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L'homophobie nuit à la politique de traçage de la Corée du Sud

Le pays peine à retracer 2500 personnes qui ont fréquenté des bars de la communauté gaie pour les tester.

Deux hommes portant des vêtements de protection répandent du désinfectant dans une allée piétonne peu achalandée.

Des opérations de désinfection ont eu lieu cette semaine dans le quartier d'Itaewon, qui abrite des bars populaire dans la communauté gaie.

Photo : Reuters / Yonhap News Agency

Reuters

Les autorités sanitaires sud-coréennes ont annoncé jeudi une révision des procédures de recherche de personnes susceptibles d'être contaminées par le nouveau coronavirus par crainte de discrimination envers la communauté LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres) après la découverte d'un nouveau foyer d'infections dans le milieu de vie nocturne.

Quelque 2500 personnes fréquentant les bars et les clubs gais du quartier animé d'Itaewon à Séoul sont recherchées pour des tests.

Les autorités doivent cependant composer avec les critiques de la communauté LGBT qui redoute de nouvelles discriminations et la volonté de certaines personnes de préserver leur anonymat, l'homosexualité étant encore largement taboue en Corée du Sud.

Alors que les clubs et les bars étaient tenus d'enregistrer les noms et les numéros de téléphone de tous les clients pour pouvoir rouvrir, la plupart des informations qu'ils ont fournies se sont révélées incomplètes ou fausses, ont déclaré les autorités.

Les autorités ont donc dû passer au peigne fin les données des téléphones portables, les relevés de carte de crédit et les images de vidéosurveillance pour tenter d'identifier les personnes ayant fréquenté ces établissements, tout en les appelant à se porter volontaires pour des tests.

Conscientes des risques de stigmatisation, elles se sont engagées jeudi à limiter les informations publiées sur les cas confirmés.

En Corée du Sud, la publication de l'âge, du sexe et des derniers lieux fréquentés par les personnes juste avant leur test est une pratique courante. Parfois, le nom de famille et la profession sont également mentionnés.

Dans la guerre à long terme contre le COVID-19, la stigmatisation et la discrimination ne feront que cacher les patients et créer des conditions favorables à ce virus. Se soustraire à un test en raison de préjugés sociaux et par peur d'être critiqué peut nuire à toute notre communauté.

Kwon Jun-wook, directeur adjoint des Centres coréens de contrôle et de prévention des maladies

Pour répondre aux critiques sur la confidentialité, les autorités sanitaires ont étendu les tests anonymes à l'échelle nationale, a déclaré pour sa part le vice-ministre de la Santé, Kim Gang-lip.

Plusieurs personnes portant des masques médicaux montent et descendent des escaliers dans le métro de Séoul, en Corée du Sud.

L'heure de pointe dans le métro de Séoul ressemble maintenant à celle des jours précédant la pandémie.

Photo : Getty Images / Chung Sung-Jun

En outre, nous prévoyons de réviser les procédures pour éviter la divulgation excessive du parcours d'un patient.

Les personnes refusant de se faire tester risquent une amende pouvant atteindre 2 millions de wons (2300 $CA), selon le ministère de la Santé.

La Corée du Sud a fait état jeudi de 29 nouveaux cas de contamination au coronavirus, portant le bilan à 10 991 depuis le début de l'épidémie.

Le pays est parvenu à maîtriser la propagation du virus sans confinement généralisé de la population, mais la découverte cette semaine de plus de 100 nouveaux cas liés au milieu de vie nocturne fait craindre une deuxième vague de contagion.

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