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Le Mont-Saint-Michel en attente du retour des visiteurs

Dans le cadre du déconfinement en France, les activités reprennent dès lundi au Mont-Saint-Michel avec un accueil des visiteurs « sécurisé sur le plan sanitaire ».

Le Mont-Saint-Michel

Le Mont-Saint-Michel

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Bedard

Ses contours rocailleux se dessinent à l’horizon à des dizaines de kilomètres. Les petites bourgades qui longent la route de la Manche qui mènent vers le Mont-Saint-Michel ont des allures de villages fantômes. On ne compte plus les gîtes, les chambres d’hôtes et les hôtels qui s’affichent, mais il n’y a pas âme qui vive dans les rues.

Un troupeau de moutons qui broutent paisiblement en avant-plan du monument inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO est le premier signe de vie rencontré. Complètement coupé de la terre à marée haute, le Mont-Saint-Michel est d’autant plus isolé depuis le confinement.

 Le Mont Saint-Michel à marée basse.

Le Mont-Saint-Michel à marée basse.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Bedard

Le Mont-Saint-Michel accueille en temps normal jusqu’à 25 000 visiteurs par jour. Mais en ce jour férié du mois de mai, nous serons les seuls à franchir la porte du roi et son pont-levis pour pénétrer à l’intérieur des fortifications de la ville en compagnie du maire Yan Galton.

Là, normalement, vous seriez bloquée. À la porte normalement, c’est fou.

Un pont-levis.

Habituellement bondés de visiteurs, le Mont-Saint-Michel et ses rues sont déserts.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Bedard

Les rues étroites et sinueuses du mont sont complètement désertées. La Poste, les boutiques, les restaurants et leurs terrasses, les hôtels et les cafés et leurs portes closes forment un décor immobile qui s’empoussière à attendre des clients qui ne viennent pas.

Une rue en pierre déserte.

Les rues étroites et sinueuses du Mont-Saint-Michel sont complètement désertes.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Bedard

Une rue déserte, des commerces fermés.

Les commerces habituellement achalandés attendent le retour des visiteurs.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Bedard

Une terrasse de restaurant avec plusieurs tables et chaises, sans client.

Confinement oblige, les restaurants sont fermés.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Bedard

Moi, quand j’étais gamin, que j’allais à l’école au Mont-Saint-Michel, l’hiver, vous ne pouviez pas boire un café, tout était fermé, mais c’était dans les années 70. Ça ne me fait pas mal de ne voir personne ici, le Mont-Saint-Michel se repose. Ça me rappelle mon enfance, c’est bien, se rappelle le maire Galton, une étincelle de malice dans les yeux.

Un homme se tient debout, les fortifications du Mont-Saint-Michel en arrière-plan.

Le Mont-Saint-Michel accueille en temps normal jusqu’à 25 000 visiteurs par jour.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Bedard

Les cris des oiseaux ont remplacé le brouhaha des hordes de touristes et de pèlerins depuis deux mois sur le mont. Il n’y a que les cloches de l’abbaye et des églises pour rivaliser avec les goélands.

Des bâtiments historiques.

Le Mont-Saint-Michel attend le retour des touristes et des pèlerins.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Bedard

Le père Henri, chapelain de l’Église paroissiale Saint-Pierre, ne manque pas une occasion de faire sonner les siennes. Sitôt les cloches qui annoncent midi tues, il les fait à nouveau sonner pour saluer son ami le maire.

Un prêtre à l'autel, des vitraux et une peinture en arrière-plan.

Le père Henri, chapelain de l’Église paroissiale Saint-Pierre, est l'une de la trentaine de personnes confinées sur le mont.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Bedard

Après avoir échangé quelques blagues, il s’affaire dans l’église pour préparer la messe du dimanche. Une messe, qu’il prononcera seul, il le sait.

Personne ne vient, pas même des villages du coin. C’est devenu trop compliqué.

La chapelle d'une église.

Le prêtre prépare une messe qu'il va prononcer dans une église vide.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Bedard

La solitude ne lui pèse pas trop, mais il concède avoir hâte de retrouver une activité plus habituelle sur le mont.

On est un peu égoïste parce que c’est tellement beau. C’est agréable d’un côté d’avoir le mont pour soi, mais le mont sans les gens, c’est pas le mont. Ça vit par les gens qui sont là. Ça fait deux mois que ça dure, c’est long.

