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Le jardinage urbain, comment s'y prendre?

Une personne met une graine en terre.

La popularité du jardinage urbain en est croissance fulgurante cette année.

Photo : iStock

Alexis Boulianne

Avec le retour en force du soleil, l’isolement à la maison et le nouvel engouement pour l’autonomie alimentaire, l’appel du jardinage s’est rarement fait sentir aussi fortement que ce printemps. Larry Hodgeson, alias le Jardinier paresseux, notait en mars une augmentation de 20 % des demandes de conseils de gens qui veulent commencer à cultiver des légumes.

Mais comment s’y prendre pour démarrer son jardin? Et que faire quand, comme beaucoup de gens vivant en zones urbaines, son espace cultivable se limite à un petit balcon? Suivez le guide!

Évaluez vos capacités

Votre intention est louable, la motivation est présente, vous avez fait vos recherches et vous commencez à planifier votre potager luxuriant, véritable Éden nourricier qui vous fournira en légumes juteux et en herbes aromatiques jusqu’en octobre? Pas si vite!

Surtout si c’est votre première expérience, il est important de commencer petit et d’agrandir votre projet maraîcher à la mesure de vos compétences, qui iront en augmentant les années suivantes. 

Il est bon se rappeler que de viser l’autonomie complète en légumes grâce à la production de son jardin n’est pas une stratégie réaliste pour les néophytes. Pensez donc à encourager les maraîchères et maraîchers locaux en parallèle de votre potager. 

Avoir un potager chez soi a toutes sortes de bénéfices autres que celui de ne plus du tout aller à l’épicerie, tels que l’amélioration du paysage urbain ainsi que la satisfaction de faire pousser quelque chose et de le récolter.

Choisissez votre zone cultivable et vos légumes

Cour arrière, jardin communautaire, balcon, toit… Les espaces cultivables ne manquent pas, même en ville! Consultez les nombreuses références en jardinage du MAPAQ (Nouvelle fenêtre) ou du Jardin botanique de Montréal (Nouvelle fenêtre), et cet excellent guide (Nouvelle fenêtre), pour commencer.

Sachez que le choix de votre zone à cultiver influencera le choix des légumes de votre jardin. Par exemple, les variétés naines de végétaux comme les tomates, les fraises et les pois sont appréciées par les jardinières et jardiniers de balcon, puisqu’elles prennent moins de place et assurent une récolte malgré les petits espaces de culture.

Pour celles et ceux qui débutent, les fines herbes comme le basilic, le thym et l’origan sont un excellent choix. Ces herbes sont assez chères en épicerie et ne se conservent pas très longtemps fraîches. Les radis, topinambours, tomates, bok choys et pois mange-tout sont des choix appropriés aux capacités des néophytes.

Faites un plan

Prenez le temps de comprendre vos besoins en termes d’outils et de matériel. Les jardins de balcon nécessitent des pots ou des boîtes de bonne qualité, qui possèdent des trous de drainage. Vous devrez aussi les remplir avec beaucoup de compost et de la terre de bonne qualité, puisque les arrosages fréquents font en sorte que le substrat perd ses nutriments.

Les jardins communautaires fournissent la plupart du temps de la terre, de l’eau et des matériaux comme du sable. Assurez-vous d’avoir accès à des outils de jardinage, surtout à des pelles, sinon pensez à louer vos instruments de jardinage dans des bibliothèques d’outils comme La Remise (Nouvelle fenêtre).

Faites une liste des légumes que vous voulez faire pousser, en notant en priorité quelques éléments : le temps idéal pour les planter, l’espacement minimum entre deux pousses, l’ensoleillement nécessaire et le temps de maturation. Cela vous permettra de planifier vos bacs ou vos rangs dans le potager. Par exemple, vous pourrez faire un pot plus tôt avec des légumes qui tolèrent bien le froid pour les planter dès maintenant afin d’avoir une première récolte plus tôt dans la saison. L’espacement minimal vous permettra de savoir combien de pots, de bacs ou d’espace de jardin vous aurez besoin, et l’ensoleillement vous indiquera où les placer. Le Jardin botanique de Montréal a un très bon guide (Nouvelle fenêtre) à ce sujet.

Plongez, ou plutôt plantez!

Votre plan est fait et votre matériel est prêt à recevoir vos plantes maraîchères : pensez maintenant à l’endroit où vous allez vous fournir en semences et en plants. Le plus possible, encouragez les semenciers du Québec, qui tiennent des variétés de légumes bien adaptés à notre climat et peuvent aussi vous conseiller très adéquatement sur les méthodes d’agriculture urbaine. Des listes de semenciers québécois peuvent être trouvées ici (Nouvelle fenêtre) et ici (Nouvelle fenêtre)

Si vous décidez de ne pas planter des graines, mais de planter des plants semi-matures, veillez à vous les procurer dans les marchés publics, où vous pouvez vous assurer qu’ils proviennent d’un producteur local. 

Les maraîchers amorceront leur saison en vous offrant les mêmes plants qu’ils ont mis en terre dans leurs champs. Il s’agit d’un bon moyen de gagner du temps en évitant l'étape des semis, mais aussi de s'assurer de bien démarrer ses légumes sans pathogènes. Vous aurez quand même la satisfaction d'avoir mis les mains dans la terre et de voir évoluer vos belles plantes.

Patientez et prenez soin de vos plantes

Elles pousseront toutes seules si vous leur donnez l’environnement dont elles ont besoin. Assurez-vous de les arroser suffisamment, de leur fournir l’engrais approprié et de surveiller les maladies qui pourraient les affaiblir ou les tuer.

Votre récolte sera probablement petite lors de la première saison, mais voyez-le comme un pas dans la bonne direction, celle d’une plus grande autonomie, de nouveaux apprentissages et d’un meilleur contact avec la terre — même si elle est dans des pots!

Votre balcon deviendra un petit havre de paix et d'arômes, alors que vos fines herbes embaumeront l'atmosphère et vous transporteront dans vos souvenirs, chez votre grand-mère ou dans votre restaurant italien préféré. Croquer dans une tomate fraîchement cueillie qu'on a fait pousser nous-mêmes et récolter le fruit de son travail est une expérience sensorielle puissante et sans égal.

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