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De la panique au calme : que consomment les Canadiens durant la pandémie?

Une file de personnes portant un masque attendant avec leur panier d'épicerie.

Des dizaines de personnes font la file pour aller faire des courses chez Costco à Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Après une vague d'achats de panique au début de la pandémie de COVID-19, les Canadiens ont un peu ralenti leurs dépenses dans les épiceries, mais les ventes le mois dernier étaient encore bien au-dessus de la normale dans plusieurs catégories de produits.

L’annonce du confinement a fait bondir les ventes dans les épiceries du pays : les achats dans les deuxième et troisième semaines de mars ont dépassé de plus de 40 % ceux recensés au cours de la même période, l’an dernier, selon un rapport de Statistique Canada.

Les ventes ont depuis diminué par rapport à ces sommets, qui reflétaient les achats impulsifs des Canadiens qui se sont rués dans les épiceries lorsque les mesures de confinement ont été mises en place, explique Sylvain Charlebois, expert du secteur agroalimentaire.

Voir des tablettes vides a fait en sorte que les gens ont acheté par panique.

Sylvain Charlebois, directeur du laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire, Université Dalhousie

Les achats de papier de toilette ont presque quadruplé à la mi-mars, mais se sont stabilisés au cours des semaines suivantes, selon le rapport de Statistique Canada.

Pendant la deuxième semaine du mois d’avril, les ventes de désinfectant pour les mains ont bondi de 345 % par rapport à la même semaine en 2019, alors que les achats de gants et de masques ont augmenté de 114 %.

Un homme et son panier d'épicerie rempli de papier hygiénique dans un magasin.

Les ventes de papier hygiénique dans les épiceries ont presque quadruplé à la mi-mars, selon Statistique Canada.

Photo : Radio-Canada

M. Charlebois explique que le type d’achats impulsifs a rapidement évolué au cours des dernières semaines.

Les produits qui se sont le plus vendus au Canada, les deux premières semaines, c'étaient le macaroni au fromage et le beurre d'arachide, affirme le chercheur. Et maintenant, ce n'est plus ça du tout. Ce sont des ingrédients qu'on utilise souvent en cuisine – farine, levure, sucre, oeufs – on transforme notre alimentation à la maison.

Avec la saison du barbecue qui s’installe, il prévoit que les viandes et les protéines végétales seront les prochains produits convoités en masse par les Canadiens.

Les sorties au bar ou au restaurant n’étant plus une option, les ventes de vins et de bière dans les épiceries ont connu une hausse de 76 % lors de la troisième semaine de mars, selon le rapport.

Les achats de filtres à café, eux, ont augmenté de 80 % au cours de cette même période, l’accès aux cafés étant limité.

Les ventes de certains produits ont connu toutefois des baisses dans les épiceries au pays. Les ventes de fleurs, par exemple, ont chuté de 47 % lors de la fin de semaine de Pâques, par rapport à l’an dernier.

Des produits de maquillage

Les ventes de produits de beauté ont diminué depuis le début du confinement.

Photo : Radio-Canada

Les Canadiens semblent aussi délaisser leur routine beauté et se laisser pousser les cheveux, bien que certains tentent de se les couper eux-mêmes. À la fin mars, les achats de maquillage et de produits cosmétiques ont baissé de 44 % par rapport à l’année précédente, alors que les ventes d’outils pour couper et coiffer les cheveux ont reculé de 34 %.

Au début du confinement, les consommateurs ont aussi fait leurs emplettes de condoms, de lubrifiant et de tests de grossesse. Les ventes de produits de planification familiale ont cependant ralenti en avril.

Moins de dépenses

Selon un sondage de Paiements Canada, qui est responsable de l’infrastructure et du règlement des transactions au pays, les trois quarts des consommateurs disent moins dépenser depuis le début de la crise sanitaire.

Les Canadiens restent chez eux et sortent beaucoup moins. Il y a beaucoup moins d'occasions de dépenser de l'argent, en particulier de l’argent comptant, affirme Cyrielle Chiron, chef de la recherche chez Paiements Canada.

Elle rappelle également que de nombreux travailleurs ont perdu leur emploi ou travaillent moins d’heures, en raison de la pandémie.

Le sondage commandé par Paiements Canada a été réalisé en ligne auprès de 1504 adultes canadiens entre les 17 et 19 avril 2020. Un échantillon probabiliste avec le même nombre de répondants aurait une marge d’erreur de +/- 2,53 %, 19 fois sur 20.

L’économiste Shari Eli affirme qu’en période de récession, les habitudes des consommateurs changent radicalement.

Durant la Grande Dépression, nous avons vu chuter l’achat de produits durables, comme des véhicules, et de produits semi-durables, comme des vêtements. Mais on observe une hausse de la consommation des denrées périssables, de nourriture.

Shari Eli, professeure au Département d’économie, Université de Toronto

Nous observons une tendance très semblable aujourd’hui, ajoute-t-elle.

Shari Eli.

L'économiste Shari Eli affirme que les consommateurs achètent différentes catégories de produits, en période de récession.

Photo : Université de Toronto

Les consommateurs ont tendance à acheter davantage de biens essentiels moins coûteux et de restreindre leurs achats de produits durables et luxueux. Il est difficile de prévoir, pour bien des gens, s’ils auront un emploi et une source de revenus au cours des prochains mois, explique l’économiste.

Place aux paiements sans contact

Selon le sondage de Paiements Canada, six personnes sur 10 (62 %) utilisent moins l’argent comptant durant la pandémie de COVID-19, au profit des paiements sans contact. Parmi les répondants, 42 % ne vont que là où le paiement sans contact est offert, une tendance qui prenait de l’ampleur même avant la crise sanitaire, souligne Mme Chiron.

Pour freiner la propagation du coronavirus, de nombreux commerces ont cessé d’accepter les billets de banque et les pièces de monnaie. Certaines compagnies de cartes de crédit et des banques, dont le Mouvement Desjardins, ont augmenté la limite autorisée pour les paiements sans contact.

Une carte de débit et un terminal.

La popularité des modes de paiement sans contact s'est amplifiée depuis la pandémie, selon Paiements Canada.

Photo : Getty Images

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