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Québec n'a pas assez de masques pour les rendre obligatoires, admet Legault

François Legault prend la parole à l'Assemblée nationale.

Le premier ministre du Québec répondait aux questions de l'opposition en Chambre pour la première fois depuis près de deux mois.

Photo : The Canadian Press / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Pressé de questions par l'opposition sur sa gestion de la crise de la COVID-19 lors de la reprise des travaux à l'Assemblée nationale, François Legault a admis qu'il ne peut imposer le port du masque dans les lieux publics et les transports en commun parce que le Québec n'en a tout simplement pas assez.

Les masques qu'on a sont d'abord pour le personnel de la santé, a déclaré sans détour le premier ministre.

Si dans les prochains jours, et on y travaille fort, on a assez de masques pour être capables d'en donner à tous ceux qui utilisent le transport en commun, bien là on pourra avoir la discussion.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

Malheureusement, actuellement, même si on travaille très fort, il n'y a pas la disponibilité de millions de masques qu'on aurait besoin, a ajouté M. Legault.

Des dizaines de millions de masques

Pour rendre le port du masque obligatoire dans les transports en commun, a-t-il expliqué lors de son point de presse quotidien, le gouvernement doit être en mesure d'en fournir aux usagers. Or, dans la mesure où 500 000 personnes empruntent chaque jour le métro de Montréal, sans compter les autobus, Québec devrait disposer de dizaines de millions de masques en réserve, ce qui n'est pas le cas.

Selon le premier ministre, son gouvernement travaille très fort pour sécuriser son approvisionnement de masques, car non seulement il faut fournir les masques, mais il faut que ça soit des masques de qualité.

On a une équipe qui est là-dessus depuis plusieurs semaines pour travailler avec des compagnies québécoises qui pourraient éventuellement nous fournir des dizaines de millions de masques, mais ça va prendre encore quelques semaines. [...] Ce ne sera pas avant le 1er juin.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

En matinée, les trois partis d'opposition se sont prononcés en faveur du port du masque dans les transports en commun et les lieux publics.

Si le Parti québécois et le Parti libéral réclament que la mesure soit obligatoire dans les transports en commun, Québec solidaire estime que la mesure s'avérerait certes utile, mais redoute qu'elle soit contraignante.

Le premier ministre s'est retrouvé sur la sellette à plusieurs reprises au sujet du port du masque ces dernières semaines après avoir soulevé des enjeux légaux et mis en doute l'efficacité réelle de cette mesure de protection. Il a finalement recommandé fortement à tous d'en porter un, quitte à ce qu'ils le fabriquent eux-mêmes.

M. Legault a par ailleurs indiqué en point de presse qu'il était prêt à financer l'achat des masques, répondant ainsi à une demande faite par la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Ottawa ne s'en mêlera pas

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a écarté mercredi toute idée que son gouvernement impose le port du masque sur l'ensemble du territoire, en faisant valoir que l'épidémie progresse différemment selon les régions du pays.

Nous devons permettre aux autorités locales et provinciales d’établir les principes et les guides nécessaires pour leurs citoyens, a-t-il dit, avant de souligner que la meilleure façon de se protéger reste de ne pas sortir de chez soi, si possible, et de se tenir à 2 mètres de toute autre personne en cas de sortie à l'extérieur.

Un masque, selon les experts, peut aider, mais ne doit pas remplacer toute mesure de distanciation sociale qu’on devrait prendre en priorité, a-t-il ajouté.

Les questions se bousculent sur les bancs de l'opposition

Minute de silence à la mémoire des victimes de la pandémie

Reprise des travaux à l'Assemblée nationale du Québec

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Après une interruption des travaux de près de deux mois, les trois partis d'opposition attendaient ce retour en Chambre avec impatience.

La session en cours avait été suspendue de façon abrupte le 17 mars dernier dans le cadre des consignes de confinement décrétées par le gouvernement Legault pour tenter d’aplatir la courbe de contagion de la COVID-19.

Cinquante-six jours plus tard, 36 des 125 députés de la Chambre ont été autorisés à siéger au Salon bleu sous condition de respecter des règles de distanciation physique. Les députés n’ont cependant pas été contraints de porter un masque puisqu’ils sont séparés par une distance de plus de deux mètres.

Sur les bancs de l’opposition, les listes de questions à poser au gouvernement sont longues à la suite de ces deux mois de pandémie. Les politiques de l’État, qui se sont parfois transformées en valse-hésitation, ont soulevé plusieurs interrogations et inquiétudes dans la population.

Tous les ministres du gouvernement de François Legault étaient présents pour répondre aux questions des trois partis d’opposition, à l’exception du ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, et de son collègue Lionel Carmant, ministre délégué aux Services sociaux, qui sont en quarantaine après avoir fait du bénévolat dans des CHSLD.

Le premier ministre Legault n'a pour sa part assisté qu'à la première des deux périodes de questions. C'est la vice-première ministre Geneviève Guilbault qui doit prendre la relève lors de la deuxième séance.

Appel commun à plus de transparence

Dominique Anglade s'adresse aux députés.

La nouvelle cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, a été la première à prendre la parole lors de la période de questions.

Photo : The Canadian Press / Jacques Boissinot

C’est la nouvelle cheffe du Parti libéral du Québec et cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, qui a eu l'honneur de lancer les débats en interpellant le premier ministre François Legault.

Saluant le travail accompli par le gouvernement en cette période de crise, Dominique Anglade a d’entrée de jeu demandé aux caquistes de s’expliquer sur le taux de contagion et de décès qui demeure très élevé au Québec, où plus de 3100 personnes ont été emportées par la COVID-19.

La cheffe de l’opposition a également relancé le gouvernement sur le fait que les Québécois attendent toujours les 14 000 tests de dépistage quotidiens promis il y a plusieurs jours maintenant par les autorités de la santé publique.

Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a lui aussi demandé plus de transparence du gouvernement en soulignant que le Québec, qui représente 23 % de la population canadienne, compte à présent 60 % des décès liés à la COVID-19.

Pour M. Bérubé, il est incompréhensible que le Québec soit aussi pressé d'assouplir les restrictions dans une telle situation.

Tout comme leurs collègues du PQ et du PLQ, les députés solidaires ont réclamé davantage de transparence du gouvernement, tout en demandant de meilleures conditions salariales et la reconnaissance du travail accompli par le personnel des CHSLD et de la santé.

Les drapeaux ont également été mis en berne devant l'Assemblée nationale, à la mémoire des victimes de la pandémie.

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