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Les stages en sciences infirmières fortement perturbés par la COVID-19

Trois infirmières qui portent de l'équipement de protection individuelle.

Les étudiants en sciences infirmières ont vu leur expérience de stage modifiée cette année à cause du SARS-CoV-2.

Photo : Reuters / Susana Vera

Alors que nous sommes en plein dans la semaine nationale des soins infirmiers, la réalité du métier est en train de changer en raison de la COVID-19. La pandémie de SARS-CoV-2 a d'ailleurs bouleversé les stages effectués par de nombreux étudiants en sciences infirmières au Manitoba.

Annike Everhardus était en plein quart de travail lorsqu’elle a reçu un courriel le 20 mars lui annonçant que son stage au service de maternité de l’Hôpital Saint-Boniface était suspendu pour une période indéterminée.

J’étais un peu surprise, mais je savais qu’il y avait une possibilité que notre stage soit compromis par le coronavirus, relativise l’étudiante en 4e année de sciences infirmières à l’Université de Saint-Boniface (USB).

Comme elle, de nombreux étudiants en sciences infirmières ont vu leur stage d’étude chamboulé par la crise de la COVID-19, alors que les autorités sanitaires transformaient le système de santé en machine de guerre prête à se battre face au nouveau coronavirus.

Annike Everhardus avec un chandail bordeaux de l'école des sciences infirmières de l'Université de Saint-Boniface.

Annike Everhardus est étudiante en sciences infirmières à l'Université de Saint-Boniface.

Photo : Annike Everhardus

À l’USB, ce sont pas moins de 24 étudiants répartis dans divers hôpitaux de la région de Winnipeg qui ont vu leur stage bouleversé. Les stages cliniques ont été arrêtés et les stages [de consolidation qui sont effectués à la fin des études] ont été suspendus, explique Daniel Gagné, doyen par intérim à l’école des sciences infirmières et des études de santé à l’USB.

Incertitudes

Cette décision a été prise par l’USB à cause d’incertitudes concernant la sécurité des étudiants et leur capacité en termes de compétences et en termes de techniques pour répondre aux exigences du stage, ajoute le doyen par intérim.

Sophie Rebizant était, elle, en stage au service de cardiologie de l’Hôpital Montfort à Ottawa, en Ontario, depuis le 3 mars. Le 17 mars, elle remettait les pieds à Winnipeg après que l’hôpital ontarien eu décider d’interrompre les stages.

Là-bas, les précautions pour faire face au coronavirus étaient un peu plus avancées, explique-t-elle. Le SARS-CoV-2 avait, en effet, touché l’Ontario plus tôt que le Manitoba et avec une ampleur bien supérieure.

Néanmoins, on n’avait pas besoin de porter des lunettes ou des masques, décrit-elle, mais le coronavirus était présent en permanence dans l’esprit des soignants.

On pensait toujours à la COVID-19, quand elle allait arriver à l’hôpital. On pensait plus à l’importance de bien se laver les mains, prendre des précautions.

À l’Hôpital Saint-Boniface, Annike Everhardus évoque quelques changements lors de ses dernières journées de travail.

Il fallait montrer une pièce d’identité avant d’entrer dans l’hôpital et on avait des mises à jour chaque matin avec les nouvelles informations concernant le virus, dans quelle situation on devait porter tel ou tel masque, se souvient-elle.

Aussi terrorisante puisse-t-elle être, la COVID-19 n’inquiétait pas outre mesure Annike et Sophie. Jeunes et en bonne santé, elles ne se sentaient pas en danger.

En fait, j’étais déçue au départ et je voulais vraiment continuer mon stage. J’avais hâte [d’être diplômée] au mois de juin, explique Annike Everhardus. C’est une situation sans précédent et je comprends que l’école et tout le monde veulent juste faire du mieux qu’ils peuvent. Ils voulaient nous protéger et protéger les patients, relativise la jeune femme.

Sophie Rebizant pose pour la caméra.

Sophie Rebizant ne retournera pas en stage à Ottawa.

Photo : Sophie Rebizant

Reprises de stages

Le 30 avril, la direction de l’école des sciences infirmières et des études de santé de l’USB a décidé que les stages de consolidation pourraient reprendre à partir de la semaine du 20 mai.

Cela ne sera toutefois pas possible avant une mise à niveau et les étudiants sont en train d’être préparés et formés pour retourner dans les milieux [hospitaliers] pour finir les stages, explique Daniel Gagné.

Nous sommes en train de les former au niveau de la sécurité, au niveau de l’équipement de protection individuelle et nous assurer qu’ils ont des personnes vers qui se tourner et qu’ils sont capables de prendre soin d’eux-mêmes, détaille le doyen par intérim.

Daniel Gagné pose appuyé contre la rambarde d'un escalier.

Daniel Gagné est le doyen par intérim à l’école des sciences infirmières et des études de santé à l’Université de Saint-Boniface.

Photo : Daniel Gagné

De plus, tous les étudiants ne retourneront pas forcément en stage dans les services ou hôpitaux où ils étaient. L’USB a dû prendre en compte les changements qui ont pu survenir dans les établissements hospitaliers.

Il n’y a pas de précédent avec la pandémie. En tant qu’infirmier, on prend des décisions en suivant notre code de déontologie, entre autres, pour s’assurer qu’on est capable de répondre aux besoins de la population francophone en milieu minoritaire et que les étudiants offrent des soins sécuritaires aux patients, tout en assurant la sécurité des étudiants en cette période d’inconnues, développe Daniel Gagné.

Excitation et impatience

Cette décision ravit les deux jeunes femmes qui reprendront leur stage respectif le 25 mai.

Annike Everhardus a la chance de retourner dans le même service. J’ai vraiment hâte!, s’exclame-t-elle, pleine d’enthousiasme. Ça me manque vraiment et c’était difficile de ne pas pouvoir aider avec toutes les choses difficiles qui se passaient. Je voulais vraiment être là.

L’empressement se faire aussi sentir chez Sophie Rebizant, pour qui le départ d’Ottawa a été très dur. J’étais vraiment triste de quitter Ottawa parce que j’étais contente d’être là-bas. J’étais aussi très incertaine sur ce que j’allais devenir, si j’allais pouvoir [être diplômée] cette année, confie-t-elle.

La jeune femme ne retournera cependant pas à Ottawa, mais rejoindra le service de cardiologie de l’Hôpital Saint-Boniface.

Je suis tellement, tellement excitée! Je veux juste être capable [d’être diplômée] et commencer à travailler. Je pense que tout le monde dans notre classe veut aider à réduire le stress sur le système [de santé].

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