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COVID-19 : Évaluez vos risques selon l'activité que vous pratiquez

Au moment où les Canadiens ont accès à de plus en plus d'endroits publics, comment peut-on calculer le risque d’infection au coronavirus dans différentes activités?

Deux femmes dans un cercle peint au sol dans un parc.

Les cercles de distanciation physique sont utilisés dans des parcs aux États-Unis, comme ici à Brooklyn.

Photo : Associated Press / Kathy Willens

Radio-Canada

Visiter une épicerie, passer un après-midi au parc ou visiter un lieu public, c'est autant d'occasions de contracter le SRAS-CoV-2, mais les risques varieraient beaucoup selon l’endroit visité et l'activité pratiquée.

Ce qu'il faut garder à l'esprit

La chose la plus importante à retenir est la suivante : plus vous vous trouvez longtemps dans un endroit public en présence d’autres personnes, plus le risque d'être infecté augmente, sachant qu'il est nettement plus élevé si vous vous trouvez à l'intérieur.

La raison? La présence potentielle dans votre environnement immédiat de gouttelettes contaminées que vous pourriez inhaler ou toucher, puis porter à votre bouche, à votre nez ou à vos yeux.

Le coronavirus se transmet d’une personne à l’autre par le biais des gouttelettes expulsées par le nez ou par la bouche.

Le coronavirus se transmet d’une personne à l’autre par le biais des gouttelettes expulsées par le nez ou par la bouche.

Photo : iStock / PeopleImages

Également à retenir

  • Le risque zéro n'existe pas;
  • Une personne dans votre entourage peut présenter des symptômes, mais elle peut aussi être asymptomatique et penser être en bonne santé;
  • Il faut toujours prendre les précautions recommandées en public, c'est-à-dire porter un masque, se laver régulièrement les mains, maintenir une distance de deux mètres entre les personnes et réduire ses contacts avec les autres au minimum;
  • Garder en tête la prévalence du virus dans votre région.

Ce qu'on sait sur les gouttelettes

Les scientifiques ont établi clairement que le coronavirus se transmet par les gouttelettes de salive et de mucus expulsées de la bouche lorsqu'une personne infectée tousse, postillonne ou éternue, mais il reste difficile d'évaluer précisément le risque de contamination du virus dans l'état actuel des connaissances.

Les gouttelettes peuvent voyager dans l’air sur une certaine distance, mais la gravité les ramène rapidement vers le sol. Elles sont trop grosses pour rester en suspension.

La distance qu’elles peuvent parcourir et le temps qu’elles peuvent rester en suspension demeurent des éléments à mieux cerner. Une chose est certaine est que ces deux éléments varient selon l’endroit (intérieur ou extérieur) et les conditions (vent, humidité) rencontrées.

Quoi qu’il en soit, une personne qui touche une surface sur laquelle des gouttelettes infectées se sont déposées et qui porte ses mains à sa bouche, à ses yeux ou à son nez, court également un risque d'être infectée. Mais ce risque serait moins important que ce qui avait d'abord été estimé, note la dernière mise à jour des données publiées (Nouvelle fenêtre) sur le site des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis.

Certaines recherches tendent aussi à montrer que certaines personnes sont plus contagieuses que d'autres et que certaines circonstances semblent également être plus propices à sa transmission.

Le risque de transmission par voie aérienne n'a pas été clairement démontré, et la plupart des scientifiques pensent qu'il est très faible, voire inexistant. Cette transmission se produit lorsqu’une personne infectée respire et libère le virus dans l’air ambiant sous forme d’aérosols (de très petites gouttelettes).

Une poignée d'études préliminaires consacrées au SRAS-CoV-2 laissent toutefois penser qu’une telle contamination pourrait être possible dans certaines situations (Nouvelle fenêtre), mais elles sont contestées.

Le cas de la contamination de centaines de personnes au CHSLD Vigi Mont-Royal a soulevé la possibilité d'une contamination par voie aérienne. La professeure Caroline Duchaine, du Département de biochimie, de microbiologie et de bio-informatique de l’Université Laval, a été mandatée par le gouvernement du Québec pour évaluer le risque que représente la propagation du coronavirus dans l’air de divers établissements de santé. L’experte estime que c'est l’absence de ventilation en raison d'un bris d'équipement qui aurait permis au virus dans l’air de s’accumuler dans l’environnement et de se déposer dans des endroits isolés des sources, donc des patients contaminés.

Selon la Pre Duchaine, ce qui s'est produit au CHSLD ne prouve pas que le virus se propage en aérosol, mais suggère que l’absence de circulation de l’air peut lui permettre de se poser un peu partout dans un environnement fermé.

Avertissement

L’article que vous lisez repose sur des données recueillies lors d’études préliminaires. Ces informations sont basées sur des résultats qui n’ont pas été révisés par d’autres scientifiques et qui pourraient se révéler erronés, incomplets, mal interprétés ou ultimement non reproductibles. Ces données préliminaires représentent une piste intéressante, mais elles doivent encore être encore confirmées par d’autres travaux plus exhaustifs. Il faut garder un esprit critique et avoir en tête que la recherche sur le SRAS-CoV-2 ne fait que commencer.

