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Prendre ses vacances au Canada pour sauver l'industrie touristique

Le Niagara lance un appel aux Québécois.

Le couple pose pour la caméra. L'homme et la femme portent des masques. On peut apercevoir les chutes derrière eux.

Un couple devant les chutes Niagara

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Les entreprises du secteur touristique au pays miseront sur le tourisme local et interprovincial afin de survivre cette saison. Visite dans le Niagara, l'une des régions touristiques les plus populaires au Canada, alors que ces entreprises tentent de sauver les meubles.

Normalement, se stationner près des chutes Niagara est un véritable casse-tête. Poser devant l’une de ces merveilles de la nature est aussi un défi. On doit jouer du coude afin d’obtenir l’espace nécessaire pour un simple égoportrait.

Ces jours-ci, seulement quelques joggeurs et familles circulent sur Niagara Parkway, la route qui longe les chutes. Des rubans jaunes interdisent l’utilisation des jumelles payantes qui permettent d’habitude aux touristes d’observer de plus près le puissant débit des cascades. Devant cette scène, difficile de croire que 14 millions de personnes visitent Niagara Falls chaque année.

Une personne marche au loin sur le chemin en bordure des chutes Niagara. On voit les chutes derrière les clôtures.

En temps normal, on estime que Niagara Falls accueille 14 millions de visiteurs provenant de partout dans le monde chaque année.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

En mars, on a dû mettre à pied la majorité de nos employés, moi y compris. C’étaient les premières mises à pied dans l’histoire de notre compagnie, indique Paul-André Bosc, le président du vignoble Château des Charmes, situé à une dizaine de minutes des chutes.

Fondé il y a 42 ans par son père qui arrivait de la France, son vignoble est pourtant diversifié.

Le Château des Charmes vend ses bouteilles en ligne et notamment dans les magasins de la LCBO. Des mariages sont célébrés au vignoble et des milliers de touristes visitent ses installations chaque année. 

Du jour au lendemain, certains canaux de revenus se sont complètement évaporés. […] Ce n’est pas la première fois qu’on fait face à des défis, mais ça, c’est le pire de tous, raconte M. Bosc.

Située à la frontière de l’État de New York, la péninsule du Niagara reçoit évidemment un bon nombre d’Américains lors de la saison touristique. Au Château des Charmes, ils représentent environ 20 % des visiteurs.

La fermeture des frontières canadiennes ne laisse donc qu’un seul choix aux travailleurs du tourisme de la région.

On voit des fleurs dans l'herbe et au loin les chutes Horseshoe à Niagara Falls.

Les chutes Horseshoe à Niagara Falls

Photo : Radio-Canada

Espérons que les Canadiens visiteront un peu plus le Niagara. Il ne faut pas oublier qu’on est à 1 h 30 de Toronto. […] Montréal n’est pas loin non plus, rappelle M. Bosc, ajoutant qu’il croit que les Canadiens n'auront probablement pas envie de prendre l’avion dans les prochains mois.

L’entreprise de Paul-André Bosc n’est pas la seule dans cette situation difficile.

Selon l’entité de planification de la main-d’oeuvre du Niagara (Niagara Workforce Planning Board), 8000 emplois ont été perdus dans le secteur de l'hôtellerie et de la restauration, de février à avril.

Des jumelles payantes entourant d'un ruban jaune avec l'inscription "caution". On voit les chutes Niagara derrière.

Il est présentement interdit d'utiliser les jumelles payantes qui servent normalement à observer les chutes.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

À Niagara Falls, le propriétaire du bistro Paris Crêpes Café, Thierry Clément, estime que plus de 50 % de sa clientèle est constituée de touristes.

Le restaurateur se dit donc prêt à accueillir les Canadiens qui répondront à l’appel lorsque le contexte le permettra. Il reste toutefois pessimiste.

Pour une région touristique comme Niagara Falls, on aura perdu l’été. Ça veut dire qu’on n’aura pas d’argent pour faire face à ce qui va se passer cet hiver, croit M. Clément.

Le restaurateur souligne également que beaucoup de Canadiens n'auront pas les moyens de voyager hors de leur région.

On voit plein d'enseignes d'hôtels et de restaurants avec personne sur le trottoir.

À Niagara Falls, environ 40 000 emplois proviennent de l’industrie du tourisme, selon Tourisme Niagara. La ville canadienne compte près de 90 000 résidents.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Les Québécois en renfort

Si les propriétaires d’entreprises touristiques du Niagara espèrent que les Ontariens seront nombreux à visiter la région dans les prochains mois, ils souhaitent également accueillir davantage de Québécois.

Traditionnellement, les Québécois ont fait de Niagara Falls l’une de leurs destinations. […] Nos vignobles et nos parcours à vélo ont toujours été populaires auprès d’eux, on espère revoir nos amis du Québec bientôt, souhaite Janice Thomson, la présidente de l’organisme Tourisme Niagara.

Nous sommes la destination de tourisme de loisirs numéro un au pays. On reviendra en force.

Janice Thomson, Tourisme Niagara

Même son de cloche du côté de Susan Morin, directrice du développement économique de l’organisme Entreprise Niagara.

Le Québec a toujours été là pour nous. Ils adorent le vin, bien manger, ils aiment le vélo. On a un très beau produit pour ce marché-là, souligne-t-elle.

Toutes deux croient que les clientèles pouvant atteindre le Niagara en voiture, comme les Québécois, seront susceptibles de venir visiter la région dans les prochains mois.

On voit l'entrée d'une boutique avec l'inscription « fermée » sur la porte.

Selon l’organisme Tourisme Niagara, l’industrie touristique génère des revenus de plus de 2,5 milliards de dollars par année dans l’économie locale.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Des espaces propices à la distanciation physique

L’autre élément qui ravive les espoirs des entrepreneurs du Niagara, c’est la quantité d’espaces verts de la région.

On se trouve dehors la plupart du temps pour faire le tour du vignoble. […] On peut s’écarter, il n’y a pas de problème, on a beaucoup de place, soutient Paul-André Bosc.

Certains organismes ont même déjà commencé à se préparer pour l’après-COVID.

Des rencontres à ce sujet ont d’ailleurs été organisées par la ministre des Industries du Patrimoine, du Sport, du Tourisme et de la Culture de l’Ontario, Lisa MacLeod.

Si les travailleurs du tourisme espèrent que les Canadiens répondront à leur appel, ils s'inquiètent tout de même de ne pas être prêts.

Il faut qu’on soit prêts à les recevoir, parce que les visiteurs qui viennent dans la région, ils ont des attentes. Alors on se prépare en ce moment, résume Susan Morin.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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