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Les ressources intermédiaires veulent la parité salariale pour les préposées

Une femme de dos en tenue de travail devant l'entrée du CHSLD.

Les propriétaires des CHSLD estiment que Québec doit appliquer des solutions à long terme pour bonifier la rémunération des préposés aux bénéficiaires.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que la crise de la COVID-19 a amplifié la pénurie de main-d’œuvre dans les ressources intermédiaires (RI), les propriétaires de ces résidences estiment que Québec doit appliquer des solutions à long terme pour bonifier la rémunération des préposés aux bénéficiaires.

Un sondage mené par l’Association des propriétaires de ressources intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ) fait état de la perte de 1805 employés dans ce réseau depuis deux mois, dont 17 en Abitibi-Témiscamingue. En septembre dernier, le réseau estimait qu’il manquait déjà 80 employés dans les 17 RI de la région.

À la Résidence Signature de La Sarre, qui emploie une quarantaine de personnes, on a craint le pire au tout début de la crise. Des employés ont quitté par crainte de travailler en milieu infecté, tandis que d’autres ont dû s’imposer une quarantaine pour des raisons de santé.

Deux femmes

Kary Fiset et Mélanie Pouliot de la Résidence Signature de La Sarre.

Photo : Gracieuseté

Heureusement, la situation s’est résorbée depuis, mais la directrice Kary Fiset ne cache pas que l’élastique est souvent étiré à la limite.

Avant la crise c’est déjà difficile, souligne-t-elle. On était au compte-gouttes et dès qu’on avait un départ ou une maladie, on tombait mal pris et il fallait faire du temps supplémentaire pour combler. Tous les jours, au changement de quart on a peur d’avoir un appel de quelqu’un qui ne rentre pas.

Prime temporaire

La rétention du personnel est un défi de tous les jours pour les ressources intermédiaires, en raison notamment des salaires qui y sont consentis aux préposées aux bénéficiaires. Avant la crise de la COVID, il était en moyenne de 14 $ de l’heure. Malgré une prime temporaire de 4 $ de l’heure octroyée par le gouvernement Legault au début avril, leur salaire demeure bien inférieur à celui des préposées du secteur public.

Johanne Pratte, directrice générale de l'Association des ressources intermédiaires d'hébergement du Québec

Johanne Pratte, directrice générale de l'Association des ressources intermédiaires d'hébergement du Québec

Photo : Radio-Canada

Pour l’Association des propriétaires de ressources intermédiaires d’hébergement du Québec, Québec ne doit pas seulement rendre permanentes les primes aux préposées. Le gouvernement doit aussi mettre en place une parité entre ce réseau et les préposées qui œuvrent dans le secteur public.

On perdait déjà beaucoup de gens à cause des salaires très bas et la situation s’est aggravée depuis le début de la crise, déplore Johanne Pratte, directrice de l’Association des propriétaires de ressources intermédiaires d’hébergement du Québec. La prime est un début de reconnaissance, mais ce n’est pas un incitatif très fort. Ça doit être vu comme un premier pas et il faut que les actions aillent beaucoup plus loin et soient plus structurantes dans le temps. On demande la parité, parce que le travail est le même. Il faut arrêter de faire une sous-classe de préposés.

Préposée aux soins à la Résidence Signature, Mélanie Pouliot reconnaît que la prime consentie par Québec est appréciée.

Ça équilibre un peu le salaire et ça nous rapproche un peu de ce que ceux du public reçoivent, se réjouit-elle. En espérant maintenant que ça soit pour toujours et pas juste temporaire. Oui, ça fait bien d’avoir salaire qui reconnaît un peu travail qu’on fait.

À grandeur humaine

Pour l’Association des propriétaires de ressources intermédiaires d’hébergement du Québec, il est plus que jamais temps de mettre en lumière ce réseau qui héberge 16 000 personnes au Québec, que ce soit des personnes âgées en perte d’autonomie ou encore une clientèle vulnérable en déficience intellectuelle ou en santé mentale.

Ce sont de plus petits milieux de vie, à grandeur humaine, rappelle Johanne Pratte. On parle beaucoup de redonner de la dignité aux aînés en leur permettant un hébergement plus intéressant. Le RI peuvent être une belle solution, mais il faut y valoriser les gens qui y travaillent et leur donner un salaire décent.

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