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Les barrages routiers causent des problèmes chez les toxicomanes

Une pancarte où il est indiqué Mesures d'urgence en bordure de la route. Au loin, un véhicule de la Sûreté du Québec est stationné au milieu de la route.

Des policiers seront présents sur les principaux axes routiers qui mènent dans la région jusqu'à lundi prochain. (archives)

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Les barrages routiers qui bloquent l’accès aux différentes régions du Québec ont rendu la drogue plus difficilement accessible à certains endroits. Une situation qui inquiète certains intervenants qui sont en contact avec les consommateurs.

La drogue est toujours bien présente dans les régions du Québec malgré les barrages isolant certaines régions, nous assurent plusieurs intervenants qui discutent régulièrement avec des consommateurs.

Le crime organisé a comme caractéristique d’être organisé et qu’il n’en est pas à son premier barrage ou à la première mesure pour empêcher les substances de circuler, donc on a vu très peu d’impact sur le terrain, affirme d’abord Daniel Boisvert, chef de service en santé mentale et dépendance en A-T au CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue.

Le problème, c’est qu’elle est toutefois moins accessible à certains endroits et parfois plus chère.

Ça devient plus cher et la qualité diminue, ils la coupent avec d’autres produits puisqu’elle est plus rare.

Stéphanie Quesnel, gestionnaire de services au Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or

Une situation qui a des conséquences importantes chez certains consommateurs. On voit par exemple plus de psychoses toxiques, plus de comportements agressifs. Quand la qualité de la drogue est moins bonne, ça a des impacts directs sur ces gens et ces populations-là, ajoute Stéphanie Quesnel, qui constate une hausse de ce type de problématiques à Val-d’Or en Abitibi-Témiscamingue.

Bien qu’il assure ne pas l’avoir constaté pour le moment, le travailleur de rue pour Arrimage jeunesse à Rouyn-Noranda Alexandre Viau est aussi inquiet des conséquences que pourraient avoir ces barrages sur la qualité de la drogue disponible dans la région.

Un homme à la longue barbe, portant un sac à dos, sourit au centre-ville de Rouyn-Noranda.

Alexandre Viau, travailleur de rue à Rouyn-Noranda (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

Il y a de grosses chances que des gens décident de fabriquer eux-mêmes la substance et que chimiquement ce soit mal fait, alors nous ce sont les risques d’overdoses qui nous font peur par rapport à ça. On avait déjà peur pour les surdoses liées aux opioïdes, mais là on a aussi peur pour les méthamphétamines et les drogues de ce type, affirme Alexandre Viau.

Vers une hausse de la criminalité?

Les consommateurs ayant un vrai problème de dépendance ont besoin de consommer, peu importe le prix. Ce qui peut amener un autre problème.

Quand on a des problèmes de consommation, ce n’est pas évident d’arrêter du jour au lendemain comme ça, il y a un processus, il y a un accompagnement qui se fait, précise Stéphanie Quesnel.

Les gens aussi ne peuvent plus quêter des sous, n’ont plus accès aux canettes, alors les gens n’ont pas l’argent pour avoir accès à l’alcool ou à la drogue. Ils sont prêts à aller vers des comportements plus illégaux, ils vont avoir des comportements plus dangereux ou plus à risque pour répondre à leurs besoins, ajoute Stéphanie Quesnel.

Les consommateurs doivent être prudents

Alexandre Viau assure que l’idéal est de ne pas consommer, mais pour ceux qui le font, il est important de prendre des précautions.

Dans une situation de pandémie comme ça, ce qui n’est pas évident, c’est que plusieurs consomment seuls et si tu fais une overdose, il n’y a personne pour t’aider. On leur recommande donc de ne pas être seul, d’en faire une légère partie si c’est un nouveau produit, tu attends 30 minutes le temps de la digestion, si tu te sens quand même bien, tu peux si tu dois consommer quand même consommer le produit que tu prenais, affirme Alexandre Viau, qui suggère de parler avec quelqu’un en FaceTime ou par d’autres moyens technologiques si c’est impossible en personne.

Il recommande aussi d’avoir en tout temps du Naloxone, un produit qui peut sauver la vie de personnes en situation d’overdose.

Une boîte de Narcan est posée sur un comptoir.

Le Naloxone, souvent vendu sous le nom NARCAN, vient contrer les effets des opiacées pendant une courte durée.

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

Le chef de service en santé mentale et dépendance en A-T au CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue, Daniel Boisvert, rappelle aussi que plusieurs services sont toujours disponibles, malgré la pandémie, pour ceux qui ont besoin d’aide.

Il y a des gens qui souffrent qu’on ne réussit pas à voir à cause de l’isolement, ça leur fait une double problématique avec leur consommation, c’est pourquoi on a mis en place différentes mesures et augmenté les services pour tenter de joindre ces gens-là, ajoute-t-il.

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Abitibi–Témiscamingue

Drogues et stupéfiants