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COVID-19 : l’application de traçage n'aurait pas beaucoup aidé en Islande

Les autorités locales estiment que son impact dans la lutte contre la pandémie a été minime.

Une femme portant un masque chirurgical regarde son téléphone sur lequel il est écrit COVID-19.

Baptisée Rakning C-19, l’application de traçage islandaise est offerte depuis le début du mois d’avril.

Photo : iStock / kzenon

Radio-Canada

Près de 40 % des Islandais et Islandaises ont téléchargé l’application gouvernementale qui trace les contacts des personnes contaminées par le nouveau coronavirus. C’est l’un des taux de pénétration d’une application de traçage de la COVID-19 les plus élevés au monde, mais les autorités locales estiment que son impact dans la lutte contre la pandémie a été minime.

C’est du moins ce qu’a expliqué Gestur Pálmason, l’inspecteur-détective supervisant le traçage de contacts en Islande, au MIT Technology Review. Selon lui, les méthodes de traçage de contacts manuelles – faire des appels, remplir des questionnaires, etc. – sont beaucoup plus importantes.

La technologie est plus ou moins… Je ne dirais pas inutile, soutient-il. Mais c’est l’intégration des deux [moyens de traçage] qui donne des résultats. Je dirais que [l’application] s’est avérée utile dans quelques cas, mais qu’elle ne nous a pas apporté grand-chose de plus.

M. Pálmason croit que l’impact des applications de traçage a été exagéré par des personnes désireuses de trouver des solutions technologiques à la pandémie.

Un homme porte un masque sanitaire et consulte son téléphone mobile dans le métro de New York.

De nombreux pays, comme la Chine et la Corée du Sud, utilisent des applications de traçage pour surveiller l’évolution de la pandémie.

Photo : Reuters / Lucas Jackson

Baptisée Rakning C-19, l’application de traçage islandaise est offerte depuis le début du mois d’avril. Contrairement à plusieurs des applications que proposent des pays démocratiques, celle-ci se base sur la géolocalisation des téléphones et sur la technologie Bluetooth pour identifier les gens ayant croisér une personne infectée.

L’Islande a choisi de se servir des données GPS parce qu’elle estimait que Bluetooth était trop peu fiable, bien qu’elle soit plus respectueuse de la vie privée.

L’approche islandaise

L’Islande est un cas particulier : le pays d'environ 365 000 personnes est parvenu à aplatir sa courbe sans mettre en place certaines des mesures de confinement plus drastiques qu’on voit ailleurs dans le monde. Elle a environ 1800 cas confirmés de COVID-19 et 10 morts depuis le début de la pandémie.

Bien qu’il y ait des restrictions concernant les rassemblements et les garderies, certains lieux sont restés ouverts avec d’importantes mesures de distanciation sociale, comme les écoles primaires, certains restaurants et lieux de travails.. Les autres établissements scolaires ont aussi rouvert leurs portes au début de mai, et seulement trois nouveaux cas d’infection au nouveau coronavirus ont été rapportés ce mois-ci.

Le village de Vik i Myrdal, en Islande.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Seulement trois nouveaux cas d’infection au nouveau coronavirus ont été rapportés en Islande en mai.

Photo : getty images/istockphoto / NanoStockk

L’Islande a aussi dépisté massivement depuis l’apparition de son premier cas, le 28 février dernier. Environ 13 % de sa population a été testée (Nouvelle fenêtre) pour le nouveau coronavirus en date du 4 mai. À titre comparatif, ce taux est d’environ 3 % au Canada.

Nous travaillons dans un modèle collaboratif avec la population, dit l’inspecteur-détective Gestur Pálmason. Il y a une loi, on peut donner des amendes, mais nous n’en avons essentiellement pas donné : nous avons fait confiance aux citoyens en ce qui concerne le respect des consignes, et ce modèle a fonctionné à merveille, selon moi.

La situation au Canada

On ne sait toujours pas si une application de traçage verra le jour au Canada. Le premier ministre , Justin Trudeau, a confirmé que son gouvernement jonglait avec l'idée d'avoir recours à des moyens technologiques pour tracer les cas de COVID-19, tout en affirmant que les données personnelles des gens devaient être protégées si le Canada choisissait cette voie.

L’Alberta et le Nouveau-Brunswick sont les deux seules provinces ayant confirmé qu’elles offriraient une application de traçage.

Selon les informations de La Presse, plusieurs ministères québécois ont donné le feu vert à une application de traçage qui se sert de données anonymisées de géolocalisation ainsi que de la technologie Bluetooth. Le ministère de la Santé et des Services sociaux n’aurait toutefois pas encore donné son aval à ce projet.

Avec les informations de MIT Technology Review, et New York Times

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