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Montréal ajoute plus de 300 kilomètres de « corridors sécuritaires » dans ses rues

Le reportage de Jacaudrey Charbonneau

Photo : Radio-Canada/Simon-Marc Charron

Alors que beaucoup de Montréalais s'apprêtent à passer l’été en ville, les autorités municipales ont repensé le partage de l’espace public en offrant aux piétons et aux cyclistes plus de 327 kilomètres supplémentaires de voies aménagées dans les rues de la métropole pour la période estivale. « Des centaines de milliers de pieds carrés » seront aussi accordés à un prix symbolique aux commerçants locaux.

Selon la mairesse Valérie Plante, qui rencontrait les médias vendredi matin en compagnie du responsable de l'urbanisme au sein du comité exécutif, Éric Alan Caldwell, les règles de distanciation en vigueur font en sorte que les rues de Montréal sont beaucoup plus fréquentées par les piétons et les cyclistes, qui s’entassent en bordure des rues depuis l’arrivée du beau temps, alors que la circulation automobile a diminué de moitié.

On ne peut pas passer l’été comme ça, on n’y arrivera pas. Il faut qu’on puisse bouger cet été, a expliqué la mairesse Plante. Les compteurs vélos de la Ville ont enregistré une hausse de 75 % de l’achalandage lors des fins de semaine. […] Ça nous a poussés à repenser le partage de l’espace public.

Le partage des rues revu et repensé

Par conséquent, la Ville de Montréal a réorganisé le partage des rues et des voies publiques de façon temporaire afin de répondre aux nouveaux besoins des Montréalais.

Dans son plan de déplacements estival, la Ville créera 112 kilomètres de ce qu’elle appelle des voies actives sécuritaires. Au moins 88 kilomètres de rues seront réaménagés de façon temporaire tout l’été et une partie de l’automne pour accorder davantage d’espace aux piétons et aux cyclistes.

Des gens marchent sur la rue.

Des zones élargies ont déjà été aménagées sur plusieurs rues de Montréal pour permettre aux piétons d'éviter de se croiser de trop près.

Photo : The Canadian Press / Ryan Remiorz

Les travaux s’effectueront en deux phases

Dès le début juin, 61 kilomètres de corridors sécuritaires seront aménagés sur le boulevard Saint-Laurent, la rue Saint-Denis, l’avenue Christophe-Colomb, le boulevard Gouin et l’avenue du Mont-Royal, qui sera quant à elle entièrement piétonnisée. Le but est de relier les parcs du Mont-Royal, Maisonneuve, Jarry, Frédéric-Back et de l’Île-de-la-Visitation.

Suivront plus tard les rues de la Commune, Notre-Dame (portion sud-ouest), les rues Prieur et Sauriol, la rue Villeray et le boulevard Saint-Joseph à Lachine pour ne nommer que ceux-là.

À ces voies actives sécuritaires s’ajouteront 24 kilomètres de voies cyclables permanentes sur le Réseau express vélo (REV), 33 kilomètres sur le réseau hors du REV et 70 kilomètres dans les arrondissements.

Ce qui représente un ajout total de 327 kilomètres de voies piétonnes et cyclables pour les Montréalais cet été. Considérant les 900 kilomètres déjà existants sur l’île, Montréal disposera cet été d’un total de plus de 1200 kilomètres de voies consacrées aux vélos et piétons.

Il s’agit d’un des plans les plus imposants au monde. […] De mettre en place en si peu de temps près de 327 kilomètres de voies cyclables et piétonnes, c’est du jamais-vu. L’ampleur de la crise à Montréal nécessite des gestes forts.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

En réaménageant de la sorte des centaines de kilomètres de rues, l’administration Plante poursuit trois objectifs :

  • relier entre eux les grands espaces verts et le plus de parcs et de lieux publics possible;
  • relier au réseau piétonnier cycliste existant les quartiers où on retrouve peu d’espaces verts et d’espaces publics;
  • inciter le plus de Montréalais possible à fréquenter les artères commerciales locales qui en auront bien besoin lors du déconfinement.

Plus d'espace pour les commerçants

Une vingtaine de jeunes prennent tranquillement le café sur la terrasse du café de la maison ronde, au centre-ville de Montréal.

La Ville promet de rendre disponibles des centaines de milliers de pieds carrés d'espaces publics pour aider les commerçants.

Photo : Mario Alberto Reyes Zamora

En ce qui a trait aux commerçants dont le gagne-pain est mis à rude épreuve par la pandémie et les mesures de confinement, Valérie Plante a déclaré qu’après avoir consulté 17 000 d’entre eux, la Ville a décidé de mettre à leur disposition des centaines de milliers de pieds carrés d’espace public.

Ainsi, pour un prix symbolique, les restaurateurs, les commerçants et les propriétaires de bar pourront obtenir facilement des permis de terrasse et d’occupation de l’emprise publique afin d'attirer davantage cette clientèle piétonne et cycliste dans leurs établissements lorsque le temps sera venu.

Des mesures qui tombent à point nommé pour le président de l'Association des sociétés de développement de Montréal, Billy Walsh, qui voit dans cette approche une occasion de relancer les artères commerciales de la ville.

Notre préoccupation présentement c’est d’être en mesure d’offrir des espaces de socialisation qui respectent la distanciation sociale, des espaces de commerce qui sont prévisibles et sécuritaires pour la clientèle, a expliqué M. Walsh au micro du 15-18 sur les ondes d'ICI Première.

