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Des entreprises surveillent à distance la productivité de leurs employés en télétravail

Cette surveillance est tout à fait légale, à condition que les employés soient informés.

Un homme assis sur son divan avec un chien travaille à l'ordinateur.

De plus en plus d'entreprises canadiennes s'intéressent aux logiciels de surveillance des employés en télétravail.

Photo : getty images/istockphoto

Pas possible de tirer au flanc en travaillant de la maison durant la pandémie de COVID-19. De plus en plus d’entreprises se tournent vers des logiciels de surveillance des travailleurs.

Avec des logiciels comme ActivTrak, Teramind, Hubstaff et Time Doctor, les patrons peuvent se servir d’un tableau de bord pour mesurer la productivité de leurs employés, y compris le temps passé devant l’écran et le mouvement de la souris.

Dans certains cas, il est même possible de voir ce qui s’affiche sur leur écran à tout moment et le lieu où ils se trouvent, grâce à un outil de géolocalisation.

Jackson Fregeau.

Jackson Fregeau, chef de l’exploitation chez Revenue Accelerator, utilise un logiciel pour surveiller à distance la productivité de ses employés.

Photo : Ryan Wagner

L’entreprise vancouvéroise Revenue Accelerator, qui aide d’autres compagnies à élargir leur clientèle et à améliorer leurs ventes, utilise l’application Hubstaff pour garder un oeil sur la productivité de ses 25 employés.

Le chef de l’exploitation, Jackson Fregeau, s’en sert depuis un an, mais l’outil est d’autant plus pratique durant la pandémie, selon lui. La moitié de notre équipe travaillait de la maison auparavant. Depuis la COVID, tout le monde est à distance, affirme-t-il.

Il faut tenir les gens responsables et savoir sur quoi ils travaillent. Je crois que ça aide les gens à rester plus concentrés.

Jackson Fregeau, chef de l’exploitation, Revenue Accelerator

Le cofondateur d’Hubstaff, de son côté, a constaté une forte hausse de l’usage de sa plateforme depuis le début de la crise sanitaire. Dans un mois ordinaire, on compte à peu près 5000 essais. Maintenant, c’est environ 15 000, lance Dave Nevogt.

Un téléphone intelligent devant un ordinateur portatif avec l'application Hubstaff.

Le tableau de bord permet aux employeurs de mesurer la productivité de leurs travailleurs.

Photo : Hubstaff

Selon Hubstaff, 550 entreprises canadiennes se sont inscrites à l’essai gratuit et 79 ont déjà acheté le logiciel de surveillance. Les clients du service paient entre 9 $ et 14 $ par mois pour chaque employé.

Quand vous gérez des projets et que vous êtes habitués de pouvoir regarder par-dessus l’épaule de quelqu’un qui est devant vous, et que cette personne soudainement n’est plus là, comment ramener ce contrôle?, lance M. Nevogt.

Difficile de refuser cette surveillance

Andrew Monkhouse, avocat en droit du travail, souligne qu’il n’existe aucune loi canadienne qui empêche les employeurs d’utiliser de tels logiciels de surveillance.

Mais les travailleurs doivent être informés quant au fonctionnement du système.

Les travailleurs syndiqués ont un plus grand contrôle des aspects de leurs milieux de travail qui touchent leur vie privée, affirme l’avocat. Là où il n’y a pas de syndicat, l’employeur peut adopter des pratiques qu’il juge appropriées et les employés peuvent difficilement refuser des pratiques raisonnables.

Une image avec des photos d'employés qui travaillent à la maison.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Près des deux tiers des employés d'Enbridge en Ontario travaillent de la maison, selon l'entreprise.

Photo : Enbridge Gas/Twitter

La compagnie énergétique Enbridge, basée à Calgary, surveille aussi le rendement de ses équipes, sans toutefois utiliser un logiciel comme Hubstaff ou ActivTrak.

Nous mesurons un certain nombre d’indicateurs, comme le nombre d’appels traités, souligne Tanya Mushynski, vice-présidente au service à la clientèle chez Enbridge Gas, en Ontario.

Même à la maison, la productivité est bonne, affirme Mme Mushynski.

Des 3600 employés d’Enbridge en Ontario, près des deux tiers travaillent de la maison, soit ceux qui font du travail de bureau. Les équipes d’entretien, de construction et d’intervention d’urgence continuent de travailler là où elles sont déployées.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Faciliter la facturation

Dave Nevogt affirme que son service Hubstaff ne sert pas qu’à fouiner. Il permet aussi aux entreprises abonnées d'élaborer des factures adéquates à leurs propres clients.

Ceux qui facturent à l’heure peuvent avoir un justificatif du temps travaillé sur chacun des projets. Ils savent combien d’heures ils ont passé pour un client A et un client B, ce qui facilite la facturation, dit-il.

Le cofondateur estime que le travail à la maison explosera au cours des prochaines années. Je crois que le monde est en train de réaliser qu’il est possible d’être productif en travaillant chez soi et que les gens voudront de plus en plus cette option, dit-il.

Dave Nevogt.

Dave Nevogt, cofondateur de l'entreprise Hubstaff, constate un engouement pour son un outil de surveillance des employés, alors qu'ils sont nombreux à travailler de la maison.

Photo : Hubstaff

Twitter a annoncé mardi qu'une partie de son personnel pourra continuer de travailler de la maison indéfiniment.

L’entreprise OpenText à Waterloo, en Ontario, la plus importante compagnie de logiciel au pays, fermera la moitié de ses bureaux. Certains de ses employés resteront donc en télétravail après le déconfinement.

La Banque de Montréal, de son côté, compte offrir des modalités de travail plus souples. Jusqu’à 80 % de ses 45 000 employés pourront envisager un mélange de travail au bureau et à la maison lorsque la pandémie s’essoufflera.

Avec les informations de Dianne Buckner de CBC

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