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Levée des contrôles routiers : inquiétude de la santé publique de la Gaspésie

« J'ai la même inquiétude et la même intuition que tout le monde », affirme sans détour le directeur de santé publique de la Gaspésie.

Un policier discute avec un automobiliste à un point de contrôle routier.

Un contrôle routier (archives)

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Selon le directeur de santé publique de la Gaspésie et des Îles, Yv Bonnier-Viger, la libre circulation entre les régions de Montréal et la Gaspésie prévue à partir de lundi pourrait constituer un risque auquel on ne sera peut-être pas capable de répondre.

Le directeur de santé publique gaspésien et des collègues d'ailleurs au Québec ont donc demandé que des modélisations soient faites pour mesurer l'impact qu'aura la levée des barrages mis en place à la fin du mois de mars pour limiter la propagation de la COVID-19 dans les régions.

Le but est d'éviter de surcharger le réseau de la santé, particulièrement en Gaspésie où la pénurie de personnel limite la capacité d'accueil des hôpitaux.

Il ne faudrait pas avoir plus de cinq hospitalisations par jour, estime le spécialiste en médecine préventive.

Yv Bonnier-Viger suggère donc au gouvernement de bien analyser ces données avant d'autoriser la libre circulation entre les régions.

L'idée c'est d'éclairer cette décision par des données scientifiques.

Yv Bonnier-Viger, directeur régional de santé publique, Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

Mais il semble peu probable que ces modélisations soient disponibles d'ici lundi, comme le souhaite pourtant le docteur Bonnier-Viger.

Gaston de Serres, médecin-épidémiologiste à l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), a mentionné à Radio-Canada que le travail n'était même pas encore commencé. C’est un sujet sur lequel nous travaillerons éventuellement, mais sur lequel tout est à faire, dit-il.

Compte tenu des demandes prioritaires actuelles, je ne sais pas quand ce travail commencera, mais ce ne sera pas à court terme.

Gaston de Serres, médecin-épidémiologiste à l'Institut national de santé publique du Québec

Des élus du même avis que les médecins

Des élus gaspésiens demandent donc que le gouvernement reporte la levée des points de contrôle, le temps que l'INSPQ produise les scénarios réclamés.

Visiblement, ici, pour ce lundi, on n'est pas prêts, alors il faut le maintien du point de contrôle de La Pocatière

Simon Deschênes, maire de Sainte-Anne-des-Monts

À l'instar d'autres élus de la Haute-Gaspésie, Simon Deschênes croit que dans un premier temps, Québec pourrait permettre la circulation entre régions froides pour quelques semaines avant de rouvrir la Gaspésie à tout le Québec.

Si tous les élus ne s'entendent pas sur ce point, la Table des préfets de la Gaspésie revendique aussi un accès aux données scientifiques afin de justifier la levée des barrages routiers.

Pouvoir discrétionnaire?

Interrogé à savoir si un directeur régional de santé publique dispose du pouvoir de maintenir des barrages routiers, Yv Bonnier-Viger souligne qu'il existe une certaine confusion.

Yv Bonnier-Viger lors d'une entrevue.

Yv Bonnier-Viger, médecin et directeur de santé publique, Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

Photo : Radio-Canada

Bien que la Loi sur la santé publique lui permet, en théorie, de limiter ou d'interdire l'accès à la région, la même loi mentionne qu'en cas d'urgence sanitaire, c'est la ministre de la Santé qui prend ces décisions-là, explique M. Bonnier-Viger.

Un document que Radio-Canada a pu consulter démontre pourtant que le docteur Bonnier-Viger était prêt, le 27 mars dernier, à ordonner lui-même la mise en place de barrages routiers, mais il n'a pas eu à le faire puisque le gouvernement en a fait l'annonce quelques heures plus tard.

Ce document laissait entendre que d'autres directions de santé publique régionaux comme au Bas-Saint-Laurent ou la Côte-Nord, étaient prêtes aussi à mettre en place ces mesures unilatéralement.

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