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Les petits Québécois de retour en classe après deux mois de confinement

Les écoles primaires ont rouvert leurs portes dans la plupart des régions lundi matin.

Des enfants gardent une bonne distance entre eux dans une cour d'école.

C'est la rentrée en mai à l'École primaire des Grands-Vents de Saint-Gabriel-de-Brandon, dans Lanaudière.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

C’était une rentrée scolaire pas comme les autres.

Des dizaines de milliers de petits Québécois étaient de retour en classe, lundi matin, après huit semaines de confinement en raison de la pandémie de COVID-19.

Aucun incident fâcheux n’a été signalé. Mais la fébrilité était palpable.

Partout au Québec, de l'Outaouais à la Gaspésie, les scènes habituelles d’accolades ou de chamaillage avaient cédé le pas à celles, un peu surréalistes, d’enfants restant tous à deux mètres les uns des autres. Quelques-uns portaient même un masque.

Des enfants gardent une bonne distance entre eux en longeant un autobus scolaire.

Les élèves donnaient l'impression de très bien maîtriser « la règle des deux mètres », lundi matin, à l'École des Grands-Vents de Saint-Gabriel-de-Brandon.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

À Saint-Gabriel-de-Brandon, les autobus scolaires amenaient à l’École des Grands-Vents de petits groupes de 4, 5, 6 élèves tout au plus. Accueillis par le personnel de l’école, ces enfants descendaient à tour de rôle dans la cour de récréation, respectant tous le principe de distanciation physique appris au cours des dernières semaines.

Richard est assis au volant de son autobus.

Richard s'était mis un masque chirurgical pour reconduire les enfants à l'école, lundi matin. Et un rideau de douche transparent avait été installé pour éviter la contamination par la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le tout se déroulait sous le regard bienveillant de leurs chauffeurs d’autobus, protégés eux aussi contre toute transmission de la maladie.

Une rentrée en mai

Les petits Québécois étaient les premiers du Canada à reprendre le chemin de l'école lundi – un retour en classe optionnel, faut-il le rappeler.

Malgré les inquiétudes du fédéral, le gouvernement de François Legault a décidé de rouvrir les écoles primaires et les services de garde dans toutes les régions, à l’exception des 82 municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et de la MRC de Joliette, qui devront attendre au moins jusqu’au 25 mai avant de pouvoir faire de même.

Mais pour les élèves du primaire, les classes qu’ils ont retrouvées lundi matin étaient fort différentes de celles qu’ils ont quittées à la mi-mars.

Les pupitres ont été éloignés les uns des autres; les classes sont limitées à 15 enfants; chaque groupe demeure dans son local pour les cours et pour le dîner; l’accès au gymnase et à la bibliothèque, bien souvent, n’est plus permis; et le lavage des mains est devenu aussi fréquent qu’obligatoire. De plus, les récréations ont lieu généralement une classe à la fois.

À l'École Immaculée-Conception, de Shawinigan, l'accès aux modules de jeux était interdit, lundi. Sans même un ballon pour s'amuser, les élèves devaient se rabattre sur une série de symboles peints à même le sol pour leur rappeler la règle des deux mètres.

Retour en classe pour des milliers d'écoliers

Environ 55 % des élèves inscrits à l'extérieur de Montréal seront de retour en classe dans les écoles primaires cette semaine, certaines ayant décidé d'étaler la rentrée sur trois jours en fonction des différents cycles.

Malgré tout, les parents qui ont choisi de garder leurs enfants à la maison pourront toujours changer d’idée, à condition qu’ils préviennent la direction de l'école une semaine à l’avance.

Les écoles primaires à court d’espace pourront transférer certains groupes dans des écoles secondaires qui, elles, ne reprendront pas leurs activités avant septembre. C’est déjà le cas à la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, où quatre groupes de l’École du Sacré-Cœur ont été envoyés à l'École Mitchell-Montcalm.

Leur séjour devrait toutefois être bref, puisque l’année scolaire prendra fin dans un mois et demi.

Le Québec se déconfine graduellement

La réouverture des écoles primaires et des services de garde dans la plupart des régions du Québec, lundi, coïncidait avec la relance complète de l’industrie de la construction et celle, partielle, du secteur manufacturier qui devra composer pour les deux prochaines semaines avec une limite d’employés dans les usines de 50 travailleurs et plus.

Les barrages routiers protégeant le Saguenay–Lac-Saint-Jean, l’Abitibi-Témiscamingue, l’agglomération de La Tuque et l’Outaouais ont également été levés lundi. Ceux de Gatineau resteront toutefois en place pour une durée indéterminée.

Les élèves de la formation professionnelle et de la formation générale aux adultes pouvaient aussi reprendre leur apprentissage, en respectant certaines conditions, à compter de lundi.

Cette réouverture progressive des écoles fait toutefois craindre le pire à certains membres du personnel scolaire, qui redoutent d’être infectés par le coronavirus. En Outaouais, les quatre commissions scolaires francophones de la région ont reçu au total près de 1000 demandes de réaffectation en télétravail ou d’absence motivée. La plupart ont été rejetées.

Plusieurs syndicats avaient formulé de sérieuses réserves depuis l’annonce du gouvernement quant à la rentrée des classes. Ils ont d’ailleurs poussé Québec à fournir des masques aux enseignants, même si la santé publique ne le jugeait pas nécessaire. Ils ont toutefois échoué à empêcher le retour au travail obligatoire des employés âgés de 60 à 69 ans.

Au bureau du ministre de l'Éducation Jean-François Roberge, on assure que le ministre suit attentivement les opérations entourant la rentrée scolaire.

Nous serons en contact constant avec nos partenaires du réseau scolaire pour nous assurer du bon déroulement de l'opération et [...] d'être prêts à réagir rapidement si des défis devaient survenir, a déclaré l'attaché de presse Francis Bouchard.

Interrogé sur le sujet durant son point de presse quotidien, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a indiqué pour sa part qu'il respecte tout à fait [les Québécois] dans les choix qu'ils sont en train de faire et promis de travailler avec eux pour s'assurer que les décisions qu'ils prennent par rapport à la réouverture soient les plus sécuritaires possible.

Avec les informations de La Presse canadienne

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