•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les municipalités de l'Ontario veulent moderniser leur système de permis de construction

Construction d'un immeuble de logements où l'on voit en premier plan une pancarte indiquant « entrée chantier ».

Pour de nombreuses municipalités qui fonctionnent toujours avec le format papier, la fermeture des services municipaux a freiné la délivrance des permis de construction.

Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

Nicolas Haddad

Avec la réouverture de l'économie dans la mire, de nombreuses municipalités ontariennes songent à abandonner le format papier pour les demandes de permis de construction.

Moins de 40 des 444 municipalités de la province offrent une solution numérique pour la soumission de plans et de dessins, ainsi que pour le paiement en ligne.

Les municipalités sont coincées à l'âge de pierre et elles doivent aller de l'avant, mais l'ensemble du processus doit être modernisé, estime le vice-président pour l’Amérique du Nord de l’entreprise Cloudpermit, Jarkko Turtiainen.

Un ordinateur portable ouvert sur le site web de Cloudpermit.

L'entreprise finlandaise Cloudpermit offre son service de gestion de permis numérisé à toutes les municipalités ontariennes gratuitement pour six mois, afin de les encourager à prendre le virage numérique.

Photo : Avec l'autorisation de Cloudpermit

L’entreprise finlandaise Cloudpermit offre sa solution numérique de gestion de permis de construction gratuitement, jusqu'à la fin du mois de septembre, à toutes les municipalités de l’Ontario — un marché qui est, selon l'entreprise, similaire à celui de la Finlande où le logiciel a été développé et adopté par environ 200 municipalités.

Jusqu’à présent, une poignée de municipalités ontariennes, dont North Perth, Kincardine, Wainfleet et St Marys, ont accepté de tester son logiciel, et M. Turtiainen déclare avoir une longue liste de municipalités intéressées.

Sans le savoir, on était prêts pour la COVID

La Ville de Windsor était une des premières à adopter un système numérisé de gestion des permis de construction en 2018.

Son spécialiste des transformations numériques, Leslie Wright, estime que lorsque le conseil municipal a décidé que tout le monde devait quitter les bureaux pour être en télétravail, les services municipaux de construction étaient opérationnels en moins de deux jours.

Les plans de construction.

Avec un système de gestion des plans de construction numérisé, les inspecteurs de Windsor n'ont plus besoin de plans imprimés sur format papier. Ils font à présent leurs inspections à l'aide d'une tablette ou d'un téléphone intelligent.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Grâce au système numérisé de gestion des plans de construction, l'inspection des bâtiments à Windsor pourra aussi continuer de se faire sans interruption. On va avoir encore un bon bout de temps de distanciation sociale et nos inspecteurs sont heureux de ne pas avoir à toucher de papier, dit-il.

Arnie Marsman est le directeur des services du bâtiment pour Middlesex Centre, une municipalité au nord-ouest de London qui compte 20 000 résidents et qui est passée à un système de gestion de permis numérisé en août 2019.

Être petit ne veut pas dire qu’on ne peut pas avoir une technologie super-avancée.

Arnie Marsman, directeur de la construction, Municipalité de Middlesex Centre

Il estime que quand arrivera la réouverture, les municipalités qui fonctionnent toujours sur un support physique auront un arriéré de paperasse important dans les soumissions qu’elles devront traiter.

Depuis le confinement, on a reçu et validé une centaine de projets qui ont passé l'examen des plans. Les permis pourront être délivrés en ligne [...] dès que la province le permettra, affirme M. Marsman.

Un virage difficile à faire au quart de tour?

En novembre 2017, la Table ronde sur l’approbation des demandes d’aménagement du gouvernement libéral de Kathleen Wynne avait publié un plan d’action qui cherchait à explorer l’élargissement des permis électroniques pour les approbations municipales et provinciales d'aménagement et d’utilisation des terres.

Si l'industrie du bâtiment était déjà engagée sur la voie de l’automatisation des systèmes de permis avant la pandémie, la COVID a accéléré l'urgence de prendre certaines décisions pour faire avancer les démarches, souligne le directeur administratif de l’Association des agents du bâtiment de l'Ontario, Aubrey LeBlanc.

Portrait photographique de Aubrey LeBlanc

Aubrey LeBlanc est le directeur administratif de l’Association des agents du bâtiment de l'Ontario.

Photo : Avec l'autorisation de l'OBOA

Or le défi principal, selon ce dernier, c’est le changement total qu’implique un virage numérique : il y a des transformations techniques, financières, culturelles, et il y a beaucoup d'acteurs... C’est un système très compliqué.

M. LeBlanc estime aussi que la reprise économique est à portée de main, et que l’automatisation n'est pas quelque chose qui peut se faire dans les trois prochaines semaines, mais plutôt un projet qui se planifie à long terme.

Il voit la COVID-19 comme un rappel que la numérisation des systèmes de gestion est un chemin intelligent à suivre qui permettra plus d'efficacité, de volume, et de vitesse, mais que les véritables bénéfices ne se verront que quand un plus grand nombre de municipalités dans la province y participeront de façon à permettre aux différentes villes de travailler avec le même réseau de données, comme c’est le cas en Finlande.

Le vrai gain, ce sera quand tout le monde sera de la partie, souligne Aubrey LeBlanc.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !