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Restaurants : des fermetures définitives à l’horizon

Des chaises sur des tables dans un restaurant fermé.

L’impact de la COVID-19 sur le commerce au détail au Canada est catastrophique.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L’industrie de la restauration est à la recherche de solutions pour tenter de survivre à la pandémie. Malheureusement, la crise risque d’être le coup de grâce pour plusieurs membres de cette industrie déjà fragile et très compétitive.

Un sondage de l’Association Restauration Québec (ARQ) publié ce matin indique que six restaurants sur dix ne pourront pas tenir le coup si le confinement dure encore six mois.

Ce sondage réalisé auprès de 1200 membres de l’ARQ révèle également que 40 % des restaurateurs pensent qu’il faudra rouvrir les salles à manger à 75 % de leur capacité pour atteindre un seuil minimum de rentabilité afin de tenir jusqu’à la fin de l’année.

C’est impossible de tenir le coup pendant des mois sans être rentable

François Meunier, vice-président des Affaires publiques et gouvernementales à l'ARQ

Un restaurant sur deux obligé de fermer ses portes? Moi je trouve que c’est un scénario réaliste. C’est la durée de la crise qui va déterminer combien d’entreprises vont disparaître ou non, souligne M. Meunier.

Une affiche collée sur une vitrine indiquant que le commerce est fermé jusqu'à nouvel ordre.

Six restaurants sur dix ne pourront pas tenir le coup si le confinement dure encore six mois, dit le sondage de l'ARQ.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Aucune date n’a encore été annoncée par les autorités publiques pour la reprise des activités de ce secteur. Encore moins sur la manière dont les restaurants vont pouvoir appliquer les règles de distanciation physique lorsqu'ils pourront rouvrir les salles à manger. Entre-temps, ceux qui survivent le font grâce aux commandes pour emporter et aux livraisons.

Toujours d’après le sondage, près de la moitié des restaurants seraient restés ouverts grâce à ces services qui représentent 30 % des revenus habituels.

Si certains restaurants avaient des difficultés avant la crise, je ne vois pas comment ils vont s’en tirer maintenant, affirme Jean Bédard, président du Groupe Sportscene qui détient les 45 Cages à travers le Québec.

Le Groupe qui allie restauration et événementiel a dû fermer 30 de ses Cages. C’est coûteux de rouvrir un restaurant, à cause de la formation et de l’inventaire qu’il faut refaire. Alors ceux qui n’étaient pas rentables avant la pandémie vont être directement touchés.

Les rôtisseries St-Hubert ont dû mettre à pied 4000 employés. Certains ont été rappelés pour venir prêter main-forte au service de livraison et d’épicerie qui assure 25 % des ventes pendant la crise.

La moitié de nos revenus provient de nos salles à manger, mais heureusement on offre aussi des services externes comme les livraisons, le service à l’auto et les produits de détail en épicerie. Quand nos salles à manger souffrent, les autres services performent mieux, donc 90 % de nos restaurants ont pu demeurer ouverts, dit Richard Scofield, président du Groupe St-Hubert.

La diversification pour tenir le coup?

Le Lawrence est un petit restaurant bien en vue du quartier Mile End à Montréal. Les quatre propriétaires gèrent le restaurant phare qui peut accueillir une cinquantaine de clients. Ils possèdent aussi un café, le Larry’s, et, quelques portes plus loin, une boucherie.

C’est grâce à cette combinaison d’offres de service – de diversification – qu’ils réussissent à passer à travers la crise. Menu pour emporter, livraison à domicile de plats chauds, mais aussi de vin d’importation privée tiré de leur cave, vente de paniers bio de la boucherie, ils doivent rivaliser d’imagination pour rester ouverts.

Mais le plus grand défi reste le déconfinement. C’est triste pour le Larry’s qui est minuscule et toujours plein de monde. Ça va être à repenser. Le modèle d’affaires est complètement à revoir, dit Annika Krausz, l'une des propriétaires du Lawrence.

Entre-temps, pour les restaurants qui vont réussir à passer au travers, l’heure est à la créativité, mais aussi aux demandes d’assouplissement de la réglementation municipale et provinciale qui entoure les permis de vente de nourriture et d’alcool.

On parle de déconfiner les terrasses, qu’elles puissent déborder sur le domaine public, qu’on crée des rues piétonnes… peut-être qu’on pourra récupérer la totalité de notre clientèle tout en respectant les règles de distanciation physique. Mais il va falloir que les autorités municipale et provinciale pensent autrement, dit François Meunier de l’ARQ.

L’Association Restauration Québec rappelle que c’est l’art de vivre qui constitue une bonne part de l’identité au Québec qui est en jeu.

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