Les risques selon l’activité

Veuillez noter que la présence d’une activité dans cette liste ne signifie pas qu’elle est à nouveau permise dans votre province. Par exemple, les salons de coiffure ont rouvert dans certaines provinces comme le Manitoba, mais sont toujours fermés dans d’autres, et selon la région, comme au Québec. (Les dernières mises à jour concernant les modifications aux services et les changements aux événements dans votre région.)

Commençons par établir les risques associés à un endroit fréquenté lors de toutes les activités.

Les toilettes publiques

Elles représentent un certain risque en raison de la présence de nombreuses surfaces tactiles, mais ce risque demeure bas si les toilettes sont bien entretenues et bien aérées. Les poignées de porte, les robinets, les portes de cabine et les chasses d’eau sont les surfaces où des particules virales peuvent se déposer.

Lavez-vous les mains à la fin de votre visite, et assurez-vous d'utiliser du désinfectant pour les mains si vous devez ensuite toucher les surfaces.

Le risque de contamination par les excréments reste à déterminer, mais il est certain que les chasses d'eau des toilettes projettent de nombreuses gouttelettes. Il faut donc demeurer prudent dans les toilettes publiques.

Une main ferme le couvercle d'une toilette publique.

Les toilettes publiques représentent un risque important d'entrer en contact avec le coronavirus, autant par les nombreuses surfaces présentes que par l'air.

Photo : iStock

BBQ extérieur à la maison

Se réunir à l’extérieur d’une habitation avec un petit groupe présente un risque plutôt bas si les consignes sont bien respectées. Mais attention, votre sécurité dépend des personnes que vous invitez et de leur comportement. Le respect de la règle de deux mètres devient parfois difficile lors d’une fête. Pour réduire au minimum le risque de contamination, apportez vos consommations, votre nourriture et vos ustensiles comme si vous participiez à un pique-nique dans un parc.

Des steaks en train de griller au barbecue

Les aliments cuits ne présentent pas de risque, mais les ustensiles utilisés peuvent être contaminés.

Photo : Radio-Canada

Utiliser les toilettes d'Une habitation privée est assez peu risqué. Chaque personne doit se laver les mains à la fin et laisser la porte ouverte après une visite afin de permettre à l'air de circuler.

Les propriétaires doivent idéalement décontaminer les surfaces (robinet, poignées, évier, et chasse) de la salle de bain après chaque utilisation, en raison du risque posé par un éventuel porteur asymptomatique.

Après-midi au parc

Se réunir à l’extérieur dans un parc dans un petit groupe de personnes présente un risque plutôt bas. Encore une fois, les consignes doivent être respectées. La distance de deux mètres entre les personnes qui ne vivent pas ensemble doit être respectée. Essayez de vous éloigner de plusieurs mètres des autres groupes présents dans le parc, si la chose est possible.

Les parents doivent surveiller leurs enfants, qui auront tendance à entrer en contact avec d’autres jeunes.

Des cercles peints sur la pelouse dans un parc.

Des cercles de distanciation physique au parc Dolores à San Francisco.

Photo : Associated Press / Noah Berger

Funérailles, mariages et messes

Il faut savoir que des cas d’infection dans des rassemblements fermés avec des activités où des personnes chantent, discutent et parlent fort ont été rapportés. L’explication reste nébuleuse. Est-ce parce que des gens projettent leur voix (et beaucoup de gouttelettes) dans l’air ou que leurs simples respirations répandent des particules virales qui restent en suspension dans l'air? Certains experts le pensent, mais l’idée reste à confirmer hors de tout doute.

Pour ces raisons, les funérailles, mariages et messes sont des activités intérieures qui représentent un risque très élevé, parce qu'elles se déroulent sur de longues périodes et que de nombreuses personnes sont présentes.

L'intérieur de l'église de la Nativité, à Beauport. Comme toutes les autres au Québec, elle a dû fermer ses portes en raison de la pandémie.

L'intérieur de l'église de la Nativité, à Beauport. Comme toutes les autres au Québec, elle a dû fermer ses portes en raison de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Hans Campbell

Restaurants

Le risque varie si vous vous trouvez à l'intérieur ou en terrasse, où le risque est moins élevé en raison de la grande circulation de l'air.

Illustration montrant quatre tables d'un restaurant, avec différents nombres de personnes assises. Elle montre comment une personne peut en contaminer d'autres.

Exemple de contamination au restaurant.

Photo : Université de l'Oregon

Le Dr Erin Bromage, professeur à l’Université du Massachusetts Dartmouth et expert en maladies infectieuses et en immunologie, est l’un de ceux qui soutiennent l’idée qu’il est possible d’être infecté directement par l'inhalation de gouttelettes, mais aussi par aérosol. Le Pr Bromage explique dans un article publié dans son blogue que s’il y a beaucoup de gens qui parlent et discutent, le risque est plus élevé. Le risque maximal vient des personnes assises à votre table et de celles assises aux tables voisines, mais il dépend aussi du sens de la circulation de l’air dans le restaurant.

