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Le film Jusqu'au déclin vu par 21 millions de personnes, selon Netflix

7 personnes habillées de manteaux sont devant une table avec divers objets et elles regardent la caméra.

Une partie de la distribution de « Jusqu'au déclin » : Guillaume Cyr, Marilyn Castonguay, Marc Beaupré, Réal Bossé, Marie-Evelyne Lessard, Guillaume Laurin et Marc-André Grondin

Photo : Bertrand Calmeau/Netflix

Premier film québécois produit par Netflix, Jusqu'au déclin a été vu par 21 millions de personnes, selon le géant numérique. Faites le calcul, c'est plus de deux fois la population du Québec. Ce succès fracassant marque un nouveau chapitre pour le cinéma d'ici qui rêve d'être vu partout sur la planète.

Parmi les 21 millions de personnes abonnées qui ont regardé Jusqu'au déclin, un suspense haletant à propos de survivalistes qui s'entredéchirent, 95 % vivent à l'extérieur du Canada. Nous avons appris la nouvelle de ce succès planétaire à Réal Bossé, un des comédiens principaux du film. Il n'en revenait tout simplement pas : Vingt et un millions, c'est beaucoup de monde [...]. Je pense que je vais rappeler Netflix pour leur dire "Maintenant que vous avez eu un bon succès avec notre grosse face, est-ce qu'il y a moyen de faire d'autres films?"

Le réalisateur du film, Patrice Laliberté, abonde dans le même sens : C'est hallucinant. [...] C'est du monde à messe. C'est du monde partout autour du monde. On a été top 5 dans plusieurs pays. Le comédien Guillaume Laurin ajoute : Je pense que c'est du jamais vu pour nous de voir un film qui circule autant à l'étranger en 28 jours. C'est ce qui me frappe : ça arrive après un mois seulement.

La machine Netflix

Avec ces 183 millions de personnes abonnées dans le monde, Netflix est un géant qui vient brouiller les cartes. Sortant des sentiers battus, l'entreprise a fait confiance à de jeunes créateurs québécois qui n'avaient jamais réalisé de long métrage. Le géant leur a alloué près de 5 millions de dollars. Au Québec, ces créateurs avaient eu droit à un microfinancement pour le même projet.

Netflix a pris des risques qui sont moins habituels dans le milieu québécois. [...] Pour nous, ç'a été un gros vent de fraîcheur, nous explique Guillaume Laurin, comédien et cofondateur de la compagnie de production Couronne Nord. Il ajoute avec un sourire en coin : On est des jeunes joueurs dans l'industrie, alors c'est assez l'fun de voir cette victoire-là. C'est sûr qu'on sent une petite douce revanche.

En plus de son important budget, Jusqu'au déclin a aussi bénéficié d'une rampe de lancement exceptionnelle, car Netflix a doublé ou sous-titré le film en 30 langues. Aujourd'hui, dans un contexte de mondialisation, on ne devrait pas avoir peur d'exporter nos œuvres de manière planétaire, nous dit Patrice Laliberté. Le film a été majoritairement vu en anglais, en espagnol, en portugais et en allemand.

L'effet d'un électrochoc

La nouvelle de ce succès a eu l'effet d'un électrochoc dans le milieu du cinéma québécois, majoritairement financé par de l'argent public, car Netflix n'est pas passé par la chaîne habituelle de financement pour produire Jusqu'au déclin.

Le président du Regroupement des distributeurs indépendants de films du Québec, Andrew Noble, se réjouit bien sûr du succès du film, mais il ajoute un bémol : Ce qui est triste là-dedans, c'est que Netflix opère chez nous quasiment sans payer sa part, sans réglementation de contenu québécois. Il ajoute que c'est une nouvelle extraordinaire, une réussite pour les créateurs et le talent d'ici. Ça démontre qu'il y a un marché global pour le cinéma d'ici. [...] Ce serait génial si Netflix travaillait davantage avec notre système de financement actuel et public.

Le président de K-Films Amérique se montre aussi critique envers Netflix : Ce n'est pas par générosité que Netflix a produit un film québécois. D'ailleurs, c'est le seul film québécois qu'il a produit. C'est carrément de l'argent de la taxe qu'il n'a pas payée. C'est de l'argent qui appartient aux Québécois qu'il a décidé d'utiliser. C'est une privatisation du cinéma à l'américaine. C'est ça qu'on condamne, dit Louis Dussault.

Netflix précise toutefois qu'il perçoit la taxe de vente au Québec. L'entreprise s'était aussi dite prête à percevoir la taxe fédérale, lorsque l'enjeu avait été soulevé durant la campagne électorale, en octobre dernier. On collecte et on rend la TVQ depuis plusieurs mois. On fait la même chose en Saskatchewan. Le jour où l'on nous demandera de collecter et de rendre la TPS, on va le faire, avait assuré le directeur des politiques publiques de Netflix Canada, Stéphane Cardin, en entrevue à Radio-Canada.

Netflix, navire amiral pour exporter le Québec?

Réal Bossé dans un studio radio de Radio-Canada.

Le comédien Réal Bossé

Photo : Radio-Canada / Francis Dufresne

Le comédien Réal Bossé rêve que le cinéma québécois s'exporte davantage. Après avoir connu un franc succès à l'étranger avec LOL et 19-2, il est inspiré par le succès de Jusqu'au déclin : C'est plus qu'une cloche, c'est un carillon, je dirais. C'est des surfaces où on peut mettre du matériel qui nous appartient et faire cette promotion-là. Sinon, on est entre nous.

Pour ce reportage, Netflix nous a fourni des chiffres, mais a décliné notre demande d'entrevue.

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