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Le « mou chic » comme prochaine tendance mode?

Une paire de chaussures roses devant un fond rose.

« Si le consommateur veut être confortable, c’est ça que nos designers vont nous offrir éventuellement : c’est un cercle », avance la styliste Marie-Claude Pichette.

Photo : iStock / Deagreez

Troquer « paraître » pour « être » : l’état d’esprit actuel des consommateurs en confinement se reflétera inévitablement sur les prochaines collections dessinées par les grands décideurs de la mode, selon la styliste gatinoise Marie-Claude Pichette. Elle est convaincue que la vague de télétravail hissera le « mou » et les masques sur le podium des défilés… mais pas n’importe comment!

Les vêtements confortables et amples seraient devenus socialement acceptables pour travailler de la maison, selon certains observateurs de la mode, comme Marie-Claude Pichette. Elle avance qu’à la limite, il est même préférable de porter un beau tricot fait de matières naturelles plutôt qu’un complet avec veston et cravate qui semble désormais presque inapproprié derrière un écran dans lequel s’impose un décor aussi intime que son salon.

Depuis quelques semaines, les sorties mondaines et les rencontres d’affaires ne sont plus. La styliste est d’avis que le rapport à la mode a changé alors que les gens restent dans le confort de leur foyer et que, inévitablement, les modes s'ajustent.

On est davantage dans "l'être" que dans "le paraître" et on a moins le goût de se tirer à quatre épingles.

Une citation de :Marie-Claude Pichette, styliste

Cependant, Mme Pichette met en garde contre le laisser-aller, qui pourrait pousser les gens à passer la journée en coton ouaté.

Les vêtements que l'on choisit quand on se lève le matin nous projettent dans un état d’esprit, soutient-elle. Rester en pyjama ne te projette pas dans un mode d'efficacité, et tu n’es pas à ton meilleur.

La spécialiste de la mode conseille plutôt aux gens d’opter pour des matières naturelles et des coupes amples, entre autres en mariant un pantalon de style paperbag à un t-shirt ou encore en pigeant dans la garde-robe de son homme pour oser la chemise ample qui devient très tendance lorsqu'elle est agencée à des bijoux.

Une jeune femme vêtue d'une chemise et d'un jean bleus est assise dans des marches, cellulaire à la main.

« Nos bijoux dorment dans nos tiroirs, alors pourquoi ne pas les mettre en valeur avec des vêtements de base», suggère la styliste Marie-Claude Pichette.

Photo : Getty Images / miljko

Un courant social avant tout

Marie-Claude Pichette explique que la mode se dessine plusieurs mois à l’avance dans les cabinets de tendances, surtout situés en Europe. [Au Québec], les designers planchent donc actuellement sur les collections d’automne, voire d’hiver 2020-2021, et s’inspireront, à son avis, de la pandémie qui sévit présentement.

Dans ces cabinets, il y a beaucoup de sociologues qui analysent les courants planétaires et, en ce moment, on est dans un courant mondial jamais vu. Donc, les tendances qui vont sortir de notre état d’esprit, de notre état d’être, on va les voir arriver, prévoit-elle.

En ce sens, elle s’attend à voir apparaître des versions élégantes de tenues d’intérieur, un « mou chic » qui se taillera une place dans les défilés, tout comme les masques pour le visage, qui ont déjà commencé à faire leur place chez quelques détaillants.

Les créateurs vont vouloir inclure la nouvelle normalité dans leurs nouvelles collections.

Une citation de :Marie-Claude Pichette, styliste
Des masques colorés disposés sur une étagère.

Les masques à motifs font leur apparition dans les magasins de vêtements.

Photo : Radio-Canada / Julie Landry

Déjà, la styliste a observé quelques créateurs québécois qui ont utilisé les retailles de tissus pour confectionner des masques de protection agencés aux tenues créées.

Marie-Claude Pichette conseille quant à elle d’opter pour un masque non pas agencé avec ses vêtements, mais qui soit plutôt passe-partout. Je tenterais de faire en sorte qu’il soit dans ma palette et qu’il s’harmonise bien avec la couleur de mes cheveux et de mon visage, propose-t-elle.

Dans une version antérieure de ce texte, il était indiqué que Marie-Claude Pichette est propriétaire de la boutique Le local. Or, elle n'est pas propriétaire de la boutique, mais offre plutôt des services de stylisme.

Vague locale

Marie-Claude Pichette entrevoit déjà un changement dans la consommation des clients qui semblent vouloir acheter davantage de marques québécoises ou canadiennes. Mais encore faut-il que ces habitudes persistent après la crise pour assurer la survie des entreprises à long terme.

L’industrie de la mode va se transformer : il y aura des survivants et des morts, prévient-elle.

Lorsqu’elle se projette dans l’avenir de cette industrie qu’elle affectionne, la styliste rêve d’un retour à l’essentiel dans lequel les créateurs d’ici auraient une place bien à eux.

Une femme aux cheveux blonds sourit en regardant l'objectif.

Marie-Claude Pichette, styliste

Photo : Radio-Canada

Entre-temps, le printemps s’installe tranquillement et les nouvelles tendances apparaissent, de fil en aiguille.

Est-ce qu’on va être prêts à porter les tendances qui ont été prévues pour nous à l’été 2020? Je ne suis pas certaine, soulève Mme Pichette. Quand on sentira moins la menace planer sur notre santé, sur nos parents, sur nos enfants, là, on sera plus dans un état d’esprit de s’amuser avec la mode.

Et d’ici là, la styliste invite à porter le « mou » en toute créativité.

Avec les informations de Marilou Lamontagne

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