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Tourisme et santé : l’ambivalence madelinienne

Le traversier passe près de la Butte du Vent à Cap-aux-Meules, à l'entrée des Îles-de-la-Madeleine.

Butte du Vent à Cap-aux-Meules, à l'entrée des Îles-de-la-Madeleine (archives)

Photo : Tourisme Îles de la Madeleine

L’avenir de la saison touristique des Îles-de-la-Madeleine semble coincé entre la prudence, la politique interprovinciale et la résignation.

Le président de Tourisme Îles-de-la-Madeleine et gestionnaire d’une entreprise de transport en autocar, Damien Déraspe, s’attend déjà à un été sans activité. Ça va être assez tranquille côté travail, craint-il.

Son employeur, Les Sillons, offre des circuits guidés en autocar aux croisiéristes en visite dans l’archipel. Notre gros marché cible, ce sont les croisières internationales et notre principal client, c’est les croisières de CTMA. Dans ce cas-là, tout est annulé depuis plusieurs semaines, souligne M. Déraspe.

Tout le volet croisière, en pleine croissance aux Îles-de-la-Madeleine, a été déstabilisé par les contraintes qu’impose la pandémie.

C’est toutefois l’ensemble du secteur touristique aux Îles qui est ébranlé par l'incertitude sur la réouverture des restaurants, des hôtels ainsi que celle qui entoure l’accès à l’archipel.

Traverser deux provinces

La décision du Nouveau-Brunswick de ne pas rouvrir ses frontières interprovinciales avec le Québec complique la route vers Cap-aux-Meules.

De son côté, l’Île-du-Prince-Édouard n’a pas encore fixé de date sur la réouverture de ses frontières.

Les voyageurs doivent traverser ces deux provinces avant de prendre le bateau vers l’archipel.

Des véhicules immatriculés au Québec entrent sur le traversier.

Des véhicules immatriculés au Québec embarquent sur le traversier à Souris, à l'Île-du-Prince-Édouard, le 28 mars 2020.

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

Depuis le début de la pandémie de la COVID-19, seuls les voyages jugés essentiels sont autorisés. Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, craint l’isolement et l’asphyxie économique des Madelinots. Selon lui, plus de 1500 emplois dépendent de l’industrie touristique.

Plusieurs entreprises du secteur ne survivront pas à un été sans visiteurs. Ça va être difficile d’avoir un seuil de rentabilité notamment pour ceux qui ont fait des investissements majeurs aux cours des dernières années. J’espère que tout le monde va passer au travers, mais je serais le premier surpris, avoue M. Déraspe.

Santé et ouverture aux visiteurs

Damien Déraspe se dit partisan d’une ouverture graduelle. On est insulaire. On a un seul centre hospitalier. On a quatre épiceries. On a vu ce qui s’est passé dans le coin de la Gaspésie avec deux IGA fermés. Il ne faudrait pas que cela arrive au mois de juillet pour une pharmacie ou un commerce comme ça.

Il y a l’économie, mais il y a la santé d’abord. Chaque perte de vie est triste, peu importe l’âge, la condition. La santé, c’est la priorité pour les Madelinots présentement.

Une citation de :Damien Déraspe, président de Tourisme Îles-de-la-Madeleine

Les autorités madeliniennes ont d’ailleurs demandé à Québec la permission d’imposer une quarantaine aux visiteurs de l’archipel après la levée des barrages interrégionaux, le 18 mai prochain, jusqu’à la mi-juin.

Un peu de visite quand même

Aux Îles, l’achat local demeure limité, d’autant plus que les deux principaux secteurs d’activités, les pêches et le tourisme, laisseront cette année plusieurs travailleurs sur le carreau.

La parenté, les gens des Îles qui travaillent sur le « continent » et les Madelinots d’adoption constituent chaque été une bonne partie du contingent de visiteurs.

Ces ex-Madelinots en vacances, qui louent la plupart du temps des maisons ou des chalets dans l'archipel, constituent une petite clientèle estivale pour les commerçants des Îles.

Des bâtiments sur le bord de l'eau.

Le secteur touristique du Havre-Aubert aux Îles-de-la-Madeleine (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Ces visiteurs seront au rendez-vous si les autorités sanitaires leur permettent de voyager, croit Damien Déraspe.

Il évalue qu'ils représentent entre 30 et 40 % de ceux qui viennent passer du temps aux Îles. Ils réservent année après année. Ils viennent passer deux, trois, quatre semaines aux Îles parce qu’ils ont un père, une mère, grand-mère, une tante, peu importe.

La prudence restera de mise

Avec moins d’une dizaine de cas, la population madelinienne craint que des visiteurs importent le SARS-CoV-2 aux Îles-de-la-Madeleine. Tout le monde est bien inquiet de ça, admet M. Déraspe. Ce n’est pas parce que c’est un Madelinot qui arrive qu’il est moins à risque qu’un visiteur qui n’a pas de famille ici.

Il y a eu d’autres crises, souligne M. Déraspe. On a toujours passé au travers.

Pour gagner sa vie, cette année, Damien Déraspe se tournera vers le transport scolaire. On va se serrer la ceinture jusqu’en 2021 pour être prêt pour la relance.

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