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Le retour au boulot facilité pour certains travailleurs étrangers

Un soudeur travaille, casque de protection sur la tête.

Ottawa permettra aux travailleurs étrangers temporaires d'offrir leurs services auprès d'un nouvel employeur.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le cri du coeur des travailleurs étrangers temporaires, qui ne pouvaient ni toucher de l'aide financière pendant la pandémie de COVID-19 ni se trouver un nouvel emploi, a été entendu. Ottawa veut accélérer leur retour au travail en leur permettant d'offrir leurs services à un nouvel employeur.

À la fin de mars, Radio-Canada signalait la détresse de certains travailleurs étrangers temporaires au pays. Malgré leur mise à pied, plusieurs ne pouvaient pas décrocher un nouveau gagne-pain, car leur permis de travail fermé les liait à un seul et unique employeur.

D'autres n'étaient pas au Canada depuis assez longtemps pour être admissibles à la Prestation canadienne d'urgence. Ils se retrouvaient ainsi dans une situation de grande précarité.

Après plus d'un mois d'attente, le gouvernement fédéral annonce finalement que ces travailleurs étrangers pourront bénéficier d'une voie rapide pour reprendre du service.

Une politique temporaire dévoilée mardi par Ottawa leur permettra de travailler pour un autre employeur que celui qui figure sur leur permis, en attendant qu'un nouveau permis leur soit acheminé.

Les candidats admissibles devront néanmoins respecter certains critères. Ils devront notamment détenir une autorisation d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).

Le ministère promet de traiter les demandes des candidats dans les 10 jours suivant leur dépôt.

Soulagement

Cette annonce est reçue comme une bouffée d'air frais par David Samacoïts-Etchegoin, 31 ans. Ça fait deux mois que je vis sur mes économies, raconte ce Français d'origine établi à Montréal depuis trois ans.

M. Samacoïts-Etchegoin avait quitté son emploi en technologies de l'information avant le début de la pandémie. Il avait déjà obtenu un nouvel emploi dans une autre entreprise, qui lui promettait de l'avancement professionnel.

Je me suis retrouvé dans l'impossibilité de finaliser la transition en récupérant mon nouveau permis à la frontière (canado-américaine), puisque celle-ci avait fermé suite à la pandémie.

David Samacoïts-Etchegoin

Ayant lui-même démissionné pour des raisons qui n'avaient rien à voir avec le coronavirus, M. Samacoïts-Etchegoin n'était admissible ni à l'assurance-emploi ni à la Prestation canadienne d'urgence.

La nouvelle politique temporaire annoncée par Ottawa lui donne l'espoir de retrouver rapidement un revenu stable. Ce que j'entrevois, c'est de retourner à l'emploi d'ici une dizaine de jours, puisque ce sont les délais qui sont avancés. Si c'était le cas, ce serait vraiment un soulagement.

Des oubliés

L'avocat spécialisé en immigration Maxime Lapointe reconnaît que cette politique représente un pas dans la bonne direction.

Ça va aider les gens qui ont déjà un Certificat de sélection du Québec (CSQ) et qui sont en attente d'une résidence permanente, commente Me Lapointe. Eux, ce sera plus facile de se trouver un nouvel emploi et de débuter l'emploi sans avoir le permis de travail approuvé.

Il déplore cependant que la politique d'Ottawa semble ignorer que bon nombre de travailleurs étrangers temporaires, au Québec, n'ont pas encore leur CSQ.

Cela fait en sorte que leur futur employeur devra détenir au préalable une évaluation d'impact sur le marché du travail (EIMT), une procédure qui coûte plus de 1000 $ et qui prend plusieurs semaines à réaliser.

Ces dossiers-là prennent plusieurs mois à être traités, spécialement avec la COVID-19.

Me Maxime Lapointe, avocat spécialisé en immigration
Me Maxime Lapointe, avocat spécialisé en immigration.

Me Maxime Lapointe, avocat spécialisé en immigration

Photo : Radio-Canada

Selon Me Lapointe, le gouvernement fédéral aurait tout simplement dû permettre aux travailleurs étrangers temporaires d'obtenir du boulot auprès d'un autre employeur que celui qui figure sur leur permis, sans que cela soit considéré comme une infraction.

Main-d'oeuvre essentielle

Au moment d'écrire ces lignes, le cabinet du ministère de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté n'avait pas encore répondu aux questions de Radio-Canada.

Dans un communiqué publié mardi, toutefois, le ministre Marco Mendicino expliquait que les travailleurs étrangers temporaires représentent de la main-d'oeuvre essentielle, notamment dans des secteurs clés comme l'agriculture ou la santé.

La nouvelle politique que nous annonçons permettra aux entreprises canadiennes de recruter les travailleurs dont elles ont besoin et aidera les chômeurs à contribuer à l’économie canadienne pendant cette pandémie, disait-il.

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