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Les détaillants en alimentation contre le masque obligatoire

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un client entre dans l'épicerie IGA de Cantley

Le reportage de Marc-Antoine Lavoie

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

L’Association des détaillants en alimentation du Québec n’a pas l’intention d’obliger les employés ou les clients des épiceries à porter le masque. L’organisme estime que les mesures sanitaires déjà mises en place sont suffisantes.

Le directeur des affaires publiques rappelle que des panneaux de plexiglas ont été installés pour protéger les caissiers et que les surfaces sont désinfectées régulièrement dans l’ensemble des épiceries.

Les locaux où les employés prennent leurs pauses sont aussi nettoyés plusieurs fois par jour.

Le personnel est tenu de se laver les mains selon les recommandations de la santé publique.

La distanciation de deux mètres semble également respectée par une grande partie de la clientèle.

Normalement, on garde la distance de deux mètres. Dans certains magasins, ils donnent des paniers pour s'assurer de la distanciation. Si la distanciation est faite, si les gens qui ont des symptômes restent à la maison et si les gens utilisent les bonnes mesures d'hygiène, toutes ces mesures sont efficaces jusqu'à maintenant, affirme le directeur des affaires publiques et gouvernementales de l’Association des détaillants en alimentation, Stéphane Lacasse.

Il assure que les employés ou les clients qui souhaitent porter le masque auront toujours la liberté de le faire.

On n’empêchera pas les gens de le faire, mais on ne l'obligera pas. La recommandation de la santé publique est du fait que si vous êtes dans un espace restreint de moins de deux mètres pendant un certain laps de temps, il est recommandé de porter le masque. En magasin, ce n'est pas le cas, soutient Stéphane Lacasse.

Confiance minée

Le professeur en publicité sociale de l’Université Laval Christian Desîlets estime qu’il serait bien difficile de rendre le port du masque obligatoire, que ce soit chez les détaillants ou dans une plus grande partie de la société.

Il soutient que les incohérences dans les messages du gouvernement ont miné une partie de la confiance de la population relativement à l’importance de porter le masque.

On est face à un problème de transparence. Le gouvernement nous a dit au début de la crise que les masques n'étaient pas une solution. On a appris par la suite que la principale motivation derrière ce discours, c'était la crainte que les hôpitaux manquent de masques si la population se mettait à en acheter. Le lien de confiance est brisé, affirme Christian Desîlets.

Le professeur craint également qu’une éventuelle obligation de porter le masque crée des divisions dans la population, alors qu’on souhaite au contraire que les gens fassent preuve de solidarité en temps de crise.

Ça ne passera pas auprès d'une partie de la population et ça va créer des tensions. Des gens qui portent le masque vont fusiller du regard ceux qui n'en portent pas. Ça détruit une partie du tissu social. En termes de communications, le gouvernement a fait une bourde, soutient le professeur.

Problèmes d'achat et d'approvisionnement

L’Association des détaillants en alimentation évalue de toute façon que le port du masque obligatoire serait difficile financièrement à supporter pour plusieurs épiciers.

L’approvisionnement en matériel pourrait aussi se révéler complexe.

On a 125 000 employés dans le commerce alimentaire au Québec. C'est beaucoup de monde. Il faudra une disponibilité. C'est encore des dépenses. Depuis le début, on investit pour des mesures sanitaires. Le commerce alimentaire devrait être supporté financièrement, explique Stéphane Lacasse.

Avec les informations de Marc-Antoine Lavoie

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