

Les conseils d’une dermatologue

La dermatologue Marie-Claude Houle, codirectrice du programme de dermatologie à l'Université Laval, n’est pas étonnée de voir que des enfants ont de telles blessures aux mains en raison des mesures d’hygiène liées à la COVID-19.

Quand on se lave les mains, on enlève les saletés, on enlève les microbes, les bactéries, les virus, mais on enlève aussi la couche de bons gras qui protègent notre peau, explique-t-elle.

Comme on ne peut pas réduire la fréquence de lavage des mains, elle conseille d'appliquer de la crème après le lavage des mains, à titre préventif et pour soulager les blessures. La fréquence à laquelle mettre cette crème dépend de la gravité du problème.

Même si votre enfant n'a pas encore mal, utiliser un émollient, soit une crème hydratante, suggère-t-elle. Presque toutes les marques sont bonnes, pourvu qu'on utilise une crème et non une lotion, une crème va être plus grasse, ça peut être une pommade aussi et non parfumée, suggère-t-elle.

Elle souligne qu’une crème prescrite par un médecin peut être nécessaire dans certains cas pour soigner les mains.

La dermatologue précise que l’alternance entre l’utilisation du savon et du désinfectant n’a pas d’impact sur l’apparition ou non de rougeurs ou cloques sur les mains.

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Mauricie et Centre du Québec

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