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Les infirmières veulent que les foyers d'aînés soient intégrés aux équipes de santé

Des mains d'ainés tenus par du personnel prodiguant les soins à domicile

Les services à domicile et les soins virtuels dans les foyers de longue durée devraient être prioritaires selon l'association des infirmières autorisées de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / iStock

Jean-Philippe Nadeau

L'association des infirmières autorisées de l'Ontario presse le gouvernement Ford d'intégrer les résidences de soins de longue durée dans les équipes de santé de la province à la lumière de la crise de la COVID-19. Dans un rapport qu'elle a dévoilé mardi, elle suggère plusieurs recommandations pour mieux répondre aux besoins des personnes les plus vulnérables de ces foyers.

Il s'agit du troisième rapport du genre depuis 2012, mais la pandémie force l'association à demander une transformation radicale du système de santé en Ontario à la lumière de la situation dans les centres de soins de longue durée qu'elle qualifie de catastrophique.

D'entrée de jeu, l'association ne jette toutefois pas la pierre à ces établissements pour le taux de mortalité élevé qu'ils affichent depuis le début de la crise.

Elle ne rejette pas plus la faute sur l'actuel gouvernement ou les précédents d'ailleurs. Elle rappelle que la pénurie de personnel dans certains secteurs de la santé et le sous-financement chronique ne datent pas d'hier.

Une infirmière portant un masque et des habits de protection pousse un chariot dans le couloir d'un hôpital.

Une infirmière vêtue d'un équipement de protection individuelle.

Photo : Reuters / Francois Lenoir

Une réforme est néanmoins urgente selon elle pour intégrer les résidences de soins de longue durée au sein de nouvelles équipes de santé que les conservateurs ont mises en place en 18 mois en Ontario.

Ces foyers n'étaient pas plus chapeautés par les RLISS sous les libéraux avant que ces réseaux ne soient éliminés après l'élection générale de juin 2018.

Ces équipes de santé comprennent à l'heure actuelle les hôpitaux, les médecins et les fournisseurs de soins à domicile et ceux en milieu communautaire. Les foyers de soins de longue durée en sont exclus.

Une femme parle à un journaliste.

La ministre des Soins de longue durée, Merrilee Fullerton, est responsable des soins dispensés dans les foyers d'aînés de la province.

Photo : Radio-Canada

À l'heure actuelle, si un centre de soins de longue durée a besoin d'un psychiatre, il doit en trouver un, le faire venir en personne auprès du malade et payer ses honoraires. Si le même centre était intégré à une équipe de santé, il aurait accès à un répertoire de psychiatres de l'équipe régionale la plus proche et le médecin n'aurait qu'à facturer la province.

La présidente-directrice générale de l'association, Doris Grinspun, voit dans l'intégration de ces foyers aux équipes de santé une façon de mieux distribuer les ressources humaines et matérielles dans les établissements de soins de longue durée.

Doris Grinspun, PDG de l’Association des infirmières autorisées de l’Ontario en entrevue

Doris Grinspun, PDG de l’Association des infirmières autorisées de l’Ontario

Photo : Radio-Canada

Pour l'heure, Mme Grinspun croit que les pensionnaires dans ces foyers ont complètement été oubliés depuis le début de la crise. Elle se dit convaincue que des malades auraient peut-être survécu, si les ressources avaient été mises plus rapidement à leur disposition.

Si ces centres avaient été sous le parapluie des équipes de santé, les patients auraient pu être mis sous respirateurs et les travailleurs de première ligne auraient immédiatement reçu des équipements de protection individuelle comme à l'hôpital.

Doris Grinspun, PDG, Association des infirmières autorisées de l’Ontario

L'association soutient qu'il faut plus d'équipes de santé interdisciplinaires et que les médecins doivent cesser de travailler en vases clos. Il faut mettre l'accent sur des soins à domicile, en particulier des soins spécialisés à ceux qui ont des problèmes de santé mentale comme l'Alzheimer.

Une vieille dame marche à l'aide d'un déambulateur dans un corridor.

Certaines victimes de la COVID-19 étaient atteintes d'Alzheimer.

À défaut d'avoir des soins à domicile, le gouvernement devrait aussi offrir des services de santé en ligne aux pensionnaires dans ces foyers.

L'association rappelle que les auscultations et les examens peuvent par exemple se faire à distance grâce à un médecin spécialiste qui reste à l'hôpital et à une infirmière en résidence à côté du patient.

La formule de financement actuelle doit par ailleurs être revue et corrigée pour mieux refléter la complexité des soins requis, en santé mentale par exemple, et la qualité de vie des malades.

L'association soutient d'ailleurs que les différents gouvernements ont souvent tendance à négliger ce dernier aspect.

Les mains d'un homme âgé.

L'association précise que la qualité de vie des pensionnaires dans les foyers est aussi importante que leur santé.

Photo : iStock

L'association ajoute en outre que les pensionnaires devraient être logés dans des foyers plus petits pour éviter la surpopulation et la propagation éventuelle de virus.

Les pensionnaires et leurs familles pourraient, là où ils le peuvent, participer même à l'élaboration des plans d'aménagement de ces plus petits établissements.

Le rapport recommande par ailleurs des formations plus approfondies, des compétences mieux partagées et un recrutement plus pointu du personnel (infirmières autorisées et praticiennes, préposés aux bénéficiaires...) dans les centres de soins de longue durée.

Quelques recommandations

  • Améliorer l'accessibilité des soins de santé primaires à tous les Ontariens en dehors des équipes de santé.
  • Étendre l'expertise de la province en matière de prévention et de promotion à tous les secteurs de la santé, incluant le privé.
  • Revoir entièrement la formule de financement du système de santé, en particulier pour les soins spéciaux.

Les ministères de la Santé et des Soins de longue durée n'ont pas répondu à nos demandes visant à obtenir leurs réactions.

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