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« On va en sortir beaucoup plus fort » : l'après-COVID-19 vu par trois Franco-Albertains

La pandémie a demandé à la population de s'adapter. Qu'a-t-on appris pour l'avenir ?

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Le déconfinement a débuté en Alberta, mais la COVID-19 est encore une menace bien réelle et ses effets, sans précédent, sont déjà visibles. Écoles et universités fermées, commerces au ralenti et des hôpitaux toujours sur le qui-vive : comment envisager le futur dans ce contexte? Nous avons rencontré trois francophones d'Alberta qui nous confient leurs espoirs et leur peurs.

Revoir ses plans de carrière

C’est depuis l’Irlande que Isaiah Rust a commencé à entendre parler du coronavirus. Alors en échange universitaire, ce Franco-Albertain a dû écourter de quatre mois son expérience pour revenir au Canada. C’était effrayant de voir aussi le virus ici, se rappelle-t-il. C’était comme si le virus m’avait suivi ici.

Étudiant au Campus Saint-Jean, il termine maintenant ses études en sociologie depuis sa maison. Même si le contact humain lui manque et que rester productif chaque jour relève du défi, il faut rester connecter et positif, estime-t-il. Mais nous ne serons pas les mêmes après la pandémie.

Un jeune homme regarde un établissement scolaire.

Isaiah Rust n'est pas retourné sur les bancs du Campus Saint-Jean depuis décembre.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Selon lui, les interactions authentiques prendront davantage de valeurs sur les liens superficiels à l’avenir. La COVID-19 l'oblige également à redéfinir ses priorités, notamment en termes de carrière.

Les étudiants qui finissent leur baccalauréat risquent d'avoir de la difficulté à se trouver un emploi, croit-il.

Les employeurs n’embauchent pas en ce moment, indique Isaiah Rust. C’est possible que je reprenne mes études pour faire un master et que je change mes projets de carrière pour travailler plutôt dans les médias ou l’immigration.

L'union fait la force

Avec une économie au ralenti, tenir une boutique est un vrai défi. Franck Bouilhol, lui, s'en est plutôt bien sorti. Cet artisan glacier vend ses pots de crème glacée au Bountiful Farmer's Market, l'un des marchés d'Edmonton autorisés à rester ouverts.

En temps normal, les lieux voient passer entre 7000 et 9000 personnes les vendredis, samedis et dimanches. Depuis la déclaration de la pandémie, la fréquentation du marché a plutôt fondu, s'établissant entre 1000 et 4000 clients.

N’ayant plus le droit de vendre des boules à l’unité, Franck Bouilhol a dû augmenter sa production de contenants de 500 ml. Depuis Pâques, on a vu une hausse régulière de 8 à 10 % par semaine et on est passé de 500 pintes vendues par mois, à 500 par semaine.

Une crème glacée.

Les glaces italiennes et sorbets pleins fruit de Franck Bouilhol ne se vendent qu'en contenants de 500ml depuis le début des restrictions sanitaires en Alberta.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Cette augmentation des ventes a été rendue possible grâce à la création d’un site Internet et d’un système de livraison locale. Pour faire face à la baisse de fréquentation du marché, lui et d'autres petits commerçants se sont unis en collectif, un modèle qui va se renforcer à l'avenir, selon lui.

En petite quantité, je ne peux pas me permettre de livrer dans d’autres villes, explique Franck Bouilhol. Les frais de livraison seraient trop importants. Grâce à Uproot Food Collective, on regroupe énormément de vendeurs qui font du congelé et on envoie des palettes entières à Fort McMurray ou Calgary.

Même si les affaires vont bien, le glacier Français espère un retour à la normale rapidement. On est commerçant, on aime parler avec les gens, mais en ce moment ils prennent moins le temps de discuter. Ça revient tout doucement.

Prêt pour une deuxième vague

Le système de santé a été mis à rude épreuve pour faire face au virus. Le quotidien de Michelle Dion, une médecin de famille au East Edmonton Health Centre, a été renversé.

Avant, nous faisions 90 % des visites en clinique et 10 % par téléphone. Maintenant, c’est l’inverse. Ce n’est pas toujours facile de me faire comprendre avec mon accent "frenchy" au téléphone, avoue-t-elle.

Une médecin de famille dans une clinique avec un équipement complet de protection.

La Dre Michelle Dion doit s'habiller d'une tenue de protection complète lorsqu'elle reçoit en consultation un patient qui présente des symptômes de la COVID-19.

Photo : Michelle Dion

La gestion du coronavirus a amélioré notre rapport à l’hygiène à tous les niveaux, estime Michelle Dion. Déronavant, tout le monde sait quoi faire pour prévenir une future épidémie comme ça. Même si le face-à-face avec les patients lui manque, les consultations à distance ont du bon.

Nous allons peut-être voir une nouvelle ère dans la façon de travailler. Si j’ai un patient qui travaille dans le Nord et a besoin d’une consultation, mais n’a pas besoin de venir en clinique, si il y a moyen de faire une consultation virtuelle, ce serait excellent dans certains cas.

Si une deuxième vague de cas positifs devait arriver, quand l’école recommencera par exemple, la professionnelle de santé garde confiance. On va en sortir beaucoup plus fort.

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