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Le pouvoir de la gentillesse durant la pandémie

Un cœur dessiné à la craie sur un trottoir

La gentillesse serait bonne pour la société, selon Daniel Fessler, directeur de l'Institut Bedari Kindness de l'Université de Californie à Los Angeles.

Photo : Radio-Canada / Pascale Bréniel

Qu’elle soit sous la forme d’une action ou d’un discours sincère, la gentillesse semble avoir le pouvoir de provoquer la joie et le bonheur. Bien que cette qualité soit innée chez certaines personnes ou cultivée pour d’autres, elle semble être un partenaire idéal face à ces temps troublés par la pandémie, selon des experts.

Soyez gentils, soyez calmes et restez prudents.

Bonnie Henry, médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique

Ces mots prononcés par la médecin hygiéniste en chef Bonnie Henry, ponctuent la fin de ses annonces quotidiennes sur la pandémie de COVID-19. S’il peut être anodin pour certains, ce message a, pour d’autres, marqué les esprits de par sa bienveillance.

La Dre Bonnie Henry, médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, lors d'un point de presse devant des drapeaux de la province.

La Dre Bonnie Henry, médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique

Photo : Radio-Canada / Mike McArthur

Cette gentillesse possède de nombreuses vertus sur le plan psychologique et physique, selon l’anthropologue et directeur de l’Institut Bedari Kindness, en Californie, Daniel Flessler.

Les mots seuls peuvent façonner non seulement le message que nous recevons, mais aussi l’impression que nous avons de la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Daniel Fessler, directeur de l'Institut Bedari Kindness de l'Université de Californie à Los Angeles

Cette perception différente peut à son tour affecter nos propres réponses aux occasions d’être gentils avec les autres, précise l'anthropologue.

Selon M. Fessler, la pandémie est un bon moyen de voir quelles personnes nous veulent du bien et plus particulièrement quand il s’agit des dirigeants politiques.

Les dirigeants politiques sont au premier plan de cette crise et leurs actions, sincères ou non, ont des conséquences sur notre comportement, dit-il.

C'est aussi l'avis de la professeure Kim Lavoie, de l'Université du Québec à Montréal, qui codirige l'étude iCARE sur les réactions des populations aux directives gouvernementales. Pour elle, la compassion envers autrui est un atout primordial durant cette crise sanitaire.

Si on sent de la frustration, qu’on a de la peine, il est fort probable que notre voisin [se] sente pareil, raconte Kim Lavoie.

D’après l’experte, les conseils énoncés par la Dre Bonnie Henry sont des éléments essentiels pour bâtir notre résilience face à cette pandémie et à cette crise. Selon elle, la répétition de ces termes est une stratégie bien pensée pour rassurer la population.

[Bonnie Henry] est un bon modèle. Elle nous donne l’impression qu’elle sait où elle va et ça aide justement les gens à la suivre.

Kim Lavoie, professeure au Département de psychologie de l'Université du Québec à Montréal
Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Sincère ou hypocrite

La gentillesse a des avantages thérapeutiques qui aident à lutter contre la dépression et l’anxiété, affirme Daniel Fessler. En revanche, évoluer dans un environnement hostile avec des messages contradictoires a des répercussions sur notre manière d’être.

Une jeune femme triste peinte sur une porte d'évacuation.

La pandémie démontre qu'il est plus important que jamais de faire preuve de compassion selon M. Fessler.

Photo : AFP / THOMAS SAMSON

Les gens sont très sensibles à l'hypocrisie, explique Daniel Fessler. Nous comparons constamment les discours de nos dirigeants avec leurs actions et, si leurs propres actions sont incompatibles avec les choses qu’ils incitent à faire, l’appel au respect et à la gentillesse est inutile, continue l’anthropologue.

La professeure Kim Lavoie partage cette idée et prend en exemple les récentes décisions du premier ministre québécois François Legault face au retour des enfants à l’école qui, selon elle, étaient contradictoires.

Je pense que M. Legault fait de son mieux [...], mais c’est à ce moment-là qu’il y a eu une rupture de confiance.

À long terme, cette incohérence se reflète sur la société, précise-t-elle.

La société change tout le temps et son évolution n’est pas seulement due à la richesse financière, mais aux actions des individus [dans la] communauté, raconte M. Fessler.

D’après lui, en nous aidant et en étant bienveillants les uns avec les autres, nous pouvons alors résoudre des problèmes insolubles.

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