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Huit semaines plus tard, comment se passe l’école à la maison au Nouveau-Brunswick?

Une mère qui aide son fils à faire ses devoirs.

Claire Ephestion aide son fils à apprendre à la maison depuis le début de la pandémie.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le Nouveau-Brunswick a été la première province à annoncer la fermeture des écoles pour le reste de l'année scolaire. Contrairement à d'autres provinces canadiennes comme le Québec, ce n'est pas de sitôt que les élèves du primaire retourneront sur les bancs d'école.

Cette nouvelle réalité représente un défi de taille pour les parents, certains devant jongler avec de nombreuses responsabilités. C’est le cas de cette mère de deux enfants, qui fait l'enseignement à la maison depuis maintenant huit semaines, à raison de deux à trois heures par jour, en plus de son emploi à temps plein en télétravail.

Je suis bien fatiguée, ça commence à être très long, admet Claire Ephestion. Selon elle, l'apprentissage à la maison était surtout difficile au début, alors que très peu de ressources étaient à la disposition des parents au Nouveau-Brunswick. Elle dit même avoir dû acheter des modules scolaires d'autres provinces du pays pour pallier le manque.

Deux enfants sont assis sur un balcon et tiennent un ordinateur portable.

Certains parents craignent que les enfants aient du mal à s'adapter au contexte scolaire plus rigide une fois qu'ils seront de retour en classe.

Photo : Radio-Canada

Pendant trois semaines, on a été laissés à nous-mêmes. On recevait des messages qui nous disaient qu'il fallait un peu leur donner l'école de la vie, mais on n’avait pas d'outils du tout pour travailler.

Une citation de :Claire Ephestion, mère de deux enfants

Même si plus de 98 % des personnes atteintes de la COVID-19 se sont rétablies dans la province, le ministre de l'Éducation maintient la fermeture des écoles au moins jusqu'en septembre et n'exclut pas de la prolonger si le Nouveau-Brunswick devait connaître une deuxième vague de contamination.

Aujourd'hui, il n'y a pas grande chance qu'on ait un vaccin avant septembre ou avant 2021, si on est chanceux. Avec une grande possibilité d'avoir une deuxième vague de l'infection qui va arriver au Canada, au Québec, au Nouveau-Brunswick, on a besoin de se préparer pour une éducation à distance, déclare Dominic Cardy, ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance.

La famille Dugas-Mancuso compte quatre enfants en âge scolaire dont trois au primaire. Selon Natacha Dugas, les écoles auraient pu rester ouvertes cet été pour permettre aux parents de retourner travailler et les jeunes de sociabiliser. La question de la santé mentale de la cellule familiale semble avoir été oubliée dans la décision du gouvernement, selon elle.

La famille Dugas-Mancuso compte quatre enfants en âge scolaire dont trois au primaire. Selon Natacha Dugas, les écoles auraient pu rester ouvertes cet été pour permettre aux parents de retourner travailler et les jeunes de sociabiliser. La question de la santé mentale de la cellule familiale semble avoir été oubliée dans la décision du gouvernement, selon elle.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

La décision ne fait pas l'unanimité auprès des parents.

Pour nous, le Nouveau-Brunswick a pris une décision précipitée, estime Natacha Dugas, mère d’une famille recomposée de quatre enfants en âge scolaire, dont trois au primaire.

Selon Mme Dugas, le site d'éducation à la maison (Nouvelle fenêtre) mis à la disposition des familles par la province est insuffisant.

Une capture d'écran du site jemeduque.ca.

Le site jemeduque.ca a été lancé pour soutenir l'apprentissage à domicile.

Photo : Capture d'écran - Gouvernement du Nouveau-Brunswick

Rendu en septembre, qu'est-ce que ça va être au niveau du retour en classe après six mois à la maison à avoir une routine différente?, s'interroge-t-elle, inquiète.

Colette LeBlanc, mère de trois enfants de 6, 12 et 14 ans, dont un atteint d'un trouble de langage et de développement, estime de son côté que les suivis virtuels avec les enseignants ne sont pas adaptés aux enfants à besoins spéciaux.

Il n’y a pas le support et l'intervention nécessaires pour qu'il puisse progresser dans ses apprentissages, déplore-t-elle.

Colette LeBlanc et sa famille; Mila Arseneault, 6 ans, Liam Arseneault, 12 ans et Alec Arseneault, 14 ans.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Colette LeBlanc et sa famille; Mila Arseneault, 6 ans, Liam Arseneault, 12 ans et Alec Arseneault, 14 ans.

Photo : Colette LeBlanc

Malgré tout, elle soutient la décision de la province, étant elle-même une orthophoniste qui travaille aux soins de courte durée à l'Hôpital de Moncton.

Avoir quelques mois de plus à la maison comparé à la possibilité de perdre des vies autour de nous autres, c'est pas une question, concède Mme LeBlanc.

Le ministre Cardy voit les prochains mois comme une occasion à saisir pour adapter le programme pédagogique afin qu'il soit enseigné à distance. Mais le ministre de l'Éducation devra composer avec des problèmes importants, comme l'accès à la technologie pour toutes les familles.

Dominic Cardy tient une tablette et un ordinateur portable devant les drapeaux du Nouveau-Brunswick et du Canada.

Dominic Cardy a annoncé un investissement de près d'un million de dollars le 6 mai pour soutenir l’apprentissage à domicile.

Photo : Gouvernement du Nouveau-Brunswick

On va prendre la pause de juin à septembre pour assurer qu'on a un système d'éducation à la maison de qualité mondiale, affirme-t-il avec confiance.

Pour Claire, la clé du succès passe par la classe virtuelle. Ce serait l'idéal, par exemple, deux heures par jour permettraient de garder un œil sur le programme et [permettraient] à tous les enfants d’être à la même école, entrevoit-elle.

Le pari du Nouveau-Brunswick d'adapter son système d'éducation pour l'enseignement à la maison est encore sur la table à dessin. Mais d'ici là, les parents devront faire preuve de patience, parce que la conciliation travail-famille, déjà pénible pour plusieurs, risque de se corser au gré des transformations que subira l'économie.

D'après le reportage de Nicolas Steinbach

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