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La pandémie incite des communautés autochtones à retourner à la terre pour se nourrir

Deux personnes font du canoë sur un lac.

En se référant à la grippe qui a décimé les habitants des Territoires du Nord-Ouest en 1928, les anciens des communautés autochtones affirment qu’un retour à la terre est une nécessité pour leur peuple en ce temps de pandémie.

Photo : Gracieuseté Tourisme Autochtone Canada / Tourisme Autochtone Ontario

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Afin d’assurer une disponibilité continue d’aliments et le bien-être de tous les membres de leurs communautés, des leaders autochtones demandent à leurs membres de retourner à l'agriculture domestique et aux traditions ancestrales.

En se référant à la grippe qui a décimé les habitants des Territoires du Nord-Ouest en 1928, les anciens des communautés autochtones affirment qu’un retour à la terre est une nécessité pour leur peuple en ce temps de pandémie.

Le chef Norman Yakeleya, de l’Assemblée nationale dénée, souligne qu’en 1928 la guérison de son peuple a été facilitée parce que celui-ci a renoué avec la terre.

Les Dénés de Fort Good Hope et de Fort McPherson chassaisent le caribou et le partageaient avec ceux qui ne pouvaient pas chasser, les personnes âgées et les personnes immunodéficientes, raconte-t-il.

De plus, il souligne que la chasse permet d’éviter des coûts alimentaires qui pourraient être encore plus élevés en raison de la pandémie qui affecte la chaîne d’approvisionnement.

Notre valeur en tant que Déné, le partage, est revenue et est toujours vivante avec le poisson [et] le caribou, dit-il.

L’appel d’un retour aux sources et aux valeurs comme la générosité a été lancé par la chef de la Nation crie O Pipon-Na-Piwin situé près du lac Southern Indian, au Manitoba, Shirley Ducharme.

Elle demande aux membres de sa communauté de chasser, de pêcher et de partager le fruit de leur travail avec les autres.

Les restrictions visant à limiter la propagation du virus empêchent les plus de 1100 âmes qui vivent dans la réserve de voyager vers le sud. Ceci rend difficile l’approvisionnement en aliments et par conséquent entraîne une augmentation de prix.

Le Manitoba a amorcé son plan de réouverture de l’économie et assoupli certaines restrictions, mais Mme Ducharme indique que sa communauté restera confinée au moins jusqu’à la fin du mois de mai.

Elle explique que la surpopulation dans les ménages et les problèmes de santé de certaines personnes sont des facteurs qui aggravent les risques et dont il faut tenir compte.

La Première Nation a formé un comité de lutte contre la pandémie et l’un de ses projets consiste à faire en sorte que les enfants et leurs familles communiquent avec les aînés pour acquérir des compétences traditionnelles à la maison.

Ces jeunes apprennent entre autres à faire de la bannique, à préparer des oies, à rassembler des médicaments traditionnels, à faire bouillir du thé et participent à des chasses au trésor.

Tout cela implique des choses traditionnelles et culturelles que nous avons toujours gardées en vie et que nous continuons de préserver à travers des générations, dit la chef.

Statistiques

Selon Services aux Autochtones Canada, il y avait plus de 168 cas de COVID-19 parmi les Premières Nations du pays en date du 8 mai.

Les Territoires du Nord-Ouest n’ont enregistré que cinq cas confirmés de COVID-19, mais la peur de voir la maladie se propager dans les communautés autochtones demeure élevée, affirme le chef national.

À La Loche, un village déné du nord de la Saskatchewan, la situation est particulièrement préoccupante en raison d’une éclosion ayant causé la mort de deux aînés.

Le virus s’est également propagé aux Premières Nations voisines.

Pour l’instant, les Premières nations du Manitoba n’enregistrent aucun cas confirmé de COVID-19.

Cependant Nelson Genaille, des Cris de Sapotaweyak, dit surveiller la situation de près. Environ 1000 personnes vivent dans cette réserve située à environ 600 kilomètres au nord de Winnipeg.

Comme les autres leaders, il précise avoir recommandé à ses membres de retourner à l'agriculture domestique et aux traditions ancestrales pour se nourrir.

C’est là que nous en sommes en ce moment avec l’épidémie d’aujourd’hui : revenez à l’ancienne façon, quand vous mangiez quelque chose de naturel, dit-il.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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