•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'ONU accuse un gestionnaire d’immeubles de Montréal et Toronto de rénovictions abusives

Un bâtiment de briques brunes.

Le logement sur la rue St. Joseph dans lequel habitent Beverly Kreller et son mari Howard Druckman.

Photo :  CBC / Mike Smee

Radio-Canada

La multinationale Akelius, qui possède des milliers de logements à Toronto et à Montréal, achète des blocs d’appartements, souvent avec des locataires qui y vivent déjà, et entreprend ensuite des rénovations des zones communes et des appartements vacants dans le bloc, selon l'ONU.

La rapporteuse spéciale de l’ONU sur le logement Leilani Farha a écrit ces mots dans une déclaration publique le 29 avril. Elle accuse Akelius Residential d’avoir violé le droit de ses locataires en pratiquant la rénoviction de manière abusive.

Le contenu du rapport relate que ces rénovations sont un moyen pour Akelius de faire payer des loyers sensiblement plus élevés aux nouveaux locataires et aux locataires existants, affirmant que ce procédé permettait de contourner les règlements sur l’augmentation des loyers.

Akelius possède plus de 3500 appartements à Toronto, et environ 3900 à Montréal.

Shelly Lee, directrice d'Akelius à Toronto, nie que des personnes soient maltraitées ou forcées de quitter leur domicile.

Notre idée d'entreprise est de permettre une meilleure qualité de vie, affirme Mme Lee. Cela passe par des rénovations, mais aussi par l'amélioration des services.

Notre politique est de ne forcer personne à quitter leur logement et de ne rénover que les logements vacants, a-t-elle expliqué.

Des rénovations presque sans arrêt

Beverly Kreller et son mari Howard Druckman vivent depuis des décennies dans un appartement de la rue St. Joseph, situé au centre-ville de Toronto.

Mme Kreller a affirmé qu'Akelius a acheté le bâtiment il y a environ deux ans. Les travaux de rénovation et d'entretien ont été presque ininterrompus depuis ce temps, explique-t-elle.

À titre de preuve, M. Druckman a montré 38 avis qu'il dit avoir reçus d'Akelius depuis octobre, chacun l'informant d'une perturbation imminente.

Arrêt du chauffage, interruption de l'eau, visite dans les logements, vérification des alarmes incendie, raconte-t-il. Cela a été très perturbateur.

Un bâtiment de briques beige.

Cet immeuble de logements fait partie des sept bâtiments gérés par Akelius à Parkdale.

Photo : CBC / Doug Husby

Akelius surprise de recevoir le blâme

Mme Lee affirme être surprise de la décision de l'ONU de blâmer publiquement Akelius sans demander à l'entreprise sa version des faits.

Toutes ces allégations étaient sans fondement, il n'y avait pas de faits ni de preuves, a-t-elle affirmé. Nous sommes très déçus.

Mme Farha affirme avoir envoyé une lettre à Akelius il y a environ deux semaines, l'avertissant qu'elle était sur le point de publier une déclaration accusant l'entreprise d'abuser des droits de ses locataires.

Elle a déclaré que son rapport complet ne sera pas disponible avant environ six semaines, une fois que celui-ci aura été examiné par les gouvernements du Canada, du Royaume-Uni et de l'Allemagne.

Mme Farha a indiqué qu'Akelius possède 44 000 appartements dans le monde entier, et que sa valeur estimée est d'environ 13 milliards de dollars.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !