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La COVID-19 stimule les ventes en ligne des savonneries artisanales

Un savon artisanal marbré tout près d'une pile de savons emballés dans du papier.

Les consommateurs sont nombreux à se tourner vers les savons artisanaux depuis la mi-mars.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Le malheur des uns fait le bonheur des autres; l'adage est aussi vrai en temps de pandémie. Alors que plusieurs entreprises peinent à maintenir la tête hors de l'eau, les savonneries artisanales qui ont des boutiques virtuelles font des affaires d'or.

L'entreprise Poussière d'Étoile de Percé reçoit quatre fois plus de commandes en ligne depuis le début de la crise de la COVID.

Il y a eu une explosion sur la boutique en ligne, note la propriétaire Guylaine Dubois. Lorsque j’ai lancé mon gel antiseptique, on a eu 244 commandes en 30 heures.

Guylaine Dubois est photographiée dans sa boutique devant des étagères de produits.

La boutique de Poussière d'Étoile a pignon sur rue au centre-ville de Percé, mais les produits sont également vendus en ligne.

Photo : Radio-Canada

Au Quai de bulles de Kamouraska, la demande en ligne est telle que l'atelier s'active désormais 7 jours sur 7 pour confectionner les savons et préparer les envois postaux.

Les ventes en ligne ont explosé, on parle d’une augmentation de 750 %.

Marie-Julie Boudreau, propriétaire de la savonnerie Quai des bulles
Marie-Julie Boudreau devant un étalage de savon.

La propriétaire du Quai des bulles, Marie-Julie Boudreau a revu son horaire de production sur sept jours pour suivre le rythme des commandes en ligne.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

À la savonnerie artisanale La Fille de la Mer des Îles-de-la-Madeleine, les appels des gouvernements à se laver fréquemment les mains a provoqué un achalandage plus important que celui observé durant le temps des Fêtes dans la boutique en ligne.

C’est mieux que si c’était Noël, lance la propriétaire Ariane Arsenault. Dans le temps des Fêtes, on reçoit 10 à 12 commandes en ligne par semaine, mais ces temps-ci, on peut recevoir de 25 à 30 commandes par jour.

La savonnière en train de manipuler un pain de savon.

Ariane Arsenault note une hausse de 321 % de ses ventes depuis le début de la pandémie.

Photo : Facebook La Fille de la Mer - Savonnerie artisanale

La savonnière madelinienne a même dû embaucher trois employés, alors qu’en temps normal, elle est seule au travail à cette période-ci de l’année.

Des produits doux et locaux

En plus des lavages de mains plus fréquents, les savonnières expliquent ces hausses vertigineuses de ventes en ligne par une prise de conscience collective concernant l'achat local durant la crise.

Il y a tout l’engouement du Panier bleu, explique Marie-Julie Boudreau. L’achat local, ça fait une grosse différence. On a remarqué qu’on avait une grosse hausse de nouveaux clients.

Une dame verse du savon dans un moule.

Les savonnières estiment que les savons artisanaux sont plus doux pour la peau que ceux du commerce, un atout en cette période de lavages fréquents.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Les artisanes observent un fort intérêt des consommateurs pour des savons doux et hydratants, dans le but de minimiser l’assèchement de la peau lié aux nombreux nettoyages quotidiens.

C’est sûr que ça ne se compare pas, un savon artisanal avec un savon du commerce, soutient Guylaine Dubois, qui produit ses savons à partir de lait d’ânesse.

Et les ventes en boutique?

Mais l'essor de l'achat en ligne est-il suffisant pour contrebalancer une probable diminution des ventes en boutique? À quelques semaines d'une saison touristique incertaine, la question demeure entière.

C’est sûr qu’on appréhende un petit peu l’été. La saison estivale dans nos boutiques, ça correspond quand même à 45-50 % de nos revenus annuels.

Marie-Julie Boudreau, propriétaire de la savonnerie Quai des bulles

Habituellement, poursuit Mme Boudreau, nos boutiques sont bondées, ça fait la file. C’est sûr qu’avec les deux mètres de distance, l’achalandage va être diminué, d’autant plus que plusieurs événements et festivals ont été annulés.

L'affiche du Quai des bulles avant la rue en arrière

Difficile de savoir si les touristes seront aussi nombreux cet été à visiter les savonneries de Kamouraska, de Percé et des Îles-de-la-Madeleine.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Ariane Arsenault ne s’en cache pas, elle a une vision plutôt « pessimiste » de la saison touristique dans l’archipel madelinot.

Depuis mars et avril, je vends plus que ce que je vends habituellement à cette période-ci de l’année, mais je ne vends pas aussi bien qu’une journée de juillet dans les boutiques.

Ariane Arsenault, propriétaire de la savonnerie La Fille de la Mer

J’ai deux points de vente aux Îles, ajoute Mme Arsenault, je vais sûrement en laisser un fermé. Je ne peux pas faire rouler deux entreprises à temps plein alors qu’on aura peut-être que 25 %, 30 % ou 50 % de nos visiteurs.

La propriétaire de la savonnerie Poussière d’Étoile, Guylaine Dubois, de son côté, est plus optimiste même si elle est consciente qu’elle va perdre sa clientèle internationale.

Je pense que la saison va être quand même bonne avec les touristes québécois, explique-t-elle. Mais la saison sera très courte, parce qu’habituellement, on a des Européens à partir de septembre.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

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