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Edythe Wilson, une patiente infectée par le coronavirus, marche sur la patinoire de l'aréna Jacques-Lemaire.

Edythe Wilson, une patiente infectée par le coronavirus, marche sur la patinoire de l'aréna Jacques-Lemaire.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

Depuis quatre semaines, l’aréna Jacques-Lemaire dans l’arrondissement de LaSalle, à Montréal, a été transformé en hôpital de campagne. Une première au Québec. Radio-Canada s’est rendue en zone chaude, sur la patinoire, où l’on accueille les patients infectés par le nouveau coronavirus.

Edythe Wilson, 93 ans, fait ses mots croisés, tout sourire, sous une tente de la Croix-Rouge. Il y a quelques mois, on se disputait des matchs de hockey exactement au même endroit. Dans mon jeune temps, je patinais un peu, mais c’est maintenant impossible dans les circonstances! s'exclame-t-elle en riant.

Elle a attrapé le virus à sa résidence pour personnes âgées, le Manoir Kirkland. Elle est aujourd’hui asymptomatique et attend d’être testée à nouveau pour obtenir son congé. Si la COVID-19 a épargné Mme Wilson, certains de ses voisins n’ont pas eu la même chance. J’ai quelques amis qui sont décédés au Manoir. Mais je n’ai pas eu beaucoup de nouvelles depuis.

Des tentes de la Croix-Rouge sur la patinoire de l'aréna Jacques-Lemaire à LaSalle.

Des tentes de la Croix-Rouge sur la patinoire de l'aréna Jacques-Lemaire à LaSalle.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

Il y a quatre semaines, la Croix-Rouge a prêté une dizaine de tentes au CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal pour mettre en place cet hôpital mobile. Normalement, elles sont utilisées dans le cadre de crises humanitaires, de catastrophes naturelles ou encore d’épidémies comme celle de l'Ebola.

On ne se sent pas vraiment en temps de guerre, dit la directrice adjointe à la direction des soins infirmiers du CIUSSS, Manon Allard. On est tout de même dans un aréna! C’est assez particulier comme environnement.

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Une dame âgée dans un centre de dépistage temporaire.

En zone chaude sur la patinoire

Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

Défis logistiques

La zone chaude, où l’on trouve les patients infectés, est située sur la patinoire. Avant de traverser la bande blanche, on enfile une blouse, des gants de latex, un masque chirurgical, un bonnet et une visière.

La mise en place de cet hôpital inusité a présenté de grands défis logistiques. On y retrouve tout l’équipement d’un service de médecine de chirurgie générale. Il n’y avait pas d’électricité sur la glace. On doit faire alimenter une cuisine, un entrepôt de matériel, des archives, une pharmacie…, observe le directeur général adjoint du CIUSSS, Yvan Carbonneau.

Un avertissement de distanciation sociale devant les trophées de l'aréna Jacques-Lemaire à LaSalle.

Un avertissement de distanciation sociale devant les trophées de l'aréna Jacques-Lemaire à LaSalle.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

Au début de la pandémie, le CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal espérait ne pas avoir à utiliser cet hôpital mobile pour accueillir des patients. Mais les nombreux foyers d’éclosion dans la région ont forcé son ouverture. Il y a actuellement 19 CHSLD sous surveillance sur le territoire du CIUSSS, en plus de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas et l’Hôpital général du Lakeshore.

Le but initial était d’aider les CHSLD en accueillant les malades les plus difficiles qui avaient besoin d’hospitalisation, ajoute M. Carbonneau.

Personnel volontaire

Pour l’instant, on compte une vingtaine de patients sur la patinoire, ce qui représente la moitié de la capacité de l’hôpital mobile. Si la situation continuait de s’aggraver à Montréal, il n’est pas exclu d’ouvrir d’autres installations semblables. Il y a déjà d’autres sites non traditionnels qui sont en train d'être construits présentement, indique Mme Allard.

Le personnel soignant qui travaille à l’aréna Jacques-Lemaire le fait de façon volontaire. Et jusqu’à maintenant, tous les besoins sont comblés. Des employés qui sont au chevet d’Edythe Wilson, qui commence à trouver le temps long. Appuyée sur sa marchette, elle fait des longueurs de patinoire.

Ma famille me manque, dit-elle. Normalement, je joue aux quilles et je danse. J’ai hâte de me remettre sur pied.

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