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Une campagne pour sauver le Campus Saint-Jean

Une affiche identifiant le Campus Saint-Jean.

Le Campus Saint-Jean a été durement touché par les récentes compressions budgétaires en éducation.

Photo : Radio-Canada / Jessica L'heureux

L’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) a lancé la campagne Sauvons Saint-Jean qui vise à mettre de la pression sur les gouvernements afin de remédier à la précarité financière du Campus Saint-Jean, l'une des seules institutions universitaires francophones à l’ouest du Manitoba.

On n’a pas fait assez de progrès avec le gouvernement, les portes semblent être fermées, alors compte tenu de la situation [...] on a trouvé que c’était important que la communauté soit au courant de ce qu’il se passe, explique la présidente de l'ACFA, Sheila Risbud.

Sheila Risbud.

La présidente de l'ACFA, Sheila Risbud.

Photo : Radio-Canada / Jocelyn Boissonneault

La campagne de l’ACFA se déclinera en trois volets. D’un côté, les citoyens sont invités à envoyer des lettres au premier ministre Jason Kenney ainsi qu’au ministre de l’Éducation supérieure Demetrios Nicolaides, puis à partager leur préoccupation sur les réseaux sociaux.

La semaine prochaine, les citoyens seront ensuite invités à des rencontres virtuelles afin d’échanger sur l’importance du Campus Saint-Jean pour la francophonie de l’Ouest et de proposer des solutions.

C’est le seul endroit à l’ouest du Manitoba où les gens peuvent faire leurs études complètement en français.

Une citation de :Sheila Risbud, présidente de l’ACFA

Il s’agit aussi de l’institution qui forme les professeurs francophones de l’Ouest canadien, explique-t-elle en ajoutant qu’une disparition de certains programmes aura un impact certain sur le système scolaire francophone de l’Ouest.

Une entente avec les Oblats

Lorsque le Campus Saint-Jean, fondé en 1908, devient une faculté de l’Université de l’Alberta, une entente est conclue entre les pères Oblats, l’Université, la province et le fédéral pour s’assurer de la pérennité de l’institution.

Les pères Oblats ont transféré leur pouvoir à l’ACFA, ce qui veut dire que c’est maintenant au tour de l’organisme de s’assurer du respect des engagements pris dans l’entente.

On se trouve maintenant dans une situation où l’esprit de l’entente n’est clairement plus respecté, elle en est même brimée, affirme Sheila Risbud.

L’ACFA n’exclut pas un recours judiciaire si la situation ne change pas.

Une situation précaire

Pendant trois ans, les chargés de cours ont accepté de diminuer leur salaire pour permettre la constitution du fonds de réserve, qui sert à financer les cours à long terme. À la suite des compressions budgétaires en éducation supérieure, le gouvernement albertain a toutefois interdit aux universités de puiser à même leur réserve pour minimiser l’impact sur leur budget.

Le doyen du Campus Saint-Jean, Pierre-Yves Mocquais

Le doyen du Campus Saint-Jean, Pierre-Yves Mocquais

Photo : Radio-Canada

Même si le gouvernement provincial nous autorisait à utiliser nos réserves, ça ne réglerait aucunement le problème fondamental qui est que nous ne recevons pas suffisamment de financement comme ça devrait être le cas, souligne le doyen.

Il faut regarder les choses en face, la situation financière du Campus Saint-Jean n’a jamais été bonne.

Une citation de :Pierre-Yves Mocquais, doyen du Campus Saint-Jean

Il est absolument essentiel, selon lui, de garder intact un campus entièrement francophone à l’Université de l’Alberta pour permettre aux étudiants de vivre leurs études en français. Mais pour se faire, cela nécessite un financement adéquat, dit-il.

Il faudrait entre 2 millions et 2,5 millions [de dollars] de plus que ce que nous avons pour permettre au Campus Saint-Jean de fonctionner normalement, indique Pierre-Yves Mocquais.

Appui de la francophonie nationale

La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), qui avait été directement impliquée dans la campagne pour la survie de l’Université de l’Ontario français, a appuyé l’initiative de l’ACFA. Entre les fonds alloués par le fédéral via le protocole des langues officielles en éducation qui sont gelés depuis 2003 et les récentes compressions budgétaires en éducation du gouvernement albertain, le Campus Saint-Jean peine à fonctionner normalement, explique son doyen, Pierre-Yves Mocquais.

Une institution francophone attaquée requiert une réaction de l’ensemble de pays, soutient le président de la FCFA, Jean Johnson.

La campagne va fonctionner si la mobilisation citoyenne se fait.

Une citation de :Jean Johnson, président de la FCFA

Déjà, des réactions de la communauté francophone fusent de partout au pays.

Nous savons à quel point toute université francophone est importante pour l’avancement et la vitalité du peuple qui l’a construit, a indiqué la présidente de la Société Nationale de l’Acadie, Louise Imbeault, dans un communiqué.

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