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Reprise des activités dans les usines et sur les chantiers de construction du Québec

Un travailleur monte des échafaudages.

L'activité a repris sur les chantiers de construction industriels, commerciaux et institutionnels du Québec.

Photo : Ivanoh Demers

Québec remet au travail plus de 450 000 employés de la construction et du secteur manufacturier avec la réouverture graduelle des chantiers de construction et des entreprises de la province qui étaient à l'arrêt depuis des semaines. Mais tout devra se faire dans le strict respect des règles sanitaires, prévient le ministre du Travail, Jean Boulet.

Comme il était prévu dans le plan de déconfinement de l’économie québécoise du gouvernement Legault, les activités ont repris même dans la région de Montréal où la pandémie de coronavirus fait encore de nombreux morts chaque jour. Ce qui a valu ces derniers jours des critiques au gouvernement Legault, ici et ailleurs au pays.

Mais la santé publique n’ayant rapporté aucune nouvelle éclosion de COVID-19 sur les chantiers résidentiels qui sont ouverts depuis trois semaines au Québec, le ministre du Travail Jean Boulet et son collègue de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, se montraient confiants ce matin sur un chantier de construction de Trois-Rivières en levant le drapeau de départ.

Ce matin on reprend les activités de la construction au-delà du résidentiel, donc ça implique le commercial, l’industriel, l’institutionnel, le génie civil et la voirie, a précisé le ministre Jean Boulet muni d’un casque de construction à visière, la nouvelle norme sur les chantiers.

Cette réouverture-là a été bien réfléchie entre la santé publique, entre la CNESST et le ministère de l’Économie. C’est un plan qui est réfléchi et séquencé.

Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie du Québec

Assurant que cette reprise d’activité sur les chantiers sera soumise à de nouvelles règles sanitaires qui devront être suivies de tous, Jean Boulet a prévenu que son gouvernement ne ferait « aucun compromis » en matière de sécurité.

Des équipes élargies d’inspecteurs de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), de la Régie du bâtiment et de la Commission de la construction du Québec y veilleront, a ajouté le ministre.

Travailler sans se croiser

Des travailleurs portant un masque travaillent sur un chantier de construction.

De nombreuses mesures sont prises pour éviter que les travailleurs ne se croisent ou ne se rapprochent trop les uns des autres sur les chantiers.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les travailleurs, de leur côté, étaient au rendez-vous ce matin. Sur les chantiers visités par Radio-Canada, l'humeur générale était à la confiance et au soulagement de rentrer au boulot après presque deux mois d'arrêt.

Bien sûr qu'on est content de retourner au travail! Tout est mis en place pour que ce soit sécuritaire pour les employés, je suis vraiment confiant, a lancé un travailleur à son arrivée sur un chantier de la région de Montréal.

En plus du port de masques, de visières et de gants et de la mise en place de mesures de distanciation dans les espaces communs, les chantiers ont été aménagés de façon à limiter les rapprochements et les contacts inutiles entre les travailleurs.

Ainsi, les chantiers sont désormais dotés d'une seule entrée où tous sont contrôlés à leur arrivée, explique René Cyr de Gerpro Construction. Dans les installations, les escaliers sont désormais à sens unique pour éviter que s'y croisent les travailleurs, répartis en équipes à travers le chantier.

À la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), qui représente une bonne partie des travailleurs des chantiers au Québec, on affirme que les travailleurs sont somme toute rassurés par les mesures de protection déployées sur les lieux de travail.

C’est normal que les travailleurs et travailleuses soient inquiets, mais je pense qu’ils sont rassurés par les mesures qui sont mises en place dans chaque milieu de travail. Je souhaite qu’on respecte les règles de la santé publique et les règles sanitaires.

Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec

Reprise à effectifs réduits pour les entreprises

Pierre Fitzgibbon parle aux journalistes.

La reprise des activités sur les chantiers de construction et dans les entreprises du Québec se fera de façon graduelle et dans le cadre de nouvelles normes sanitaires, a assuré le ministre québécois de l'Économie, Pierre Fitzgibbon.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Les travailleurs sont également de retour partout dans les entreprises manufacturières et les usines du Québec où les activités n’avaient pas encore repris.

Contrairement aux chantiers de construction, les usines et entreprises de fabrication ne peuvent pour le moment accueillir qu’un maximum de 50 employés et 50 % seulement de la main-d’œuvre excédant ce chiffre.

Par exemple, une entreprise de 100 employés ne pourra accueillir que 75 travailleurs (soit les 50 employés permis plus la moitié des 50 restants).

La construction et les entreprises manufacturières sont des pans très importants de l'économie québécoise [...] On le fait de manière graduelle, de façon compatible avec les normes sanitaires. Il faut que ça soit un retour au travail en sécurité, a expliqué Pierre Fitzgibbon.

Le retour complet des effectifs dans l’industrie manufacturière est quant à lui prévu pour le 25 mai, selon le plan présenté par le premier ministre François Legault le 28 avril dernier, si bien entendu tout se déroule selon les prévisions de la santé publique.

Avec le pan du commerce de détail, avec le pan de la construction et des compagnies manufacturières, on repart environ 450 000 personnes sur 1,2 million sur une séquence de plusieurs semaines.

Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie du Québec
La séquence de réouverture des secteurs économiques du Québec.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Déjà, les garages, les mines, les entreprises de paysagement et la construction résidentielle ont repris leurs activités.

Photo : Gouvernement du Québec

Sauf les commerces de la région de Montréal

En ce qui a trait aux commerces, bien que certains aient pu rouvrir leurs portes à compter du 4 mai dernier (ateliers de mécanique, centres de jardinage, quincailleries, etc.), la majorité d’entre eux peuvent le faire dans les régions du Québec à compter d’aujourd’hui à l’exception des commerces de la grande région de Montréal qui eux devront attendre le 25 mai.

La propagation du coronavirus étant encore élevée, tout comme le nombre de décès, dans la région de Montréal, les autorités ont préféré maintenir le confinement des commerces encore au moins deux semaines sur l’ensemble du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

Coup de pouce du fédéral aux grandes entreprises

Alors que l'activité reprend lentement dans les entreprises du Québec, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé en fin de matinée un nouveau programme d'aide financière pour aider les grands employeurs du pays à poursuivre leurs activités, malgré le ralentissement économique engendré par l’épidémie de COVID-19.

Le Crédit d’urgence pour les grands employeurs (CUGE) s’adresse aux entreprises ayant des revenus de plus de 300 millions de dollars par année et qui ont besoin d’un financement de transition impossible à obtenir par des mécanismes conventionnels.

L'objectif est de s'assurer qu'elles puissent poursuivre leurs opérations et ainsi protéger leurs employés, ont expliqué en conférence de presse le ministre des Finances, Bill Morneau, et son collègue de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie, Navdeep Bains.

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Économie