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Des détenus canadiens fabriquent des masques pour lutter contre la COVID-19

Vue en hauteur des bâtiments de la prison fédérale à Joliette.

L'Établissement Joliette est une prison fédérale pour femmes.

Photo : La Presse canadienne / RYAN REMIORZ

Aux prises avec des éclosions de la COVID-19 dans les pénitenciers fédéraux et avec un manque d’équipement de protection, des détenus mettent la main à la pâte pour lutter contre la pandémie.

Depuis la mi-avril, ils ont fabriqué 50 000 masques à usage unique et 10 000 masques réutilisables. La production de jaquettes médicales est aussi en cours de démarrage.

Ces articles de protection sont utilisés à l’interne par le Service correctionnel du Canada (SCC), afin de réapprovisionner nos stocks actuels et de renforcer notre capacité à contribuer à la réponse à la COVID‑19 et aux plans d’urgence connexes, indique une porte-parole.

Mais il n’est pas exclu à l’avenir d’élargir le programme et d’offrir des masques et des jaquettes à des clients externes d’autres organismes fédéraux.

Cet effort de fabrication se déroule dans le cadre du CORCAN, un programme de réadaptation pour délinquants du SCC. Seize ateliers au Canada contribuent à l’effort, dont ceux du Centre fédéral de formation à Laval et des pénitenciers de Joliette et de Drummondville.

Selon les responsables du programme, les détenus ont manifesté beaucoup d’intérêt pour contribuer à l’effort. Certains ateliers ont vu leur nombre de participants augmenter de 50 %.

C’est un projet qui est très bien accueilli par les employés et par les délinquants. Ils sont très heureux de pouvoir contribuer, a déclaré Paul Harvey, directeur de la section des textiles du programme CORCAN.

Nous développons également notre capacité à fabriquer de nouveaux articles dont nous avons grandement besoin pendant cette crise, écrit une autre porte-parole. Nous nous adaptons continuellement à la situation, et les articles fabriqués dans les différentes unités opérationnelles ainsi que la taille des ateliers peuvent varier.

Service correctionnel du Canada offre des ateliers de textile et des services de buanderie afin de contribuer à la réponse à la COVID-19 et aux efforts de planification.

Paul Harvey assure que toutes les précautions sont prises dans les ateliers de confection pour limiter la propagation du coronavirus. Nous utilisons la distanciation sociale, des stations de lavage de mains, le port du masque est exigé dans la plupart de nos sites. Nous avons des équipes qui nettoient constamment les ateliers, explique-t-il.

Les prisons durement touchées

Certains pénitenciers fédéraux sont devenus d’importants foyers d’infection ces dernières semaines, avec des cas beaucoup plus nombreux en proportion que dans le reste de la population.

Des experts croient que les autorités fédérales auraient pu en faire plus pour réduire les infections et empêcher les décès dans ces établissements.

La COVID-19 dans les pénitenciers fédéraux :

  • 2 décès confirmés
  • 290 détenus déclarés positifs
  • Des cas signalés dans 5 des 43 établissements
     

* Source : Service correctionnel du Canada, en date du 6 mai 2020

L’enquêteur des services correctionnels Ivan Zinger indiquait récemment que la situation dans les pénitenciers est « extrêmement difficile » en raison de la COVID-19.

Les détenus qui sont malades ou soupçonnés de l’être sont placés en isolement pour la durée de leur quarantaine. Ces détenus ont droit à environ 20 minutes par jour en dehors de leur cellule, pour prendre une douche ou faire un appel, et ne vont pas à l’extérieur. Des conditions qui manifestement ne respectent pas les minimums des droits de la personne, indique Ivan Zinger.

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