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Étions-nous psychologiquement prêts à « voir la mort en pleine face » ?

Gros plan sur un cercueil.

Les salons funéraires doivent s’adapter à la nouvelle réalité pendant la pandémie de la COVID-19.

Photo : Kzenon/Shutterstock

Ils les ont côtoyés durant des mois, voire des années dans les résidences pour aînés et les CHSLD. En quelques semaines seulement, les travailleurs de la santé en Mauricie ont assisté, impuissants, au dernier souffle de 96 personnes. C’est sans compter ceux qui sont morts à l’hôpital. On dénombre aujourd’hui 127 décès dans la région.

En raison des mesures de confinement, les proches ont dû faire leurs adieux par téléphone ou par Internet.

Normalement, en CHSLD on est très pro-famille, proches aidants. On veut que les gens soient présents autour de la personne. La pandémie nous prive de ça. C’est vraiment ça la tragédie de cette crise-là, se désole le Dr Frédéric Picotte. Voir des gens qui meurent plus seuls que d’habitude, comme on ne voudrait pas le voir c’est dur pour les équipes. Ça reste en tête quand on se couche le soir.

Les chiffres donnent le vertige. Plus de 286 000 décès à travers le monde et environ 5000 au Canada, dont 3000, seulement au Québec.

Maintenant dans notre société, on n’a plus de contact avec la mort. On n’a même plus de contact avec la mort au salon funéraire, on a une petite urne avec des cendres et une photo à côté. La mort, elle a été évacuée de notre société et actuellement, pour les gens qui travaillent en CHSLD c’est de voir la mort en pleine face!

Dre Diane Robert

Les rites funéraires bouleversés

Pour éviter tout risque de transmission par les fluides corporels, les thanatopracteurs n’ont pas l’autorisation d’embaumer quelqu’un qui a contracté la COVID-19.

Pour plus de clarté, nous avons modifié légèrement les deux paragraphes qui suivent.

À la Coopérative funéraire de la Mauricie, il est possible de procéder à une inhumation dans un cercueil scellé.

Dans ce temps-là, on rejoint la famille directement au cimetière et on procède à la mise en terre, explique Isabelle Pronovost, directrice générale à la Coopérative funéraire de la Mauricie.

L’incinération est donc la seule façon de faire qui permet de repousser à une date ultérieure la tenue d’une cérémonie hommage au salon funéraire.

Certains établissements acceptent toutefois qu'un cercueil fermé soit exposé avant sa mise en terre, selon la Corporation des thanatologues du Québec.

Distanciation sociale oblige, ce sera sans accolade ni réconfort physique.

On fait vraiment comme un horaire avec la famille. De 1h à 1h30 c’est tel petit groupe, on y va au compte-gouttes.

Isabelle Pronovost, dg à la Coopérative funéraire de la Mauricie

Ça ne plaît pas à tous. Plusieurs ont choisi de reporter les cérémonies à une date ultérieure.

On conserve toutes les urnes ici temporairement, éventuellement quand on va pouvoir procéder, ça va être une planification assez exceptionnelle pour satisfaire toutes les familles, ajoute Mme Pronovost.

Lorsque les rassemblements seront à nouveau permis, il est déjà acquis que des cérémonies devront se tenir même en pleine semaine, de jour comme de soir, afin de saluer une dernière fois les nombreuses victimes d’un virus désormais historique.

D'après les informations de Jonathan Roberge

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Mauricie et Centre du Québec

Santé physique et mentale