•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le personnel de la santé toujours déplacé entre zones chaudes et froides

Le gouvernement préconise pourtant, depuis plusieurs semaines, d’éviter les déplacements des travailleurs de la santé entre unités et établissements pour éviter la propagation du virus.

Une femme portant un masque sort d'une ambulance.

À l'hôpital Notre-Dame, tout comme dans d'autres établissements de la région de Montréal, il arrive que le personnel de la santé change d'unités.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

À Laval, cette infirmière est étonnée. Habituée à travailler en zone froide, c’est-à-dire dans un lieu sans personnes positives à la COVID-19, on vient de la déplacer, pour une journée, dans une zone chaude de l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé.

On m’a dit que c’est correct, qu’après la journée, je n’ai qu’à rentrer et prendre une douche, puis je peux revenir en zone froide. Ça ne me dérange pas d’aller en zone rouge, mais c’est aberrant. Ce n’est pas ce qu’on dit à la télé, témoigne la jeune femme qui a souhaité garder l’anonymat, par crainte de représailles de son employeur.

Dans la région de Montréal, cette situation n’est pas unique. À l’Hôpital Notre-Dame, dans la métropole, des infirmières et des auxiliaires ont évoqué à Radio-Canada des transferts de zones similaires. Pour une journée ou deux, des travailleurs sont appelés à changer d’étages.

Le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal reconnaît la réalité de ces déplacements et plaide un manque de personnel.

Il arrive, dans des cas de force majeure, que nous devions déplacer du personnel d'une unité vers une autre ou encore vers un autre centre d'hébergement en raison d'un manque de personnel, admet Jean-Nicolas Aubé, porte-parole de l’établissement.

On ne peut jamais laisser une unité sans infirmière ou sans personnel de soins d'assistance. En contexte de pandémie, la gestion des horaires dans notre établissement est un tour de force à chaque jour.

Une citation de :Jean-Nicolas Aubé, porte-parole du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal

Sur le territoire du CIUSSS du Nord-de-l’île-de-Montréal, où l’on retrouve l’Hôpital du Sacré-Coeur, qui a été débordé récemment par des éclosions, on assure éviter le plus possible le déplacement de personnel d’une installation à l'autre, surtout ceux qui travaillent en zone chaude.

Nous travaillons sur la stabilité des équipes, mais il arrive effectivement qu'afin de pouvoir assurer la sécurité des soins et éviter un bris de service, du personnel soit appelé à être déplacé. Aucun employé ne devrait être déplacé d'une zone chaude vers une zone froide durant son quart de travail, mentionne Émilie Jacob, porte-parole du CIUSSS.

Québec admet des déplacements

Questionné à ce sujet, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) ne cache pas que ces transferts de travailleurs persistent dans certaines installations, malgré la recommandation de ne pas déplacer le personnel entre les zones chaudes et froides.

Il y a des installations où la recommandation est difficile à respecter afin d'éviter des situations de bris de service. Cette situation peut être liée au manque de ressources qualifiées pour répondre aux besoins pour un quart donné.

Une citation de :Robert Maranda, porte-parole du MSSS

Ce dernier précise que lorsque de telles situations interviennent, les mesures de prévention et contrôle des infections sont appliquées et le personnel bénéficie des équipements de protection individuelle appropriés.

À plusieurs reprises, la ministre Danielle McCann avait également, en conférence de presse, spécifié qu’il ne fallait pas que les gens se promènent entre les établissements, et par unités. Elle jugeait par exemple fondamental, courant avril, que ce soient les mêmes personnes qui interviennent auprès de nos personnes aînées par unités, par établissements, par zones froides, par zones chaudes aussi.

Elle avait alors mis l'accent sur l'importance d'ajouter des ressources dans le réseau de la santé.

En date du 10 mai, on comptabilisait plus de 11 000 absents, selon le MSSS, dont près de 7000 personnes atteintes de la COVID-19 ou en processus de dépistage. Pour les autres, elles sont en isolement préventif, en retrait préventif ou sont atteintes de maladies chroniques ou immunosupprimées, détaille-t-on du côté du ministère.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !