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Dans Montréal-Nord, peu d'enfants retourneront à l'école avant septembre

Un rétroviseur d'autobus scolaire.

Dans le reste du Québec, le retour en classe au primaire a eu lieu le 11 mai.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Radio-Canada

Peu d'enfants de Montréal-Nord risquent de se retrouver sur les bancs d'école le 25 mai prochain, sans égard au déconfinement des établissements d'enseignement primaire dans la grande région de Montréal.

Un peu moins de 20 % des parents de Montréal-Nord, l'un des quartiers les plus durement touchés par la COVID-19 dans la province, ont signifié qu'ils avaient l'intention de renvoyer leurs enfants à l'école d'ici la fin de l'année scolaire, advenant le déconfinement.

La plupart (67 %) n'ont carrément pas l'intention de renvoyer leur tout-petit en classe dans deux semaines, et 15 % se disent encore indécis.

Après l'annonce du déconfinement du primaire, le gouvernement du Québec avait indiqué qu'il tablait sur un scénario où environ la moitié des enfants de la province serait de retour en classe.

Bien qu'ils soient variables selon les établissements scolaires, les taux de fréquentation tournent plutôt autour de 60 % et sont même parfois plus élevés.

Inquiétude et tristesse

À Montréal-Nord, les parents sont inquiets. Il me semble que contenir des enfants de première année, de maternelle, à distance de deux mètres... Pour moi, c'est impossible, a affirmé Marilyn Trudel.

La mère de famille était à l'école primaire Jules-Vernes mercredi pour récupérer les effets personnels de sa fille, qui ne retournera pas en classe avant septembre. Elle s'est dite trop inquiète.

Les parents se sont ainsi succédé pour récupérer, à tour de rôle, le matériel des élèves, dont la plupart ne seront donc pas de retour avant l'année prochaine.

Je suis très triste de venir chercher ces cahiers-là et que mes enfants ne puissent pas finir l'école correctement cette année, a confié Adil Lhlou.

On voit que le nombre de cas augmente chaque jour, surtout ici, à Montréal-Nord, donc on ne risque pas d'envoyer les enfants, pas pour le moment, a quant à lui fait savoir Kebli Salim.

On ne sait jamais si nos enfants, ils peuvent nous rapporter le virus. Et on peut contaminer d’autres personnes, donc on prend zéro risque.

Une citation de :Kebli Salim, un père de Montréal-Nord

Gare au décrochage

Montréal-Nord est le quartier le plus pauvre de la province, et même l'un des plus pauvres du pays. Le taux de diplomation y est plus bas qu'ailleurs, et le taux de décrochage, plus élevé.

La perturbation du calendrier scolaire par la pandémie fait donc craindre un effet négatif sur la motivation et la réussite des élèves. C'est le cas de Wilmann Edouard, de l’organisme Pour 3 Points, qui travaille auprès des jeunes.

Il y a une certaine inquiétude sur le cheminement académique et la peur qu'ils accumulent des retards qui mèneraient vers le décrochage, a expliqué M. Edouard.

D'après un reportage de Jean-Philippe Robillard

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