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COVID-19 : la hausse des rapports de violence contre des femmes autochtones inquiète

 Une femme à contre-jour.

Ces informations sont le résultat d'une série de consultations à l’échelle nationale menée par l'AFAC et dont le but était de comprendre comment la pandémie agit sur les femmes des Premières Nations, Inuit et Métisses au Canada.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

De nombreuses femmes autochtones disent avoir été victimes de violence physique ou psychologique au cours des trois derniers mois, soutient l’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) à la suite d'une série de consultations à l’échelle nationale.

Les propos tenus lors des consultations et les résultats d'un sondage réalisé par l'association suggèrent que plus de femmes autochtones sont préoccupées par la violence domestique en ce temps de pandémie, ajoute l’AFAC.

D’après sa présidente, Lorraine Whitman, les chiffres révélés par ces consultations sont choquants et posent une fois de plus le problème de la sécurité des femmes autochtones au pays en ce temps de crise sanitaire.

Nous savons que dans un monde parfait, il est sécuritaire de rester à la maison, dit-elle. Mais nous ne sommes pas dans un monde parfait. Les maisons ne sont pas des endroits sécuritaires pour certaines femmes autochtones et certaines familles.

Elle explique qu’avec les recommandations de distanciation, de nombreuses femmes qui respectent le confinement se retrouvent emprisonnées dans des maisons avec leur agresseur, qui est très souvent leur conjoint, et ne peuvent pas s’échapper.

Mme Whitman, photographiée en gros plan, est assise devant un mur pâle et regarde au loin.

Lorraine Whitman, la nouvelle présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada AFAC).

Photo : Nic Meloney/CBC

De plus, elle souligne que les refuges pour femmes au Canada ne sont pas gérés de manière à offrir un cadre sécuritaire permettant l’accueil et l’accompagnement des femmes autochtones victimes de violence.

Ils [les refuges et centres pour victimes d’agression sexuelle] n’offrent pas cette zone de confort, dit-elle. Ils ne sont pas influencés par la culture ou ne s'appuient pas sur des valeurs, des traditions et les cérémonies autochtones que nous avons.

Il faut agir, dit l'AFAC

Mme Whitman précise qu’il faut agir dans l’urgence pour protéger les femmes autochtones.

Le nombre de cas de violence au sein des communautés était déjà élevé, mais la situation a été aggravée par l’arrivée de la COVID-19 au Canada, déclare Mme Whitman.

Elle indique que l’Association des femmes autochtones a tenu une table ronde virtuelle avec le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, et la ministre du Développement international, Karina Gould, au début de la semaine afin d’exhorter le gouvernement fédéral à mettre en œuvre un plan national pour répondre aux 231 appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA).

Le premier ministre Justin Trudeau devant sa résidence de Rideau Cottage.

Le premier ministre Justin Trudeau.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Le premier ministre Justin Trudeau a indiqué samedi, lors de son point de presse quotidien sur la COVID-19, que le gouvernement continue de travailler à une réponse à l’enquête nationale.

Ce gouvernement a travaillé depuis le début pour apporter plus de soutien aux refuges et aux organisations et réseaux qui soutiennent les victimes de violence familiale ou basée sur le genre. Nous continuerons à faire ce travail, a-t-il dit.

Nous continuerons à travailler très dur sur ce plan d’action national issu de l’Enquête sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. C’est une priorité qui se poursuit et s’intensifie en raison de cette crise, a-t-il ajouté.

Selon la présidente de l’AFAC, il est temps de passer de la parole à l'action.

Nous devons prendre des mesures, dit-elle. Les familles des femmes et des filles disparues et assassinées et les [personnes] bispirituelles, nous sommes fatigués d’entendre des paroles.

De son côté, Michèle Audette, l'une des commissaires de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, croit que le travail sur le plan d’action national qui doit également comporter des engagements des provinces et des territoires a été retardé par plusieurs événements au cours de la dernière année, dont l’élection.

Une femme est photographiée en gros plan à l'extérieur.

Michèle Audette

Photo : Radio-Canada / Alexandre Milette-Gagnon

Cependant, elle n’est pas convaincue qu’un plan d’action national mis en place avant la pandémie aurait changé la réalité des femmes autochtones depuis l'apparition de la COVID-19.

Je ne sais pas si nous verrions un changement tout de suite, car le système colonial est profondément enraciné dans la culture, déplore-t-elle. Nous sommes confrontés à l’impact du colonialisme, nous ne sommes pas une priorité absolue et nous pouvons le voir avec la COVID en ce moment.

Elle souligne toutefois la nécessité pour tous les ordres de gouvernement, y compris les autorités autochtones, de veiller à ce que les refuges, les travailleurs sociaux et les premiers intervenants qui s'adressent aux populations autochtones soient bien soutenus afin qu’ils puissent répondre aux problèmes de violence contre les femmes.

La députée néo-démocrate Leah Gazan affirme que le gouvernement libéral n’a pas répondu adéquatement aux recommandations de l’ENFFADA.

Une femme sourit.

Leah Gazan est députée néo-démocrate dans Winnipeg-Centre.

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

Avec l’augmentation du taux de violence qui s’est produite pendant la COVID, nous sommes maintenant dans une crise encore pire, dit-elle. Nous devons agir rapidement. C’est une situation de vie ou de mort.

Avec les informations de La Presse canadienne

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