Le père Henri est l’une de la trentaine de personnes confinées sur le mont.

Une poignée de familles y vit encore aujourd’hui en plus d’une douzaine de frères et sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem qui ont, depuis le départ des moines bénédictins, la charge spirituelle de l’abbaye construite en 709, à la demande de l’Archange Michel, selon l’histoire.

C’est au Mont-Saint-Michel que Jacques Cartier rencontrait le roi François 1er pour la première fois et se voyait confier le périple à la recherche de routes vers l’Asie et des richesses qui le conduirait au Canada.

Une plaque commémorative.

Une plaque commémore les relations franco-canadiennes.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Bedard

Lundi, le Mont-Saint-Michel accueillera de nouveau les visiteurs, mais dans une atmosphère plutôt sobre, se désole le maire Galton.

Une rue étroite en pierre.

Habituellement bondées, les rues étroites et sinueuses du mont sont désertes.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Bedard

Les restaurants seront fermés, les cafés seront fermés, les bars aussi. C’est un peu embêtant parce que nous les Français vous savez on aime bien aller au bar. Prendre un petit café le matin, un apéritif avec les huîtres pour le déjeuner, ça va nous manquer hein dit-il en éclatant de rire.

Un homme marche de dos dans une rue.

Les visiteurs seront de retour lundi, mais dans une atmosphère sobre, ce que déplore le maire.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Bedard

Les mesures sanitaires prévoient notamment un sens unique de circulation dans le village du mont, afin d'éviter les croisements de personnes qui montent ou descendent, précise l'établissement public du Mont-Saint-Michel dans un communiqué. Pour éviter au maximum les croisements, les visiteurs seront invités dès leur arrivée sur le stationnement à rejoindre le mont via un circuit piéton aller spécifique avec un fléchage adapté et la police municipale veillera au respect de ces nouveaux circuits par les visiteurs, est-il précisé.

Une allée et des bâtiments en pierre.

La circulation piétonnière se fera à sens unique.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Bedard

Cécile Loiseau venait au Mont-Saint-Michel presque tous les jours avant le confinement, mais n’y a pas respiré l’air marin depuis le 16 mars dernier. La présidente de l’association de guides-conférenciers du Mont-Saint-Michel ne se fait pas d’illusion sur la reprise des activités. Elle sera lente et timide.

L’année est pour ainsi dire foutue pour nous. On sentait la crise depuis février. Nos clients asiatiques n’étaient pas au rendez-vous. Mais jamais on n'aurait pu imaginer un tel arrêt complet. C’est un choc.

Une femme debout pointe du doigt devant un groupe de visiteurs.

La présidente de l’association de guides-conférenciers du Mont-Saint-Michel Cécile Loiseau.

Photo : Courtoisie

Ses clients viennent majoritairement des quatre coins de la planète. Elle doit maintenant espérer en trouver qui habitent à moins de 100 km de la Merveille.

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La reprise des activités s'annonce difficile selon la présidente de l’association de guides-conférenciers du Mont-Saint-Michel.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Bedard

Les touristes reviendront visiter les sites patrimoniaux comme le Mont-Saint-Michel, mais seul l'avenir nous dira quand et surtout dans quelles conditions nous pourrons les accueillir. La question est aussi de savoir ce que les gens voudront faire de leur visite. Il faudra être patient et accepter pas mal de changements. Nous avons pour l'instant plus de questions que de réponses, affirme madame Loiseau.

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L'abbaye du Mont-Saint-Michel restera fermée aux visiteurs.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Bedard

L'abbaye haut perchée sur le piton de roche restera par ailleurs fermée regrette le maire de la commune.

Moi je trouve ça ridicule. On pourrait entrer doucement. C’est tellement grand l’abbaye. Le patrimoine culturel de la France ne devrait pas être poussé à l’abandon comme ça. Vaut mieux être, même en étant proches, dans un endroit comme le château de Chambord que dans le métro, hein?

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L'abbaye demeurera fermée, une situation que regrette le maire de la commune.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Bedard

Chaque soir à 20 h, avant que la marée ne remonte, que les eaux l’encerclent de nouveau et que le mont s’endorme, les cloches de l’abbaye résonnent dans toute la baie. Un hommage aux soignants et aux familles qui sont touchées par l’épidémie.

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Le chemin vers l'abbaye est désert en attendant le retour des touristes.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Bedard

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