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Des travailleurs à la santé précaire mis à risque par leur CISSS, selon leur syndicat

Gros plan sur un masque de protection N95.

Le CISSS des Laurentides considère que les cinq employés sont en mesure de se présenter sur les lieux de travail.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

Cinq employés du secteur de la santé font l'objet d'un bras de fer entre leur syndicat et leur employeur, le Centre intégré de la santé et des services sociaux (CISSS) des Laurentides. Selon le syndicat, l'employeur a refusé le télétravail pour ces employés et, dans certains cas, le retrait préventif.

Avant la pandémie, ces personnes travaillaient en milieu hospitalier dans les secteurs de l'administration ou en hygiène et salubrité. Le syndicat affirme que l'employeur a refusé que ces employés fassent du télétravail.

Steven Fleurent, du Syndicat des travailleuses et travailleurs en santé et services sociaux des Laurentides, affilié à la FSSS-CSN, cite le cas d'une dame immunosupprimée qui s'est vu refuser un retrait préventif et que l'employeur a voulu réaffecter dans une espèce de bureau, un aquarium.

Cette dame aurait eu aussi à se déplacer sur les lieux de travail, ce qui aurait rendu la distanciation physique inapplicable, dit M. Fleurent, qui ne comprend pas pourquoi l'employeur s'entête à refuser le retrait préventif à quatre personnes, dont cette dame.

On parle de quatre dossiers là, pas de dizaines, dit M. Fleurent, qui soutient que ces employés ont reçu de leur médecin traitant respectif un certificat signifiant clairement qu'ils sont à risque d'importantes complications advenant qu'ils soient infectés par le coronavirus.

Ces médecins eux-mêmes ne comprennent pas pourquoi leur avis est ainsi écarté, affirme M. Fleurent.

Quant au cinquième employé dans cette affaire, il n'a pas demandé de retrait préventif.

Des cinq employés dans ce litige, deux ont vu leur droit de refus au travail rejeté. Malgré toute l'information apportée aux réviseurs, la décision de l'employeur a été maintenue, dit le syndicat.

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs en santé et services sociaux des Laurentides a soumis trois de ces dossiers à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), qui n'a pas encore statué.

Le droit de refus

Selon la CNESST, un travailleur a le droit de refuser d'exécuter un travail qui présente un danger pour lui ou pour une autre personne. Il doit rester disponible sur les lieux de travail pour exécuter d'autres tâches, s'il y a lieu. Il ne peut être congédié parce qu'il exerce son droit de refus. Il peut continuer à recevoir son salaire et aucune sanction ne peut lui être imposée.

Le CISSS répond

Une lettre envoyée par le syndicat le 24 avril dernier à Éric Goyer, directeur de la santé publique des Laurentides, est restée sans réponse de la part de ce dernier.

La réponse est plutôt venue d'une coordonnatrice du CISSS, Karine Bélisle, dans une lettre dont Radio-Canada a obtenu copie.

Mme Bélisle écrit que le CISSS applique les directives et recommandations de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), [...] lesquelles ne prévoient pas automatiquement un retrait du travail lorsque le travail à domicile n'est pas possible. Ces recommandations intérimaires de l'INSPQ visent à protéger les travailleurs immunosupprimés ou souffrant de maladies chroniques.

À Radio-Canada, les communications du CISSS ont affirmé en outre que, en raison de son état de santé, le salarié doit faire partie d'un des groupes ciblés à risque élevé de complications lors d'une infection par SARS-CoV-2, responsable de la COVID-19.

Pour des raisons de confidentialité, nous ne pouvons nous prononcer sur des cas particuliers, écrit le CISSS.

Steven Fleurent reconnaît que le dossier médical des employés en cause ne comporte pas autant de facteurs aggravants que ne le prévoit l'INSPQ. Mais ils ont néanmoins une santé précaire, dit-il : On parle de greffe, d'attente d'opération, de médication à n'en plus finir.

Conséquence : perte de l'ancienneté

Steven Fleurent affirme que ces personnes à l'emploi du CISSS depuis des années se sont vues menacées, par lettre, de perdre leur ancienneté.

De son côté, le CISSS considère que les employés ne se sont pas présentés au travail. Les pertes d'ancienneté que nous avons appliquées ne concernent pas des employés en retrait préventif comme on l'entend normalement, mais plutôt des employés ne se présentant pas au travail alors que la réaffectation est possible, affirme Mélanie Larouche, agente d'information pour le CISSS.

M. Fleurent dit pour sa part que, durant cette période de pandémie, ça change tellement vite que l'INSPQ publie toutes les deux, trois semaines de nouvelles versions de ses recommandations. Dans ce contexte, dit-il en substance, pourquoi s'évertue-t-on à exposer des gens à de graves risques? Ce virus-là, il est tueur, insiste-t-il.

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