•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Justin Trudeau préoccupé par la réouverture des activités au pays

Le reportage de Christian Noël

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Le premier ministre Justin Trudeau n’a pas caché son inquiétude face aux plans de déconfinement des provinces et il s’est dit préoccupé par ce qui se passe à Montréal, épicentre de la pandémie au Canada.

Lors de son point de presse quotidien, M. Trudeau a insisté sur le fait que le pays est encore plongé dans la phase d’urgence : Nous devons réaliser que nous ne sommes pas encore dans la phase de reprise. Nous ne sommes même pas encore dans la phase de redémarrage. Nous sommes encore dans la phase d'urgence.

Il a réitéré le fait que le déconfinement doit s’effectuer « étape par étape ».

Nous savons que, même s'il y a certains endroits qui commencent à redémarrer de différentes façons, nous sommes encore dans un moment où les gens doivent se protéger, doivent continuer de rester le plus possible chez eux, doivent continuer de garder la distanciation sociale, a-t-il déclaré.

Député de la circonscription de Papineau, à Montréal, M. Trudeau a affirmé qu'il travaillait avec le gouvernement de François Legault pour s'assurer que les bonnes mesures étaient prises pour assurer la sécurité des gens.

L'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a dévoilé vendredi une courbe épidémiologique qui mènerait à une moyenne de 150 morts quotidiennement dans le Grand Montréal à la fin du mois de juin si un déconfinement devait avoir lieu dans la situation épidémiologique actuelle.

Je suis très inquiet pour les citoyens à Montréal, comme je suis inquiet pour les gens à travers le pays, a dit M. Trudeau. Nous devons nous baser sur la science, nous devons nous assurer que ce que nous sommes en train de faire prend en compte la protection des citoyens, de nos aînés, comme priorité absolue. Oui, il faut parler de relancer l'économie de façon graduelle et progressive, mais ça doit être fait tout en gardant les gens en sécurité, d'abord et avant tout.

Justin Trudeau a dit porter une attention particulière à la situation dans sa circonscription : Je suis de façon très proche ce qui se passe dans les CHSLD dans mon comté de Papineau par exemple. Oui, il y a des préoccupations. Je travaille de proche avec les autres gouvernements, y compris du gouvernement de François Legault pour assurer qu'on est en train de prendre les bonnes mesures pour garder les gens en sécurité.

Il a précisé son approche quant à la réouverture de l’économie à l’échelle nationale. Nous avons travaillé avec les provinces et territoires pour établir des principes qui vont guider la réouverture de l'économie de façon graduelle, de façon vigilante. Et ça inclut d'avoir assez de matériel de protection pour pouvoir protéger les travailleurs et empêcher que la COVID-19 se répande encore plus.

Mettre la vie des gens en danger

Le député montréalais et ministre des Services aux Autochtones Marc Miller partage cette inquiétude : un déconfinement hâtif pourrait mettre en danger la vie des gens, dit-il.

L’homme craint qu’une réouverture trop rapide ne fasse grimper le nombre total de victimes. J'ai peur qu'il y ait plus de gens qui meurent. Premier point. J'ai peur d'une deuxième éclosion, d'une plus grande éclosion, admet-il.

Marc Miller s'adresse aux médias.

Le député montréalais Marc Miller.

Photo : Radio-Canada

Marc Miller considère que la situation n’est pas maîtrisée à Montréal où, dit-il, c'est l'hécatombe dans les soins, dans les centres de soins de longue durée. Selon lui, il reste du travail à faire avant de pouvoir crier victoire.

Le constat scientifique qui se fait, c'est qu'on n'est pas sorti du bois. Et ça prend un petit effort de plus de la part de tous les Canadiens pour s'assurer qu'on n'a pas une deuxième vague, une troisième vague qui vient nous frapper de plein fouet. C'est mon constat, lance-t-il.

Les autorités sanitaires s'inquiètent elles aussi de la situation. Prudent dans ses commentaires sur le processus de déconfinement, le Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint de la santé publique du Canada, a reconnu l’exception de la métropole québécoise. À Montréal, c'est une situation plus grave que le reste du Québec. Ça c'est sûr, a-t-il lâché.

J'ai peur de voir plus de gens mourir et plus d'éclosion.

Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique

Le Dr Njoo ne se montre pas très optimiste sur la capacité du réseau de la santé québécois à résister à des vagues successives de patients infectés par la COVID-19.

Il n'y a pas beaucoup de marge de manœuvre – la capacité des hôpitaux – si on attend peut-être une deuxième vague, une troisième vague. Donc, il faut vraiment examiner, regarder étroitement la situation à Montréal avec un système de surveillance très étroit. Aussi, à bien dépister, affirme-t-il.

Il ajoute : Parce que si on commence à assouplir les mesures de santé publique, il faut être prêt à s’ajuster au fur et à mesure si la situation change.

Les patients résidant dans des établissements de santé de longue durée comptent pour plus de 80 % des décès liés à la COVID-19, même s'ils représentent seulement 20 % des cas confirmés, a indiqué l'administratrice en chef, la Dre Theresa Tam.

Des mesures plus strictes « pourraient être rétablies » si la vigilance se relâchait trop tôt, a-t-elle ajouté. « Le virus n'a pas été effacé de la planète », a-t-elle renchéri.

Des millions de masques inadéquats

Le gouvernement fédéral a suspendu les envois de masques N95 d'un fournisseur montréalais après qu'environ huit millions de ces articles fabriqués en Chine ont échoué à respecter les normes de spécification.

Questionné sur le sujet, le premier ministre a rappelé qu’il existe des incertitudes lorsqu’on fait affaire avec des fournisseurs étrangers.

Il y a toujours des risques que les produits qu'on importe ne soient pas à la hauteur de ce qu'on attend au Canada pour nos travailleurs de première ligne. C'est pour ça qu'on a mis un système de vérification rigoureuse pour qu'aucun item qui ne soit pas à la hauteur de ce dont on a besoin, de ce à quoi on s'attend ici au Canada, ne soit distribué, a-t-il affirmé.

En constatant le rejet de ces millions de masques, Justin Trudeau se dit rassuré par les mécanismes de protection en place. L'exemple de cette compagnie à Montréal est la preuve que le système fonctionne parce qu'aucun de ces masques ne s'est retrouvé dans le système de santé parce qu'on fait les vérifications nécessaires, a-t-il précisé.

Ces millions de masques pourraient peut-être avoir une autre utilisation. Chose certaine, M. Trudeau clame qu’il ne paiera pas pour les masques non conformes.

Nous sommes en train de regarder avec le fournisseur pour voir s'il y a des usages alternatifs qu'on peut faire avec ces masques-là ou des endroits où on pourrait les envoyer à part notre système de santé. Mais, je peux vous assurer que nous ne paierons pas le plein prix pour des masques que nous n'allons pas utiliser pour notre système de santé, a-t-il promis.

On dénombre plus de 66 000 cas confirmés et plus de 4600 décès causés par le nouveau coronavirus au pays. On compte également plus de 30 000 personnes rétablies de la maladie et plus d’un million de tests effectués.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique fédérale

Politique