Dans un premier temps, les commerces, bars et restaurants réserveront les trottoirs pour les files d'attente lorsqu'ils auront l'autorisation d'ouvrir leurs portes, explique M. Walsh.

Plus tard, les espaces de stationnement en bordure de la rue vont être réservés aux terrasses des restaurateurs, mais aussi pour permettre à certains commerçants de sortir des marchandises à l’extérieur.

On veut amener une signature importante dans l’espace public. On ne veut pas se retrouver dans un grand bazar. On veut vraiment donner une personnalité à nos artères commerciales.

Billy Walsh, président de l'Association des sociétés de développement commercial de Montréal.

Or, il est urgent selon lui que les commerces puissent rouvrir leurs portes dans la mesure où plusieurs sont déjà confrontés à la faillite. Sur la rue Wellington, dans le sud-ouest de Montréal, M. Walsh estime qu'environ 10 % des commerces ne seront pas en mesure de rouvrir leurs portes ce printemps. Plus le temps passe, pire ce sera, dit-il.

Du pur opportunisme politique, selon l'opposition

Lionel Perez en entrevue dans la hall principal de l'hôtel de ville de Montréal.

Le chef par intérim d'Ensemble Montréal, Lionel Perez.

Photo : Radio-Canada

Pour le chef intérimaire de l'opposition au conseil municipal, Lionel Perez, l'administration Plante profite du confinement et des pouvoirs que lui confère la situation pour imposer aux Montréalais des changements sur la mobilité qui auraient normalement dû être soumis à des consultations auprès des arrondissements, des regroupements de commerçants (SDC) et des organismes comme l'Association du camionnage, par exemple.

Il était important d'aménager des espaces sécuritaires aux piétons et aux cyclistes dans de telles circonstances, reconnaît-il. Mais l'équipe de la mairesse est allée très loin en imposant aux Montréalais autant de restrictions à la circulation automobile sur les grands axes et les artères commerciales.

Ces mesures risquent à plusieurs endroits de nuire davantage aux commerçants et à la fluidité des transports en commun, pense le chef d'Ensemble Montréal. Dans plusieurs rues, les livraisons se font par la porte de devant dans les commerces. Si on leur enlève la voie de droite pour aménager des pistes cyclables, les livreurs seront obligés de se stationner directement dans la rue. Ça va bloquer encore plus la circulation. C'est la même chose pour les autobus qui ont déjà de la difficulté à circuler, explique-t-il.

C'est une orgie de pistes cyclables qui répond davantage à l'agenda politique de la mairesse qu'aux besoins réels des citoyens et des commerçants.

Lionel Perez, chef intérimaire de l'opposition au conseil municipal de Montréal

Qui plus est, encore plus de Montréalais utilisent leurs voitures pour faire leurs emplettes par crainte de la contagion dans les transports en commun, dit-il. Où vont-ils se stationner pour aller dans les commerces? Et ça va rendre service aux commerçants?

Aménagements prévus sur les grands axes

  • Mont-Royal – Rachel : Piétonnisation de l'avenue du Mont-Royal et création d'un corridor piéton et cycliste sur la rue Rachel dans l'arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie. Ces axes permettront de relier les parcs du Mont-Royal, La Fontaine et Maisonneuve.
  • Christophe-Colomb : Création d'un corridor multifonctionnel dans l'axe de l'avenue Christophe-Colomb. Cet axe permettra de relier le fleuve Saint-Laurent à la rivière des Prairies. Grâce à des liaisons locales, les parcs Frédéric-Back et Jarry seront reliés au réseau.
  • Sainte-Catherine : Retour de la piétonnisation sur la rue Sainte-Catherine Est. La rue Sainte-Catherine Ouest sera aussi réaménagée.
  • Saint-Laurent : Ajout d'une voie cyclable unidirectionnelle, ainsi que d'espace pour les piétons et création de terrasses sur chaussée sur le boulevard Saint-Laurent, lorsque permis par la DRSP.
  • Saint-Urbain : À l'instar de ce qui a été fait sur la rue de Rivoli à Paris, il y aura doublement de la piste cyclable pour permettre davantage de distanciation sur l'axe névralgique qu'est la rue Saint-Urbain.
  • Saint-Denis : Début des travaux du Réseau express vélo (REV). En partenariat avec la SDC rue Saint-Denis, la Ville trouvera des solutions pour permettre l'occupation du domaine public et pour aménager l'espace de façon sécuritaire.s
  • Ontario – Hochelaga : Création d'un « transit mall », dont la conception est toujours en cours.
  • De la Commune – Vieux-Montréal : Piétonnisation de la rue de la Commune et ajout d'une piste cyclable. Parallèlement, l'arrondissement de Ville-Marie travaille à transformer les rues de ce secteur historique en « rues partagées ».
  • Wellington : Piétonnisation de la rue Wellington, à Verdun.
  • Canal de Lachine – Notre-Dame : Création d'un corridor de mobilité active sur la rue Notre-Dame, dans le Sud-Ouest, entre la rue Peel et Place Saint-Henri.
  • Camilien-Houde – Côte-des-Neiges – Queen-Mary : Bonification de la Cyclovia Camilien-Houde pour permettre des heures et une fréquence étendue les fins de semaine et intégration des corridors piétons sur les deux grandes artères du quartier Côte-des-Neiges.
  • Gouin : À l'image du « Projet Poussette » proposé par l'arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, la Ville de Montréal souhaite faire du boulevard Gouin un sens unique afin de libérer de l'espace pour les piétons et les cyclistes.

    Source : Ville de Montréal

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