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Une fête virtuelle pour la 145e saison de pêche au homard aux Îles-de-la-Madeleine

Le reportage de Martin Toulgouat

Photo : Comité de la Mise à l'eau

Contrairement aux années passées, il n’y avait aucun spectateur sur les quais samedi matin pour accompagner le départ des homardiers madelinots.

Cette tradition qui existe depuis plus de 100 ans a été, comme bien d’autres, ébranlée par la pandémie.

COVID-19 oblige, les quais étaient réservés aux équipages. Quelques amis, un peu de famille -qui ont respecté la distanciation sociale- ont pu assister au départ, mais de loin.

Ce départ n’avait rien de commun avec le spectacle et les feux d’artifice qui accompagnent généralement le lancement de saison.

La fête s’est déroulée sur Facebook et à la radio locale CFIM.

Malgré tout, au plus important port de pêche à Grande-Entrée, l’activité battait son plein au lever du soleil. Quelque 144 équipages s’affairaient aux derniers préparatifs un peu avant le grand départ à cinq heures, ce matin.

Des préparatifs similaires avaient lieu sur les neuf autres quais de pêche des Îles.

Des casiers à homard et des bateaux à quai dans la lumière du soleil levant.

L'an dernier, le débarquement des homards a été de 78,5 M$, soit environ la moitié de la valeur des prises du Québec.

Photo : Comité de la Mise à l'eau

Chacun des 325 capitaines dispose de 273 casiers soit un total de 88 725 cages pour l’ensemble des Îles.

À l’heure annoncée, les pêcheurs ont quitté le port, profitant ainsi du calme avant la tempête prévue en fin de journée, pour aller déposer leurs casiers.

Une saison à nulle autre pareille

Incertitudes, situation trouble sans précédent, crise à traverser, c’est sous ces commentaires venus tant du monde des pêches que des mondes politique et économique que commence cette 145e saison de pêche.

Les homardiers ont dû cette année adapter leurs techniques de pêche aux mesures contre la propagation du SRAS-Cov-2.

Équipage réduit, port du masque ou de la visière font partie des précautions à prendre sur ces bateaux où il est difficile de respecter la distanciation sociale.

Le soleil se lève sur la mer et un bateau sur lequel sont empilés plusieurs casiers de pêche au homard.

Les homardiers sont de petits bateaux où il est difficile de respecter la distanciation sociale.

Photo : Radio-Canada / René Godin

Vers la fin de la journée, vendredi, le bateau de Normand Desrape a coulé au moment de rentrer à quai. Peu de détails ont filtré sur les circonstances de ce triste incident qui n’a fait heureusement aucune victime.

Les messages de prudence, de respect des normes, de sécurité et de persévérance étaient donc nombreux, ce matin, sur les ondes madeliniennes.

Être résilient, un brin confiant, tout en étant réaliste. Faisons notre effort, démarrons des ports une journée à la fois, tout en ayant foi en des jours meilleurs.

Extraits du message diffusé sur la radio CFIM par le Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles-de-la-Madeleine.

Achat local?

Cette année, les 325 homardiers des Îles ont réussi à s’entendre jeudi avec les transformateurs sur le prix au débarquement qui sera fixé selon les mêmes mécanismes que l’an dernier. Le calcul sera donc basé sur le prix moyen et pondéré offert par les trois meilleurs acheteurs.

Toutefois, transformateurs comme pêcheurs savent que le marché américain, où s’exporte 80 % du homard québécois, est paralysé par les mesures de confinement. Plusieurs se demandent s’ils réussiront à rentabiliser leurs entreprises de pêche.

Une guédille au homard

Boucar Diouf invite les Québécois à manger du homard des Îles pour soutenir la communauté.

Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel

Boucar Diouf, vigie de cette 145e mise à l’eau, a assisté au départ des homardiers, chez lui, à Longueuil.

Il promet d’être un jour présent sur les quais pour assister à l’événement, mais a surtout rappelé l’importance des rituels, notamment dans un contexte plus difficile. Je suis de tout cœur avec les gens qui prennent le large aujourd’hui. On oublie trop souvent de remercier les gens qui nous nourrissent.

Plusieurs artistes ou anciens porte-parole de l'événement, Vincent Gratton, Patrice L'Écuyer, Jeannine Richard, Germain Chevarie ont aussi lancé des messages d'encouragement aux pêcheurs.

Boucar Diouf a notamment souligné que les consommateurs ont aussi un rôle à jouer pour soutenir les homardiers. On va dire à tous les gens autour de nous de manger du homard du Québec cette année, on dira aussi silencieusement, prenez celui des Îles.

Si vous achetez deux fois du homard d’ici par année, vous faites vivre toute une communauté, vous participez à la vitalité de toute une société.

Boucar Diouf, vigie 2020 de la 145e mise à l'eau

La saison de pêche se terminera le 11 juillet.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Industrie des pêches