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Une médecin du Manitoba au front contre la COVID-19

Plan serré du visage de Margaux Beauchemin qui a la tête recouverte d'une capuche transparente et portant en dessous de celle-ci un masque protecteur.

Margaux Beauchemin lors de l'essayage d'un masque N95, un processus complexe et désagréable. Un produit amer est diffusé à l'intérieur de la combinaison : si elle détecte la présence du produit, le masque est inadéquat.

Photo : Margaux Beauchemin

La Manitobaine Margaux Beauchemin vit son baptême du feu comme médecin en plein cœur de la crise de la COVID-19, à Montréal. Témoignage depuis les premières lignes.

La Dre Beauchemin est devenue médecin de famille en juin 2019. Elle a décidé de poursuivre son éducation en obstétrique. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée dans une petite communauté à l’extrémité sud-ouest du Québec, près de la Ville de Cornwall en Ontario.

C’est là qu'elle a entendu parler de la pandémie pour la première fois.

J’étais là quand on a commencé à entendre parler des croisières [...] en allant à une session de santé publique à l’hôpital à Cornwall, le médecin a commencé à en parler : "il y a quelque chose qui commence, on ne sait pas de quoi ça va avoir l’air d’ici les prochaines semaines, mais on comprend que c’est très virulent, très dangereux, puis qu’on doit se préparer", se remémore Margaux Beauchemin.

Elle est ensuite retournée à Montréal, pour travailler dans la salle d’accouchement du Centre hospitalier Saint-Mary’s. Je me souviens vraiment clairement de voir monter les comptes au Québec. Jour après jour, ils augmentent de façon exponentielle.

Jour après jour, c’était de nouveaux protocoles, comment on allait se préparer avec l’équipement protecteur, comment on allait interagir avec les mamans, dit-elle.

La pandémie est déclarée

La pandémie a été déclarée par l'Organisation mondiale de la santé le 11 mars.On a vu tout changer, se souvient Margaux Beauchemin.

Avec le bond spectaculaire de cas à l’Hôpital général juif, les travailleurs en obstétrique ont fait un triste constat. On s’est dit, oui il y a en fait des mamans qui sont positives à la COVID-19, alors qu’est-ce qu’on va faire lorsqu’elles se présentent à l’hôpital? Où est-ce qu’on va les mettre? Est-ce qu’on est prêt pour ça?, dit la médecin.

J’étais vraiment au centre, c’était un privilège d’avoir vu ça se développer, dit-elle, en louant la réaction rapide des autorités de santé publique au Québec. Puisqu’elle est encore en formation en obstétrique, explique Margaux Beauchemin. [J’ai] une position unique, c’est presque comme si j’ai le privilège d’observer, ce n’est pas moi qui prends toutes les décisions, explique-t-elle.

Des femmes inspirantes

La médecin se trouve maintenant à l’Hôpital général juif, une des zones les plus à risque pour la COVID-19. Si elle se soucie parfois de sa santé et de celle de son conjoint, c’est celle des mères qui accouchent qui la préoccupe le plus.

Elle s’émeut rien qu’à en parler. Je pouvais tellement sympathiser avec ces femmes qui se présentaient et qui se faisaient dire : on a eu un cas hier d’une maman, lavez-vous les mains, portez ce masque, vous allez voir que tout le personnel porte ces masques vous n’allez pas reconnaître qui vous parle, dit-elle.

Par ailleurs, les conjoints ne peuvent plus assister aux accouchements puisqu’il faut à tout prix limiter la propagation du virus. C’était vraiment triste de savoir que ces femmes allaient faire ça toutes seules, ajoute la Dre Beauchemin.

C’était vraiment des conversations intenses, dit-elle, mais en même temps on a vu des femmes être tellement résilientes — monter au défi, faire ce qu’elles devaient faire pour le bébé, pour accoucher en santé. C’était inspirant, et le fait aussi que, malgré la pandémie, que la vie peut encore se présenter.

Un message pour le Manitoba

Margaux Beauchemin implore les Manitobains, dont la province est beaucoup moins durement touchée par la COVID-19, de continuer à prendre cette maladie au sérieux, et de ne pas se fier à un faux sentiment de sécurité que procure le nombre relativement bas de cas au Manitoba.

Je sais qu’à ce moment-ci ça semble qu’on a le contrôle [...], mais on est en train de voir les conséquences très réelles d’une croissance rapide. Les jeunes intubés, les jeunes qui meurent aux soins intensifs, on voit les conséquences réelles de ce virus.

Plan serré de Margaux Beauchemin souriante devant du papier découpé en feuilles.

Margaux Beauchemin est originaire de Winnipeg.

Photo : Margaux Beauchemin

Ce qui l’a inquiété le plus, explique-t-elle, c’est que si ma famille tombe malade, ce n’est pas possible que j’aille les voir, je pense que les gens ne comprennent pas que si l’une de leurs personnes bien-aimées tombe malade [...] qu’ils ne peuvent pas rentrer à l’hôpital, cette personne peut réellement mourir toute seule. C’est une réalité que je ne souhaite à personne dans ce monde.

Par ailleurs, le beau temps préoccupe les travailleurs de la santé, selon la médecin.Ça nous inquiète beaucoup de voir des gens qui veulent franchir un peu la ligne de ce qui est acceptable quant à voir des amis [...] le gain de long terme vaux beaucoup plus que quelques semaines sans vos amis aux chauds dehors, conclut Margaux Beauchemin.

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure

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