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En 2000, la mort est venue du robinet à Walkerton

De l'eau coule d'un robinet.

Il y a 20 ans, une épidémie d'eau contaminée à la bactérie E. coli ravage Walkerton, en Ontario.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 20 ans, le 12 mai 2000, le réseau d’aqueduc de la ville ontarienne de Walkerton est contaminé par la bactérie E. coli. Des reportages de Radio-Canada rappellent cet événement qui a été la pire catastrophe de ce genre au pays.

24 mai 2000 : Une catastrophe qui vient du robinet

Il ne faut pas boire l’eau de la municipalité, elle est mortelle.

Maxence Bilodeau, envoyé spécial de Radio-Canada à Walkerton, 2000

Le 24 mai 2000, l’animateur du Téléjournal/Le Point, Stefan Bureau, souligne « qu’à une époque si aseptisée, on ne s’attend pas à trouver la mort au bout de son robinet. »

C’est pourtant ce qui est en train de se passer dans la ville de Walkerton, en Ontario.

L’eau du système d’aqueduc est contaminée par la bactérie E. coli depuis déjà une douzaine de jours.

Radio-Canada a dépêché Maxence Bilodeau comme envoyé spécial sur le lieu de la catastrophe.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Téléjournal/Le Point 24 mai 2000

Ce jour-là, comme le confirme son reportage, on recense cinq personnes décédées, une dizaine de citoyens sont gravement malades et des centaines sont incommodées.

On ne sait pas comment la contamination s’est produite. Mais on émet des hypothèses.

La bactérie E. coli se trouve généralement dans les intestins d’animaux, comme les vaches.

Or, Walkerton est entourée d’exploitations agricoles.

Le 12 mai 2000, la région a reçu des pluies exceptionnellement abondantes.

Se pourrait-il que de l’eau de rivière contenant des excréments d’animaux ait réussi à infiltrer le système d’aqueduc municipal?

Le maire de Walkerton, Dave Thomson, avoue qu’il ne sait pas comment a éclaté l’épidémie.

Mais il jure que toute la lumière sera faite sur les causes de la catastrophe.

25 mai 2000 : la colère monte

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Téléjournal/Le Point, 25 mai 2000

Le lendemain, comme le rapporte Maxence Bilodeau dans un reportage au Téléjournal/Le Point qu’anime Stefan Bureau, c’est la colère qui fait surface chez les citoyens de Walkerton.

Ils apprennent en effet de la bouche du directeur de la santé publique de la région, Murray McQuigge, qu’un fonctionnaire municipal, Stan Koebel, de même que son frère Frank, savaient depuis quelques jours que l’eau de Walkerton était contaminée.

Mais ce fonctionnaire n’a pas avisé les autorités de la santé publique de ce fait.

Le maire de Walkerton, Dave Thomson, et le supérieur immédiat du fonctionnaire délinquant, Jim Kieffer, affirment ne pas avoir été avertis du danger.

Murray McQuigge déplore cette négligence qui, si elle n’avait pas eu lieu, n’aurait pas causé toutes ces victimes.

Le ministre de l’Environnement de l’Ontario Dan Newman n’exclut pas que des accusations soient portées dans cette affaire.

Un rapport accablant

Incompétence, mensonges et manque de surveillance sont à l’origine de la tragédie de Walketon.

Michaëlle Jean, 2002
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Téléjournal/Le Point, 18 janvier 2002

Le 18 janvier 2002, le journaliste Marc Godbout présente un reportage au Téléjournal/Le Point sur le rapport d’enquête expliquant les causes de l’épidémie de Walkerton.

L’émission est animée par Michaëlle Jean.

Le juge Dennis O’Connor qui préside la commission d’enquête vient en personne à Walkerton présenter ses conclusions.

Le rapport est cinglant et sans équivoque.

Le juge O’Connor blâme tout d’abord ceux qui ont délibérément falsifié les résultats d’analyse de l’eau du système d’aqueduc, les frères Stan et Frank Koebel. Ils ont caché la réalité pendant quatre jours.

Si ceux-ci n’avaient pas agi comme ils l’ont fait, assène le juge, des centaines de résidents n’auraient pas été incommodés par la contamination.

Le rapport désigne également d’autres coupables.

Le ministère de l’Environnement de l’Ontario, par exemple, a manqué à ses responsabilités en ne réalisant pas l’incompétence des frères Koebel.

Le magistrat O'Connor égratigne au passage les compressions budgétaires imposées par le gouvernement de l’Ontario.

En 1996, le gouvernement de l’Ontario avait privatisé les services d’inspection des systèmes d’eau dans la province.

On avait alors éliminé l’obligation d’aviser les autorités compétentes si un test détectait de la contamination dans l’eau potable.

Le juge O’Connor pointe par ailleurs aussi du doigt le cabinet du premier ministre de l’Ontario Mike Harris qui n’aurait pas initialement pris au sérieux le risque envers la santé publique.

La contamination de Walkerton a provoqué la mort de sept personnes et 2300 résidents sont tombés malades.

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