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Le coronavirus contamine les relations entre l'Écosse et Londres

L'énorme impact économique de la pandémie pourrait influencer les indécis lors d'un éventuel scrutin sur l'indépendance de l'Écosse prôné par la première ministre Nicola Sturgeon.

Nicola Sturgeon se frotte les mains devant une machine distribuant du gel désinfectant.

La première ministre de l'Écosse, Nicola Sturgeon, se désinfecte les mains avant de visiter un hôpital de Glasgow le 10 avril dernier.

Photo : Getty Images / WPA Pool

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après le référendum perdu sur l'indépendance en 2014, puis le Brexit, la pandémie vient empoisonner davantage les relations entre l'Écosse et le gouvernement britannique, malgré la volonté commune de vaincre la maladie.

Et si sa gestion de l'épidémie a valu à la première ministre écossaise Nicola Sturgeon un regain de popularité, la crise engendrée pourrait paradoxalement nuire à l'indépendance de l'Écosse qu'elle défend ardemment, selon des experts.

Après une approche initiale unifiée, des divergences n'ont pas tardé à apparaître sur la meilleure stratégie à adopter pour tenter d'endiguer la propagation du virus, auquel le Royaume-Uni paie un lourd tribut avec près de 33 000 morts, devenant le deuxième pays au monde le plus endeuillé derrière les États-Unis.

La volonté du gouvernement britannique d'amorcer une sortie du confinement a encore creusé l'écart. Quand le premier ministre Boris Johnson annonce dimanche un assouplissement progressif et appelle les Britanniques qui le peuvent à retourner au travail, Nicola Sturgeon prévient que ces mesures ne s'appliquent pas à l'Écosse.

« Permettez-moi d'être franche sur les conséquences si nous faisons ça. Des gens mourront inutilement. »

— Une citation de  Nicola Sturgeon, première ministre de l'Écosse, en réaction à l'annonce de Boris Johnson

La première ministre estime ces assouplissements prématurés en Écosse, où elle juge que le taux de transmission de la maladie demeure trop élevé.

Le bouillonnant dirigeant conservateur décide de ne plus insister sur la nécessité de rester à la maison, mais seulement de rester vigilant? Elle désapprouve ce changement de discours, vague et imprécis, lui grillant la politesse sur ce changement de message avant son allocution télévisée aux Britanniques.

La dirigeante indépendantiste n'est pas la seule à s'opposer au gouvernement de Londres. Les autorités du Pays de Galles et d'Irlande du Nord, deux autres nations constitutives du Royaume-Uni, sont sur la même ligne prudente, ce qui fait craindre un déconfinement disparate au sein du pays.

Une femme joue de la cornemuse debout sur un rempart d'un quai, sur fond de soleil couchant.

Une joueuse de cornemuse joue sur un quai de la plage Portobello, à Édimbourg, à l'occasion du 75e anniversaire de la victoire des Alliés sur les nazis, le 8 mai 2020.

Photo : La Presse canadienne / AP/Jane Barlow

Sturgeon et son parti ont le vent en poupe

Mais Nicola Sturgeon se montre la plus virulente. Et son approche semble séduire ses concitoyens. Selon un sondage YouGov publié la semaine dernière, 71 % des Écossais pensent qu'elle prend les bonnes décisions, contre un score de 40 % pour Boris Johnson, critiqué dans son pays pour avoir tardé à prendre la mesure de l'ampleur de la crise.

Par ricochet, son parti, le Scottish National Party (SNP), a le vent en poupe et recueillerait 51 % des suffrages si des élections devaient se tenir à présent en Écosse, précise l'étude. Le prochain scrutin y est prévu en 2021.

Chris Deerin, collaborateur en Écosse du magazine de gauche New Statesman, estime que Nicola Sturgeon a gagné la confiance des Écossais en restant apolitique durant la crise, en collaborant avec le gouvernement britannique et en traitant les électeurs comme des adultes.

Mais cela pourrait aussi lui jouer un mauvais tour alors qu'elle fait campagne pour un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Écosse, convaincue que la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne fin janvier a changé la donne dans cette région majoritairement europhile.

L'énorme impact économique de la pandémie, avec de nombreuses pertes d'emplois à la clé, pourrait influencer les indécis lors d'un éventuel scrutin sur l'indépendance.

Les gens pourraient être nerveux à propos de l'indépendance, estime Chris Deerin, interrogé par l'AFP. Par ailleurs, la pandémie a également suscité un rapprochement social (...) qui pourrait baisser l'appétit pour l'indépendance, ajoute-t-il.

Marc Geddes, spécialiste de la politique britannique à l'Université d'Édimbourg, abonde dans le même sens. Cette crise est aussi de nature mondiale et le virus ne reconnaît pas les frontières. Et cela pourrait bien enrayer le mouvement indépendantiste parce que cette pandémie nécessite un partenariat et une coopération étroits.

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