•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La crise sanitaire menace les plans d’études d’étudiants étrangers

Façade extérieure de l'Université de Saint-Boniface.

En 2018-2019, 17 % des étudiants de l’Université de Saint-Boniface venaient de l'étranger.

Photo : Radio-Canada / Thomas Asselin

Radio-Canada

Des étudiants étrangers d'universités manitobaines ne sont pas certains de pouvoir poursuivre leurs études à l’automne dans la province, faisant face à des difficultés financières causées par la pandémie de COVID-19.

Pour de nombreux étudiants que je connais, la réponse pourrait être non, c’est vraiment triste, dit Marie Paule Ehoussou, qui est étudiante à l’Université de Saint-Boniface (USB) originaire de Côte d’Ivoire et vice-présidente aux affaires externes de l'Association étudiante de l’USB ainsi que représentante à la Fédération canadienne des étudiants et étudiantes (FCEE).

Comme beaucoup d’étudiants, Marie Paule Ehoussou a perdu son emploi à temps partiel il y a des semaines.

Certains ont dû utiliser de l'argent mis de côté pour leurs droits de scolarité pour pouvoir payer leur loyer et de la nourriture, dit-elle, une situation qui ne peut durer indéfiniment.

L'étudiante de Côte d'Ivoire Marie Paule Ehoussou, devant une zone résidentielle.

Marie Paule Ehoussou dit débourser 11 000 $ pour une année d'étude à l’USB, soit trois fois plus que ce que payent ses camarades manitobains, selon elle.

Photo : Radio-Canada / James Stapleton

Marie Paule Ehoussou dit être chanceuse de pouvoir compter sur le soutien financier de ses parents pour ses droits de scolarité, mais, sans travail pour payer le reste de ses frais, elle ne sait pas à quoi son avenir va ressembler.

La vie de nos étudiants étrangers est stressante et incertaine, alors que rien n’est de leur faute, dit pour sa part le président de la Fédération des associations des professeurs universitaires (FAPUM) et professeur de biologie à l’Université de Winnipeg, Scott Forbes.

Pas tous admissibles aux aides

Scott Forbes explique que certains étudiants étrangers ne sont pas admissibles aux aides financières provinciales et fédérales.

Roham Garmeh, un étudiant iranien en maîtrise à l’Université du Manitoba, confirme qu’un grand nombre de ses amis ne travaillaient pas assez avant la pandémie pour répondre aux critères de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) d’Ottawa.

Il dit avoir perdu son emploi dans un café en mars et avoir reçu une première partie de l’aide à l’emploi et du revenu du gouvernement provincial avant que son dossier ne soit refusé, car il recevait de l’argent pour une bourse d’études.

Il dit avoir payé 12 000 $ pour la première année d’étude, soit le double des droits de scolarité d’un étudiant manitobain au même niveau.

Il sera finalement admissible à la PCU, après avoir passé de nombreux jours à joindre l’Agence du revenu du Canada. 

Quand tu es stressé, cela a un impact sur tout, dit-il, en ajoutant qu’étudier dans ces conditions n'est pas une tâche facile.

Nous devons faire plus

Dans les dernières semaines, les gouvernements provincial et fédéral ont annoncé beaucoup d'aides pour les étudiants postsecondaires, dont certaines s’appliquent aux étudiants étrangers. 

Selon Scott Forbes, cela n'est pas suffisant pour ces étudiants. Nous devons faire plus, faire beaucoup plus pour les aider, lance-t-il. 

La province versera 15 millions de dollars à l’Initiative de bourses d’études et d’entretien du Manitoba cette année, selon le premier ministre Brian Pallister. Le budget 2020-2021 prévoyait 10 millions de dollars pour ce programme. Les étudiants étrangers pourront postuler, sans toutefois avoir la garantie d’être sélectionnés.

Brian Pallister photographié en gros plan.

Les étudiants étrangers pourront également postuler aux programmes d’embauche pour l’été, dans lequel la province a investi 120 millions de dollars pour inciter les employés à donner des emplois aux étudiants cet été.

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Du point de vue fédéral, les critères d’admission pour l’obtention de permis de travail post-diplôme ont également été élargis, ce qui permet aux étudiants de travailler à temps plein pendant la pandémie dans des services essentiels. 

Gagne-pain pour les universités 

La proportion d’étudiants étrangers dans les universités manitobaines ne cesse d’augmenter et assure une partie des revenus des établissements. Les étudiants étrangers payent deux à trois fois plus pour les droits de scolarité que les étudiants manitobains. 

En 2018-2019, 17 % des étudiants de l’USB étaient étrangers. Ils payent de 9500 $ à 15 000 $ pour leur année à l'université, selon les estimations de l’établissement, ce qui représente les frais d'inscription, d’assurance médicale et de matériel scolaire.

À l’Université de Winnipeg, les étudiants étrangers ont déboursé 15 millions de dollars pour des droits de scolarité l’an dernier, selon un porte-parole, et ils représentent 13 % des inscriptions. 

À l’Université du Manitoba, un diplôme en droit coûte environ 27 000 $ à un étudiant étranger, contre 11 500 $ pour les personnes originaires du Canada ou les résidents permanents. 

Avec les informations de Bryce Hoye

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Manitoba

Éducation