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analyse

Ottawa et le déconfinement, comment surveiller sans s’ingérer

Justin Trudeau en contre-plongée.

Le premier ministre Trudeau a admis qu'il ne savait pas s'il permettrait à ses enfants de retourner à l'école, si ceux-ci fréquentaient un établissement au Québec.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Les mots sont choisis, le rythme est prudent. À l’autre bout du fil, le conseiller du gouvernement ne veut surtout pas donner l’impression qu’Ottawa désapprouve la démarche de déconfinement des provinces, surtout celle du Québec. Ce n’est pas parce qu’il y a la COVID-19 que le fédéralisme a cessé d'exister, lance-t-il.

Depuis le début de la pandémie, Justin Trudeau a dit et répété qu’à moins d’un cas de force majeure, ce sont les provinces qui sont maîtres de leur destinée, que le gouvernement fédéral est là surtout pour coordonner et appuyer les provinces. Parce que la crise n’a pas frappé de la même façon d’un bout à l’autre du pays. Les courbes sont différentes, les besoins et les réalités aussi.

Si les provinces ont le contrôle durant la crise, elles l’ont donc aussi pour la suite. Ce qui ne veut pas dire qu’Ottawa ne garde pas un œil intéressé sur ce qui se passe. Et ces jours-ci, on surveille beaucoup ce qui se passe au Québec.

Le plan rapide du Québec

C’est un fait que le Québec va plus vite que d’autres provinces, dit un conseiller du premier ministre, un élément que d’autres soulignent au gré de plusieurs conversations. D'autant que la province compte plus de la moitié des cas confirmés ainsi que plus de la moitié des décès au pays.

François Legault explique les choses en faisant la distinction entre ce qui se passe dans les CHSLD, à Montréal et dans les régions. Il a aussi souligné à plusieurs reprises qu’il était tout fait prêt à revoir le calendrier si la situation changeait. Il l’a d’ailleurs fait à deux reprises pour Montréal.

N’empêche, l’objectif de déconfinement demeure plus ambitieux que celui de provinces comme le Nouveau-Brunswick ou l’Ontario. L'Île-du-Prince-Édouard, qui ne dénombre plus aucun cas actif de la maladie, va permettre la réouverture de certains commerces à compter du 22 mai. C’est presque trois semaines après plusieurs régions au Québec.

Cette semaine, la conseillère scientifique en chef du Canada critiquait vertement la stratégie de dépistage du Québec. Il y a une différence entre le discours et ce qu’on entend sur le terrain, disait Mona Nemer.

Une critique qui n’avait rien de commandé, m'assure-t-on. Dans les faits, le gouvernement Trudeau croit que Québec sera en mesure d’atteindre assez rapidement sa cible quant au nombre de tests.

La tête sur le billot

Alors, quelle que soit la réaction qu’elle suscite, la décision du Québec, comme celle de toutes les autres provinces, demeure fermement ancrée dans ses champs de compétences. Elle est d’abord et avant tout orientée par l’avis des médecins en santé publique. Le docteur Arruda se met la tête sur le billot, lance une source. C'est lui et le gouvernement de François Legault qui devront s’expliquer si les choses ne fonctionnent pas.

Entre-temps, Ottawa et les autres provinces surveillent attentivement ce qui se passe sur le terrain. L’expérience québécoise pourrait bien guider les décisions ailleurs au pays.

Ce qui semble presque certain à ce stade-ci, c’est qu’ailleurs au pays les écoles resteront fermées jusqu’en septembre. Comme le soulignait l’analyste et animateur de Midi info à Radio-Canada, Michel C. Auger, la semaine dernière, François Legault fait cavalier seul là-dessus.

Quand on demande en coulisses ce qu’en pense Ottawa, on cite la réponse de Justin Trudeau, la semaine dernière, sur le plateau de Tout le monde en parle. Le premier ministre ne sait pas s'il permettrait à ses enfants de retourner à l'école s’ils fréquentaient un établissement au Québec. Il s’agit, a-t-il dit, d’une décision extrêmement personnelle pour beaucoup de parents. Pas une critique, mais plutôt une préoccupation.

Encore une fois, la réponse est prudente. Dictée peut-être par la sagesse d’un conseiller fédéral qui sait qu'en matière de déconfinement, son gouvernement n’a rien à dire sur le choix des provinces, à moins d’invoquer la Loi sur les mesures d’urgence, ce qui n’est absolument pas envisagé à ce stade-ci.

Alors, en regardant l’arrivée des beaux jours, on surveille l’évolution de la situation sur le terrain, en présumant que les choses iront bien ou que Québec fera rapidement volte-face si le virus revient en force.

Le but, c’est de traverser les prochains mois sans anéantir tout le progrès réalisé au coût d’une économie mise au neutre depuis plus de deux mois. Nous, on veut un plan de relance cet automne, dit un membre de l’entourage de Justin Trudeau, pas un plan de reconfinement.

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