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Contrôler la COVID-19 dans un bâtiment patrimonial : un défi « colossal »

Le Centre d'hébergement de l'Hôpital général de Québec

Le Centre d'hébergement de l'Hôpital général de Québec

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

Contrôler une éclosion de COVID-19 dans un CHSLD est une chose. La contrôler dans un bâtiment dont les origines remontent au XVIIe siècle, comme celui de l'Hôpital général de Québec, en est une autre. Le défi est même jugé « colossal » par le CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Depuis le 10 mai, des zones froides, tièdes et chaudes sont en place dans trois unités du Centre d'hébergement de l'Hôpital général de Québec. Il y a actuellement 10 résidents et 2 employés atteints de la maladie.

Comme partout où la COVID-19 est apparue depuis le début de la pandémie, ces zones visent à contrôler les déplacements du personnel. Des marqueurs verts, jaunes et rouges indiquent les endroits où les allées et venues sont libres ou restreintes.

On cherche ainsi à empêcher le virus de se propager ailleurs que dans les zones déjà infectées.

Mais créer ces corridors de circulation à l'Hôpital général de Québec, qui a célébré ses 325 ans d'existence en 2017, est un travail un peu plus colossal, de l'aveu même du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSS).

Ç'a été, je ne dirais pas un casse-tête, mais un travail plus méticuleux à faire, confirme Karine Boissonneault, infirmière clinicienne spécialisée en prévention et contrôle des infections au CIUSSS. C'est sûr qu'il a beaucoup de racoins!, illustre-t-elle.

C'est vieux. Il y a eu des ajouts dans les ailes [au fil des années]. On a des unités où on a des toilettes communes pour plusieurs usagers, donc il fallait s'assurer de dédier [des toilettes], de mettre des chaises d'aisance.

Karine Boissonneault, infirmière clinicienne spécialisée en prévention et contrôle des infections au CIUSSS de la Capitale-Nationale

Le défi de la cafétéria

Malgré tout, le CIUSSS a trouvé le moyen de réserver un ascenseur qui sert uniquement aux employés qui travaillent dans les trois unités infectées. On a aussi réussi à leur dénicher des endroits dédiés pour une salle de repos, une salle de repas et un vestiaire.

Mais le virus a aussi frappé à un endroit moins qu'idéal, soit le deuxième étage : c'est là que se trouve la cafétéria du centre d'hébergement.

Il fallait vraiment s'assurer d'avoir une route pour les employés des autres unités qui voulaient aller manger à la cafétéria, illustre Mme Boissonneault.

En plus de frapper au deuxième étage, la COVID-19 est parvenue à se tailler une place au cinquième étage. Plus précisément, c'est l'unité prothétique qui a été touchée. À ce jour, un employé et un résident y ont contracté la maladie.

Comme les usagers de cette unité sont atteints de maladies telles que l'Alzheimer, Mme Boissonneault sait que cela représente plus de défis pour le contrôle du virus.

On fait faire la désinfection de [...] tous les endroits qui sont les plus fréquemment touchés par nos usagers, par les employés. On le fait faire maintenant six fois par jour depuis le 10 mai, autant au niveau des aires communes, les salons, les chambres.

Karine Boissonneault, infirmière clinicienne spécialisée en prévention et contrôle des infections au CIUSSS de la Capitale-Nationale

On a du personnel aussi qui va faire laver plus souvent les mains des usagers qui circulent, qui ne restent pas à la chambre, ajoute Mme Boissonneault.

D'où vient le virus?

D'ici vendredi, tous les employés qui travaillent à l'unité prothétique auront été dépistés. Les 34 résidents qui s'y trouvent ont déjà eu leur test.

Au deuxième étage, tous les résidents et les employés qui se trouvent dans les deux unités atteintes par la COVID-19 ont également fait l'objet d'un dépistage.

Interrogée sur l'origine de l'éclosion, Mme Boissonneault n'est pas en mesure de l'identifier avec certitude. On n'est jamais vraiment certain à 100 %, dit-elle.

Le CIUSSS indique à Radio-Canada que trois employés du Centre d'hébergement de l'Hôpital général de Québec sont allés travailler, début mai, dans un autre foyer d'éclosion, soit les Jardins d'Évangéline.

Cependant, ces trois employés sont demeurés sur place et ne sont pas retournés à l'Hôpital général de Québec, assure le CIUSSS.

L'éclosion pourrait-elle rapidement être déclarée sous contrôle? Il est encore trop tôt pour le dire, selon Mme Boissonneault, qui se décrit comme une éternelle optimiste.

On a même des coachs [de prévention et contrôle des infections] qui vont faire des formations sur les trois quarts de travail pour s'assurer que tout le personnel prenne les mesures de façon adéquate.

Karine Boissonneault, infirmière clinicienne spécialisée en prévention et contrôle des infections au CIUSSS de la Capitale-Nationale

On a beaucoup appris de l'éclosion du Jeffery-Hale, même des autres éclosions par la suite, ajoute Mme Boissonneault. Il ne faut pas oublier que c'est un nouveau pathogène [...] Ce pathogène-là nous prend des fois par surprise.

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