Une chose est certaine, rappelle le Pr Bromage, plus une personne infectée passe de temps dans la même zone, plus il y aura de gouttelettes projetées dans l’environnement.

Le scientifique cite le cas d’une contamination dans un restaurant de Guangzhou (Nouvelle fenêtre), en Chine, pour étayer cette hypothèse.

Croquis montrant la disposition des 5 tables et l'échange d'air dans un restaurant de Guangzhou.

Croquis montrant la disposition des tables et l'échange d'air dans un restaurant de Guangzhou. Les cercles rouges indiquent la place des personnes infectées; le cercle rouge rempli de jaune indique la personne contaminée au départ.

Photo : CDC

Une personne infectée asymptomatique s'était assise à une table avec neuf amis. Le dîner a duré entre une heure et une heure et demie. Pendant le repas, le porteur a libéré de faibles niveaux de virus dans l'air à partir de sa respiration. La circulation de l'air se faisait de droite à gauche.

Environ 50 % des convives à la table de la personne infectée sont tombés malades au cours des 7 jours suivants, mais 75 % des personnes se trouvant à la table adjacente ont été infectées en raison de la circulation de l’air. Personne aux tables E ou F n'a été infecté, ils étaient en dehors du flux d'air principal allant du climatiseur à droite au ventilateur d'extraction à gauche de la pièce.

Activités intérieures dans de grands espaces comme un gymnase

Une personne qui crie ou qui chante remplit l’air ambiant de nombreuses gouttelettes (Nouvelle fenêtre). Par exemple, de nombreux membres d’une chorale communautaire de l’État de Washington, aux États-Unis, ont été infectés lors d’une répétition. Les gens étaient conscients des risques, et ils avaient pris les mesures habituelles pour empêcher sa propagation. Ils avaient aussi apporté leurs propres partitions pour éviter de les partager pendant la répétition.

La chorale a chanté pendant deux heures et demie dans une salle de répétition fermée de la taille d'un terrain de volley-ball. Malheureusement, un seul porteur asymptomatique a infecté 45 des 65 personnes présentes, et deux ont perdu la vie.

Un lieu intérieur où de nombreuses personnes sont rassemblées présenterait donc un risque élevé.

À la plage et à la piscine

La sécurité de ces activités est directement liée au respect de la règle de deux mètres d’éloignement social.

L'eau elle-même serait un vecteur de propagation du coronavirus très improbable parce que son volume dilue les particules virales.

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Les vacanciers sur les plages au Nouveau-Brunswick doivent respecter la consigne d'éloignement physique, comme ci-dessus sur la plage de l'Aboiteau, à Cap-Pelé.

Photo : Autre banques d'images / Guy R Leblanc

À l’épicerie et dans les magasins

En tenant compte du temps limité qu’on y passe, le volume de l'espace aérien (généralement important), de la circulation de l'air et des règles mises en place pendant la pandémie (nombre restreint de personnes, lavage des mains, règles de deux mètres), les risques sont relativement faibles.

Un plexiglas est installé devant la caisse d'une épicerie.

Une caisse d'épicerie en mode COVID-19

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Au camping

Dans un lieu isolé, cette activité extérieure ne présente que peu de risque, mais vous devez vous assurer que les campeurs qui vous accompagnent ne soient pas infectés.

Dans les campings où vous devez partager des endroits communs, les règles habituelles doivent être suivies.

Une tente jaune est installée près d'un lac en montagne.

Le camping dans la nature présente peu de risques de contamination.

Photo : iStock

Sports et exercices extérieurs

Les sports comme le golf et le tennis ainsi que des exercices individuels comme le jogging et le vélo présentent peu de risque si vous suivez les règles.

Les sports de groupe toutefois, comme le basketball, le soccer et le football, présentent des risques élevés de contamination en raison des contacts physiques fréquents.

Plan rapproché d'un bâton de golf tenu par un joueur s'apprêtant à frapper la balle.

Le golf représente peu de risque si vous suivez les règles d'éloignement social.

Photo : Radio-Canada / Bertrand Galipeau

Visite chez le coiffeur, le barbier et l’esthéticienne

Ces activités présentent un risque élevé puisqu’elles nécessitent un contact rapproché entre deux personnes durant plusieurs minutes.

Le risque peut être diminué si votre coiffeur et vous portez des masques et si le salon que vous fréquentez met en place et respecte des règles strictes concernant le nombre de clients, l’éloignement et la désinfection.

Vous serez peut-être peiné d'apprendre qu'il est déconseillé pour le moment de converser avec votre coiffeur. Moins de discussions, moins de gouttelettes en suspension. Les confessions à votre coiffeur devront attendre encore un certain temps.

Une coiffeuse est debout derrière une cliente assise. Les deux portent un masque sur leur visage.

Les salons de coiffure représentent un risque élevé de contamination.

Photo : Radio-Canada / Jason Burles

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