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Grand Montréal : le retour en classe pourrait être reporté au 1er septembre

François Legault répond aux questions de journalistes lors d'une conférence de presse.

Le premier ministre du Québec, François Legault.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le gouvernement du Québec n'est pas encore prêt à donner le feu vert au déconfinement de la métropole.

Tandis que les écoles primaires ont commencé à rouvrir leurs portes dans les régions du Québec et que les barrages policiers sont de moins en moins nombreux sur les routes, le Grand Montréal demeure une importante source d'inquiétudes pour la santé publique, a admis le premier ministre Legault, lundi, durant sa conférence de presse.

Encore aujourd'hui, la majorité des décès et des cas d'infection surviennent dans la métropole, a-t-il observé. C'est d'ailleurs pour cette raison que la réouverture des commerces, des écoles et des garderies des 82 municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et de la MRC de Joliette a été reportée au 25 mai.

Et encore, cette date n'est pas coulée dans le béton.

Non seulement les magasins pourraient-ils devoir attendre après le 25 mai pour rouvrir leurs portes, mais il n'est pas impossible que les écoles primaires du Grand Montréal doivent patienter jusqu'au 1er septembre avant de pouvoir rouvrir, a annoncé le premier ministre.

On est tous inquiets de la situation à Montréal, moi le premier.

François Legault, premier ministre du Québec

En cherchant à se faire rassurant, le premier ministre a affirmé qu'il ne prendrait pas de risque et que le processus de déconfinement de la métropole et de ses banlieues se ferait au moment jugé opportun.

Comme pour lui donner raison, le comité exécutif de la Ville de Montréal a renouvelé lundi l'état d'urgence sanitaire sur tout le territoire de l'agglomération jusqu'à samedi.

Cela dit, l'industrie de la construction et le secteur manufacturier ont pu reprendre leurs activités dans la métropole en même temps que toutes les régions du Québec, lundi.

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La pandémie à Montréal : le point de vue des partis politiques du Québec

La santé publique est indépendante, dit Legault

Au sujet du dévoilement vendredi dernier de deux études de l'INSPQ indiquant qu'un déconfinement de Montréal pourrait entraîner la mort de 150 personnes par jour, le premier ministre Legault a soutenu lundi que ce scénario n'arrivera jamais.

Il n'arrivera pas, parce qu'on a décidé de ne pas ouvrir les commerces et les écoles [aux dates initialement prévues], a-t-il expliqué, ajoutant qu'il ne les rouvrirait pas non plus le 25 mai si la situation se perpétuait. Donc, c'est un scénario hypothétique.

Le Dr Arruda en conférence de presse.

Horacio Arruda jure qu'il est totalement indépendant du pouvoir politique.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

M. Legault a certifié que ce n'est pas son gouvernement qui avait décidé de publier les études en fin de journée vendredi, une journée où l'attention médiatique est la plus faible, et a rappelé que l'INSPQ, tout comme le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, jouissait d'une totale indépendance.

J’en ai pris connaissance vendredi après-midi, moi aussi, a-t-il fait savoir, répétant plusieurs fois que la décision de reporter le début du déconfinement montréalais du 18 au 25 mai avait été prise avant qu'il ne consulte les études en question.

Contrairement au PQ, qui réclame la tenue de deux points de presse séparés, le premier ministre croit qu'il peut être utile aux journalistes d'avoir accès aux autorités gouvernementales et sanitaires en même temps. Je ne suis pas un médecin, je ne suis pas un spécialiste, a rappelé M. Legault, selon qui la présence du Dr Arruda à ses côtés reste nécessaire.

Ce dernier se dit pour sa part tout à fait libre et ne voit pas pourquoi la santé publique se livrerait quotidiennement à un exercice de communication différent. À date, les recommandations qu'on a faites, elles ont été suivies [par le gouvernement], a-t-il attesté.

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Montréal au centres des préoccupations

Plus de 3000 morts au Québec

Le bilan québécois de la pandémie dépasse maintenant les 3000 morts. C'est 60 % de tous les décès dus à la COVID-19 au Canada, qui a également franchi le cap des 5000 victimes lundi.

Le premier ministre Legault a annoncé que la maladie avait coûté la vie à 85 personnes de plus, lundi, dont 82 dans le Grand Montréal, pour un total de 3013 victimes au Québec.

À ce jour, 38 469 cas d'infection par le coronavirus ont été confirmés dans la Belle Province. C'est 748 de plus que dimanche.

La mise à jour présentée lundi fait également état de 1838 hospitalisations, dont 193 en soins intensifs, et de 9703 personnes rétablies.

Jusqu'ici, 288 997 tests ont été effectués.

Le Québec est passé la semaine dernière de 6000 à 10 000 tests par jour, mais il n'a pas encore atteint son objectif de 14 000 tests quotidiens.

C'est une des raisons, d'ailleurs, qui a poussé le gouvernement Legault à suivre la recommandation du Collège des médecins et à permettre à d'autres professionnels de la santé, comme les dentistes et les hygiénistes dentaires, d'effectuer des prélèvements.

Cette façon de faire, espère le premier ministre, permettra de bien suivre la situation, autant en région, où l'on veut être certains que ça reste sous contrôle, qu'à Montréal, où l'on veut voir si la situation finit par s'améliorer.

Pourquoi tant de décès?

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, s'étant récemment dit « inquiet pour Montréal » et pour les électeurs de sa circonscription, Papineau, M. Legault a pris quelques minutes lors de sa conférence de presse, lundi, pour expliquer pourquoi le Québec faisait si mauvaise figure à l'échelle du pays.

Il a rappelé que la relâche scolaire québécoise était survenue une semaine plus tôt que dans les autres provinces; qu'au Québec, tous les décès associés à une maladie ou à un virus étaient comptabilisés; et que les CHSLD étaient mal préparés à faire face à une pandémie.

Le premier ministre a notamment reconnu que les faibles salaires versés dans ces milieux de travail ont pu faire en sorte que des employés se sont promenés d'un centre à l'autre pour joindre les deux bouts, contribuant ainsi à la propagation de la maladie dans les milieux de vie pour personnes âgées.

D'ailleurs, la pénurie de personnel dans ces établissements représente toujours un défi pour François Legault, qui a lancé un nouvel appel à l'aide aux professionnels de la santé, en suppliant ceux qui ont été infectés et qui ont terminé leur période d'isolement ou de quarantaine de revenir au travail.

Enfin, le premier ministre a prié les résidents des régions de ne pas ostraciser ceux de la métropole, où se concentre encore l'essentiel des cas de COVID-19.

On est tous ensemble dans le même bateau, a-t-il déclaré, appelant les Québécois à ne pas se chicaner ni à se diviser.

S'il y a trop de gens de Montréal qui vont dans les régions, on n'hésitera pas, le Dr Arruda et moi, à mettre des consignes pour éviter ces mouvements-là, a assuré M. Legault.

Avec les informations de La Presse canadienne

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